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  <title>Anne-Marie, takéfactrice</title>
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<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2007/04/29/78-plus-le-temps">
  <title>Plus le temps</title>
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  <dc:date>2007-04-29T20:26:49+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>De choses et d'autres</dc:subject>
  <description>Une fois de plus, je déblogue... Et c'est pour de bon, cette fois. Je n'ai tout simplement plus le temps d'écrire.

Une gros merci à ceux et celles qui m'ont lue....</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Une fois de plus, je d&eacute;blogue... Et c'est pour de bon, cette fois. Je n'ai tout simplement plus le temps d'&eacute;crire.</p>

<p>Une gros merci à ceux et celles qui m'ont lue.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2007/01/26/77-au-secours">
  <title>Au secours!</title>
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  <dc:date>2007-01-26T09:16:49+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Maternité</dc:subject>
  <description>La petite fait ses dents...

Personne ne m'avait dit que ce serait horrible à ce point!...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>La petite fait ses dents...</p>

<p>Personne ne m'avait dit que ce serait horrible &agrave; ce point!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2007/01/10/76-hein">
  <title>Hein?</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2007/01/10/76-hein</link>
  <dc:date>2007-01-10T19:31:30+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Ras le bol</dc:subject>
  <description>Là, je vous préviens, je vais être méchante (un peu). C’est qu’il y en a marre. C’est toujours la même histoire, depuis des années, presque chaque fois que je mets les pieds de jour dans une pharmacie ou une épicerie. Je veux bien sûr parler de mes mésaventures avec les petits vieux qui ne portent pas leurs lunettes.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>L&agrave;, je vous préviens, je vais &ecirc;tre m&eacute;chante (un peu). C’est qu’il y en a marre. C’est toujours la m&ecirc;me histoire, depuis des ann&eacute;es, presque chaque fois que je mets les pieds de jour dans une pharmacie ou une &eacute;picerie. Je veux bien s&ucirc;r parler de mes m&eacute;saventures avec les petits vieux qui ne portent pas leurs lunettes.</p> <p>&Ccedil;a me tape sur les nerfs, un petit vieux qui ne porte pas ses lunettes. &Ccedil;a me tape sur les nerfs parce que je suis toujours press&eacute;e lorsque je vais de jour dans une pharmacie ou une &eacute;picerie. Et je reste toujours coinc&eacute;e derri&egrave;re un petit vieux qui ne porte pas ses lunettes.</p>

<p>Tenez. Ce matin, confront&eacute;e &agrave; une alarmante p&eacute;nurie de couches, j'affronte vingt minutes de marche avec poussette sur les trottoirs enneig&eacute;s et encombr&eacute;s de blocs de glace de <a href="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/22/74-charlesbourg-les-bains">Charlesbourg-les-Bains</a> pour me rendre &agrave; la plus proche pharmacie. Sur place, je d&eacute;cide de profiter de la pr&eacute;sence d’un guichet automatique pour faire provision de liquide. Comme il se doit, je me retrouve en ligne derri&egrave;re un petit vieux sans lunettes. Environ soixante-quinze ans, il se tient droit et fier. Nous nous sourions aimablement. Il jette un coup d’œil au creux de la poussette et s’enquiert&nbsp;:</p>

<p>-&nbsp;C’est un gar&ccedil;on ou une fille?</p>

<p>-&nbsp;Une fille.</p>

<p>Eh voil&agrave;. Un autre. Presque tous les petits vieux que je croise me posent cette question. Les premi&egrave;res fois, je demeurais stup&eacute;faite, ma fille &eacute;tant v&ecirc;tue pour l’hiver d’un mignon petit habit de neige rose ne laissant place &agrave; aucune ambigu&iuml;t&eacute;. Mais j’ai fini par comprendre que les petits vieux ne portent presque jamais leurs lunettes.</p>

<p>Le guichet se lib&egrave;re. Le vieil homme s’avance, pitonne, puis ins&egrave;re son livret de caisse pour en faire la mise &agrave; jour. L’imprimante vibre. Au bout de quelques secondes, le livret est expuls&eacute;. Satisfait, le vieillard s’en saisit, le remet dans sa poche. C’est alors que le guichet commence &agrave; &eacute;mettre une s&eacute;rie de bips stridents. Affol&eacute;, le petit vieux sans lunettes croit le guichet bris&eacute;, puisque plus rien ne se passe et que sa carte ne lui est pas rendue. Les mains en l’air, il fait un petit pas &agrave; droite, un autre &agrave; gauche, et ainsi de suite, incapable de comprendre ce qu’il doit faire. Secourable, je m’avance&nbsp;:</p>

<p>-&nbsp;Il est &eacute;crit sur l’&eacute;cran que vous devez tourner la page de votre livret et le r&eacute;ins&eacute;rer pour que l’impression continue.</p>

<p>-&nbsp;Hein?</p>

<p>-&nbsp;Oui, l’impression n’&eacute;tait pas termin&eacute;e. Il vous faut ins&eacute;rer votre livret &agrave; nouveau.</p>

<p>-&nbsp;Heu…</p>

<p>Confus, il retire le livret de sa poche et tente de trouver une page vierge. Pendant ce temps, le guichet continue de lancer ses bips et Oph&eacute;lie s’&eacute;veille, &agrave; mon grand d&eacute;sespoir. Je regarde le petit vieux qui tourne les pages lentement, les approchant puis les &eacute;loignant de ses yeux. Elles sont toutes imprim&eacute;es, mais il ne le voit pas. Souriant mis&eacute;rablement, il se tourne vers moi&nbsp;:</p>

<p>-&nbsp;Je n’ai pas mes lunettes.</p>

<p>Grrrr.</p>

<p>Je tends la main. Nous finissons par trouver la bonne page, mais le guichet indique maintenant que le temps allou&eacute; est &eacute;coul&eacute;. Il faut tout recommencer du d&eacute;but. Et bien s&ucirc;r, mon petit vieux tient &agrave; avoir son livret imprim&eacute;. Il t&acirc;tonne pour enfoncer sa carte dans la fente. Oph&eacute;lie me regarde, la moue tremblotante. Je d&eacute;cide que ma visite au guichet sera pour un autre jour.</p>

<p>Je fonce vers la caisse dans l’espoir de payer les couches avant que n’&eacute;clate l’assourdissante crise d’Oph&eacute;lie. Ce faisant, je prie pour ne pas me trouver coinc&eacute;e derri&egrave;re un petit vieux incapable de diff&eacute;rencier les cinq cents des vingt-cinq cents. Je me retrouve derri&egrave;re une vieille dame d'allure alerte. Soulag&eacute;e, je la vois tendre une carte de paiement direct &agrave; la caissi&egrave;re. Bon! Pas de sous &agrave; choisir dans le porte-monnaie, &ccedil;a devrait aller. </p>

<p>La vieille dame pitonne. Quelques instants se passent. La caissi&egrave;re surveille son &eacute;cran puis se tourne vers elle.</p>

<p>-&nbsp;Il va falloir recommencer, dit-elle gentiment. Le compte n’a pas &eacute;t&eacute; sp&eacute;cifi&eacute;.</p>

<p>-&nbsp;Pardon?</p>

<p>-&nbsp;Oui, il faut choisir un compte avant d’entrer le NIP.</p>

<p>-&nbsp;Ah!</p>

<p>Oph&eacute;lie se d&eacute;bat dans son habit de neige et pousse de petits cris. Je piaffe d'impatience. La vieille dame pitonne encore, en prenant bien son temps.</p>

<p>-&nbsp;Il va falloir recommencer, reprend la caissi&egrave;re, d’un ton d&eacute;j&agrave; nettement moins aimable. Ce n'est pas le bon NIP.</p>

<p>Je sens que je vais exploser. La vieille dame me regarde. Hypocrite, je lui souris poliment. La vieille dame a un petit rire coquet.</p>

<p>-&nbsp;C’est que je n’ai pas mes lunettes, m'explique-t-elle.</p>

<p>AAAAAARRGH! Mais bon sang! Qu’est-ce qu’ils ont tous &agrave; ne pas les porter, leurs lunettes?</p>

<p>Vous savez quoi? J’ai toujours eu une mauvaise vue. J’ai commenc&eacute; &agrave; porter des lunettes &agrave; sept ans et chaque jour de ma vie, depuis ce temps, je porte mes lunettes ou mes verres de contact. Jamais je n’ai retard&eacute; ou emmerd&eacute; quiconque avec &ccedil;a.</p>

<p>Il y en a marre.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/12/15/75-urgence">
  <title>Urgence</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/12/15/75-urgence</link>
  <dc:date>2006-12-15T20:16:59+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Ras le bol</dc:subject>
  <description>Mercredi après-midi. J’étais occupée à changer ma fille de couche quand elle s’est subitement mise à vomir en jet. Saisie, j’ai abandonné ses fesses pour m’emparer de sa tête et la tourner sur le côté. Un deuxième jet a alors suivi le premier. C’était impressionnant et complètement nouveau pour moi. Profondément bouleversée mais calme et souriante en apparence, je me suis affairée à apaiser, rassurer, laver et changer ma pauvre petite chouette, puis à nettoyer le plancher et la table à langer. Ensuite seulement ai-je téléphoné à Info-Santé. On m’y a conseillé de me rendre à l’Urgence le plus vite possible. Eh merde.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Mercredi apr&egrave;s-midi. J’&eacute;tais occup&eacute;e &agrave; changer ma fille de couche quand elle s’est subitement mise &agrave; vomir en jet. Saisie, j’ai abandonn&eacute; ses fesses pour m’emparer de sa t&ecirc;te et la tourner sur le c&ocirc;t&eacute;. Un deuxi&egrave;me jet a alors suivi le premier. C’&eacute;tait impressionnant et compl&egrave;tement nouveau pour moi. Profond&eacute;ment boulevers&eacute;e mais calme et souriante en apparence, je me suis affair&eacute;e &agrave; apaiser, rassurer, laver et changer ma pauvre petite chouette, puis &agrave; nettoyer le plancher et la table &agrave; langer. Ensuite seulement ai-je t&eacute;l&eacute;phon&eacute; &agrave; Info-Sant&eacute;. On m’y a conseill&eacute; de me rendre &agrave; l’Urgence le plus vite possible. Eh merde.</p> <p>Nous voil&agrave; donc partis pour l’h&ocirc;pital, mon homme, ma fille et moi, tra&icirc;nant avec nous un sac &agrave; couches bien rempli en pr&eacute;vision de moments potentiellement difficiles. Oph&eacute;lie gazouille, sourit de toutes ses gencives, gigote. Elle n’a pas de fi&egrave;vre, arbore un beau teint, ne pr&eacute;sente aucun signe de maladie. Mais il faut y aller, m’a-t-on dit.</p>

<p>En chemin, nous convenons de nous installer dans le coin le plus recul&eacute;, &agrave; notre arriv&eacute;e, le plus loin possible des autres patients, afin de ne pas h&eacute;riter de probl&egrave;mes suppl&eacute;mentaires. Seulement, sur place, notre plan s’av&egrave;re irr&eacute;alisable. En effet, l’Urgence est bond&eacute;e. Partout, des b&eacute;b&eacute;s et des bambins en pleurs, des parents inquiets. Je suis horrifi&eacute;e. Pourquoi autant de b&eacute;b&eacute;s? Y aurait-il une &eacute;pid&eacute;mie en cours? Mon premier r&eacute;flexe, si je m’&eacute;coutais, serait de tourner les talons, d’arracher ma fille &agrave; ce r&eacute;pugnant nid de microbes, mais je me raisonne, nous entrons et prenons place au beau milieu du chaos. Serrant Oph&eacute;lie dans mes bras, je zyeute les environs. Dans un coin, un b&eacute;b&eacute; aux joues &eacute;carlates vomit copieusement sur le plancher, soutenu par une maman d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e. Non loin de nous, une fillette &agrave; l’air triste pr&eacute;sente une &eacute;ruption cutan&eacute;e de vilain aspect qui m’emplit de crainte. Derri&egrave;re nous, un petit gar&ccedil;on tousse d’alarmante fa&ccedil;on. Dans mes bras, ma fille gazouille et sourit, pimpante, en pleine forme.</p>

<p>On nous appelle au triage. L’infirmi&egrave;re y va de ses questions, de la pes&eacute;e, du thermom&egrave;tre, et nous informe que notre fille ne sera pas consid&eacute;r&eacute;e comme un cas prioritaire. L’attente sera longue, nous pr&eacute;vient-elle. Je m'&eacute;tonne&nbsp;: je croyais que les b&eacute;b&eacute;s de moins de six mois &eacute;taient automatiquement consid&eacute;r&eacute;s comme des priorit&eacute;s, quel que soit la gravit&eacute; de leur &eacute;tat. Elle m’affirme qu’il n’en est rien. Je lui demande si elle nous recommande tout de m&ecirc;me de rester, elle me r&eacute;pond par l’affirmative. Bon. Nous retournons nous asseoir, constern&eacute;s. </p>

<p>Je regarde autour de moi. C'est l'horreur. Les b&eacute;b&eacute;s pleurent, les parents sont inquiets. Certains sont visiblement furieux.</p>

<p>–&nbsp;On s’en va, d&eacute;cr&egrave;te-je.</p>

<p>Soulag&eacute;, mon homme emmitoufle la petite, l’installe dans son si&egrave;ge d’auto et sort m’attendre &agrave; l’ext&eacute;rieur tandis que je vais poliment pr&eacute;venir l’infirmi&egrave;re du triage de notre d&eacute;part. L’air courroucé, elle m’explique alors sans d&eacute;tours que je prends une d&eacute;cision irresponsable et me demande mes raisons.</p>

<p>–&nbsp;Attendre cinq ou six heures avec un b&eacute;b&eacute; de trois mois, c'est trop long. Elle va pleurer sans arr&ecirc;t et…</p>

<p>–&nbsp;Mais tous les b&eacute;b&eacute;s qui sont ici pleurent, madame, m’interrompt-elle sur le ton condescendant de l’&eacute;vidence.</p>

<p>–&nbsp;&Eacute;coutez, je sais que ce n’est pas de votre faute, dis-je doucement (apr&egrave;s tout, un instant plus t&ocirc;t, ne se faisait-elle pas engueuler par un papa en col&egrave;re?), mais l’attente est beaucoup trop longue, voil&agrave; tout.</p>

<p>–&nbsp;C’est s&ucirc;r, il n’y a qu’un seul m&eacute;decin! s’&eacute;crie-t-elle, m&eacute;contente.</p>

<p>–&nbsp;Ah bon! Un seul m&eacute;decin! Vous voyez bien que &ccedil;a n'a pas de bon sens! D’ailleurs, vous le dites vous-m&ecirc;me : l’&eacute;tat de ma fille n’est pas inqui&eacute;tant. Je ne veux pas lui faire subir &ccedil;a inutilement. En plus, il y a des b&eacute;b&eacute;s s&eacute;rieusement malades, ici. Je ne veux pas prendre le risque qu’elle attrape quelque chose.</p>

<p>–&nbsp;Bon, conclut-elle d&eacute;daigneusement avant de noter dans son rapport&nbsp;: &laquo;&nbsp;M&egrave;re ne veut pas rester, malgr&eacute; avis contraire&nbsp;&raquo;.</p>

<p>Comme &ccedil;a, si besoin est, je pourrai &ecirc;tre accus&eacute;e de n&eacute;gligence. G&eacute;nial. </p>

<p>…</p>

 <p>Je vous le demande, qu’est-ce qui est vraiment irresponsable? Renoncer &agrave; voir un m&eacute;decin quand il ne semble pas y avoir urgence ou attendre des heures avec un b&eacute;b&eacute; dans un endroit bourr&eacute; d’enfants malades?</p>

<p>Foutu syst&egrave;me.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/22/74-charlesbourg-les-bains">
  <title>Charlesbourg-les-Bains</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/22/74-charlesbourg-les-bains</link>
  <dc:date>2006-11-22T20:15:34+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Désarroi</dc:subject>
  <description>Il y a maintenant près de deux mois que mon homme et moi avons emménagé dans notre nouvelle (et première) maison. Depuis notre arrivée, je fais chaque jour une longue promenade avec ma fille, qui en profite pour faire son seul vrai dodo de la journée. Soucieuse d’éviter la monotonie, je prends soin de varier l’itinéraire et je vais au hasard des rues. C’est ainsi que je découvre Charlesbourg, que je me familiarise avec notre nouveau quartier.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Il y a maintenant pr&egrave;s de deux mois que mon homme et moi avons emm&eacute;nag&eacute; dans notre nouvelle (et premi&egrave;re) maison. Depuis notre arriv&eacute;e, je fais chaque jour une longue promenade avec ma fille, qui en profite pour faire son seul vrai dodo de la journ&eacute;e. Soucieuse d’&eacute;viter la monotonie, je prends soin de varier l’itin&eacute;raire et je vais au hasard des rues. C’est ainsi que je d&eacute;couvre Charlesbourg, que je me familiarise avec notre nouveau quartier.</p> <p>J’&eacute;tais, au d&eacute;but, pleine d’enthousiasme et d’espoir. Le terrain m’&eacute;tait totalement inconnu et j’allais sans doute rep&eacute;rer, au hasard des promenades, mille d&eacute;tails int&eacute;ressants et r&eacute;v&eacute;lateurs de la vie de quartier. J’esp&eacute;rais, notamment, d&eacute;couvrir des terrains de jeux et avoir la possibilit&eacute; de les comparer. Je m’imaginais d&eacute;j&agrave;, dans un an ou deux, demandant &agrave; ma fille quel parc elle souhaitait visiter aujourd’hui et ainsi varier les activit&eacute;s.</p>

<p>Il se trouve que nous vivons justement &agrave; proximit&eacute; d’un parc. Seulement, triste et minuscule, il ne rec&egrave;le que peu de jeux et je n’y ai encore jamais vu, en deux mois, un seul enfant. Un soir, mon homme et moi y avons bien aper&ccedil;u quelques personnes &acirc;g&eacute;es r&eacute;unies autour d’une partie de p&eacute;tanque, mais c’est tout. Pas tr&egrave;s encourageant, n’est-ce pas? Il y a fort &agrave; parier que lorsque j’irai y jouer avec Oph&eacute;lie, nous serons seules. Les jeux arborent d’ailleurs des couleurs ternes, fan&eacute;es, et je doute qu’ils soient souvent entretenus. L’&eacute;cole voisine a d&ucirc; fermer ses portes, faute d’enfants, et nous n’avons accueilli que sept petits monstres &agrave; l’Halloween… Bref, rien de bien palpitant pour notre fille dans les environs imm&eacute;diats.</p>

<p>Je me suis donc mise en qu&ecirc;te d’autres parcs. Le croirez-vous? En deux mois, je n’en ai trouv&eacute; aucun. Partout, des maisons et de sages petits terrains priv&eacute;s impeccablement entretenus. Rien d’autre. Incr&eacute;dule, je pousse chaque jour mes investigations un peu plus loin, fouille de nouveaux recoins, et je ne vois rien d’autre que des maisons. Je ne croise jamais personne, je n’aper&ccedil;ois que rarement une voiture en mouvement. J’entends les carillons tinter dans le vent, les branches des arbres craquer dans le froid, les oiseaux chanter, mes pas sur l’asphalte. Au-del&agrave;, le silence. C’est la campagne sans joli paysage, sans espace public autre que la rue. Je marche seule avec un b&eacute;b&eacute; dans un quartier de vieilles personnes o&ugrave; pas un chat ne sort. J’observe les fen&ecirc;tres voil&eacute;es, les arbres emmaillot&eacute;s pour l’hiver, je dessine pour me distraire une carte de mes p&eacute;r&eacute;grinations des derni&egrave;res semaines dans ma t&ecirc;te… Je me dis que ce n’est pas un quartier o&ugrave; vivre avec un enfant.</p> 

<p>Le quartier serait-il mort?</p> 

<p>Il y a bien la 1&egrave;re avenue et le boulevard Henri-Bourassa qui bougent un peu. On y trouve quantit&eacute; d’avocats, de denturologistes, de coiffeurs et de massoth&eacute;rapeutes… Le pied!</p>

<p>Pas &eacute;tonnant que les rares ados du coin se r&eacute;unissent le soir pour faire crier leurs pneus dans la cour de l’&eacute;cole abandonn&eacute;e, au bout de notre rue. Pas &eacute;tonnant qu’ils se regroupent pour fumer je-ne-sais-quoi-mais-je-m'en-doute sous le porche de l’&eacute;glise avoisinante (vision d&eacute;primante que celle de ces jeunes d&eacute;soeuvr&eacute;s). Pas &eacute;tonnant, enfin, que les abribus du coin se fassent r&eacute;guli&egrave;rement fracasser &agrave; coups de boule de quille. Il n’y a rien &agrave; faire, ici.</p>

<p>Mais &agrave; quoi donc vous attendiez-vous, en vous installant &agrave; Charlesbourg? me demanderez-vous. Et c’est vrai, nous ne sommes pas venus ici pour faire des activit&eacute;s passionnantes, mais bien pour trouver une maison et un terrain bien &agrave; nous o&ugrave; nous pourrions organiser notre nouvelle vie de famille. Mission accomplie. Nous sommes chez nous, nous y sommes bien, heureux et confortables. N’emp&ecirc;che qu’un peu de vie alentour ne serait pas de refus.</p>

<p> J’ai grandi en banlieue. Dans ma banlieue, il y avait de grands et chouettes parcs, il y avait des &eacute;coles partout, des enfants qui jouaient dans la rue, des piscines, des pataugeuses… Je pensais que toutes les banlieues se ressemblaient. Mais non. Visiblement, rien de tout cela ici.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/22/73-dodo-sur-le-dos">
  <title>Dodo sur le dos</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/22/73-dodo-sur-le-dos</link>
  <dc:date>2006-11-22T07:05:59+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Maternité</dc:subject>
  <description>Quand j’étais petite, ma mère me couchait toujours sur le ventre. C’était alors la position de sommeil la plus recommandée par les médecins pour les bébés. Ma mère était bien placée pour le savoir, ayant elle-même fait ses études à la faculté de médecine de l’UdM et travaillant, au moment de ma naissance, auprès des enfants à l’hôpital Laval.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Quand j’&eacute;tais petite, ma m&egrave;re me couchait toujours sur le ventre. C’&eacute;tait alors la position de sommeil la plus recommand&eacute;e par les m&eacute;decins pour les b&eacute;b&eacute;s. Ma m&egrave;re &eacute;tait bien plac&eacute;e pour le savoir, ayant elle-m&ecirc;me fait ses &eacute;tudes &agrave; la facult&eacute; de m&eacute;decine de l’UdM et travaillant, au moment de ma naissance, aupr&egrave;s des enfants &agrave; l’h&ocirc;pital Laval.</p> <p> Peut-&ecirc;tre parce que j’ai appris, b&eacute;b&eacute;, &agrave; dormir sur le ventre, c’est demeur&eacute; ma position de sommeil favorite. Encore aujourd’hui, je ne dors jamais mieux qu’ainsi (cette position, rendue impossible par la grossesse puis, &agrave; pr&eacute;sent, par l’allaitement, me manque d’ailleurs terriblement).</p>

<p> L’Institut national de sant&eacute; publique du Qu&eacute;bec recommande maintenant aux parents de coucher les b&eacute;b&eacute;s sur le dos, alors qu'il y a &agrave; peine huit ans, cette m&ecirc;me position &eacute;tait consid&eacute;r&eacute;e comme dangereuse, &agrave; cause des risques d’&eacute;touffement, et les b&eacute;b&eacute;s devaient alors &ecirc;tre maintenus couch&eacute;s sur le c&ocirc;t&eacute; (surtout pas sur le ventre) par des coussins sp&eacute;cialement con&ccedil;us &agrave; cet effet.</p>

<p> Les conseils fluctuent, se contredisent. Les parents, terroris&eacute;s par l’horrible perspective de la mort subite du nourrisson, s’adaptent, les suivent &agrave; la lettre, d&eacute;sireux de faire pour le mieux.</p>

<p> Ma fille, je l’ai d&eacute;j&agrave; dit, dort peu (pas plus de douze heures par jour, la norme &eacute;tant au moins seize, &agrave; son &acirc;ge). Ce n’est pas qu’elle ait moins besoin de sommeil que les autres b&eacute;b&eacute;s. Le plus souvent, elle finit l’apr&egrave;s-midi de mauvaise humeur en raison de la fatigue accumul&eacute;e et passe une partie de ses soir&eacute;es &agrave; pleurer pour la m&ecirc;me raison. J’ai beau essayer de l’endormir, de la mettre au lit, il n’y a rien &agrave; faire. E je vous jure que j’ai tout essay&eacute;. Parfois, lorsque par miracle elle s’assoupit dans mes bras, je tente doucement de la coucher, histoire qu’elle puisse prendre du vrai repos, histoire aussi d’avoir un peu de temps &agrave; moi, mais le plus l&eacute;ger contact avec le matelas suffit &agrave; la tirer de ses r&ecirc;ves et ses hurlements de col&egrave;re fusent aussit&ocirc;t, accusateurs : voil&agrave; que je l’ai trahie en profitant d’un moment d’inattention pour la d&eacute;poser. Elle refuse donc de dormir avec rage et obstination. Curieuse de tout, elle ne veut rien manquer et le sommeil lui semble un &eacute;tat ind&eacute;sirable. Du moins, c’est la conclusion &agrave; laquelle j’en suis venue, l’autre hypoth&egrave;se plausible &eacute;tant qu’elle ne veuille pas &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;e de moi.</p>

<p> Aujourd’hui, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e par les pleurs de fatigue de ma fille, je me suis d&eacute;cid&eacute;e &agrave; essayer de la coucher sur le ventre. Ce faisant, je me suis sentie envahie par la peur et la culpabilit&eacute;, je n’ai pu m’emp&ecirc;cher de me demander si je ne commettais pas l&agrave; LE geste irr&eacute;parable, si je n’exposais pas ma prog&eacute;niture &agrave; un atroce danger. Apr&egrave;s tout, dans le <em>Mieux vivre avec notre enfant</em>, il est &eacute;crit en caract&egrave;res gras : &laquo;La mesure la plus importante &agrave; adopter pour r&eacute;duire le risque de mort subite du nourrisson consiste &agrave; placer votre b&eacute;b&eacute; sur le dos pour dormir.&raquo; Eh bien, vous savez quoi? Ma petite fille a d’abord sembl&eacute; surprise. L’instant suivant, elle fermait les yeux et s’endormait toute seule, profond&eacute;ment, paisiblement, en souriant, laissant sa maman stup&eacute;faite. Aurais-je trouv&eacute; la clef? Serait-elle comme sa maman (et son papa), tout simplement incapable de s’endormir sur le dos?</p>

<p> Elle dort pr&eacute;sentement. C’est inesp&eacute;r&eacute;. Et au lieu de m’en f&eacute;liciter, je m’inqui&egrave;te, j’imagine le pire, je r&eacute;siste &agrave; grand peine &agrave; l’envie de courir la changer de position, au risque de la r&eacute;veiller. </p>

<p> Toute cette documentation sur la n&eacute;cessit&eacute; absolue de coucher les b&eacute;b&eacute;s sur le dos est bien alarmante, mais je dormais sur le ventre et je suis encore l&agrave; pour en parler, n’est-ce pas?</p>

<p><em>Soupir</em>.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/09/72-mere-poule">
  <title>Mère poule</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/09/72-mere-poule</link>
  <dc:date>2006-11-09T13:21:06+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Maternité</dc:subject>
  <description>Depuis que ma fille est née, je vis dans une inquiétude constante. Jamais je n’ai l’esprit en paix, quoi qu’il advienne. J’ai pourtant la chance d’avoir un bébé en pleine santé.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que ma fille est n&eacute;e, je vis dans une inqui&eacute;tude constante. Jamais je n’ai l’esprit en paix, quoi qu’il advienne. J’ai pourtant la chance d’avoir un b&eacute;b&eacute; en pleine sant&eacute;.</p> <p> Ainsi, d’habitude, elle dort peu pour son &acirc;ge, et je passe mes journ&eacute;es &agrave; m’inqui&eacute;ter pour le bon d&eacute;veloppement de son cerveau, lequel n&eacute;cessite beaucoup de sommeil. Elle a beau se montrer pleine d’&eacute;nergie et faire preuve d’enthousiasme devant les objets et les jouets que je lui pr&eacute;sente, je me tourmente, je demeure persuad&eacute;e qu’elle devrait dormir davantage. Cependant, lorsqu’elle passe une journ&eacute;e quasi enti&egrave;re &agrave; dormir, ne s’&eacute;veillant que pour les boires, j’angoisse tout autant : elle n’a alors pas l’occasion d’entrer en relation avec moi autrement que par la t&eacute;t&eacute;e, elle n’est pas stimul&eacute;e par des jouets, des images, des couleurs, des bruits, des chansons… Et si elle &eacute;tait malade? Je me tourmente sans cesse. </p>

<p> Elle boit beaucoup et souvent? Je m’inqui&egrave;te pour sa digestion. Elle boit moins? Je crains qu’elle ne d&eacute;p&eacute;risse. Je v&eacute;rifie en outre r&eacute;guli&egrave;rement qu’elle n’a ni trop chaud ni trop froid, je rel&egrave;ve sa temp&eacute;rature d&egrave;s qu’elle me semble un peu trop rouge et d’humeur grincheuse…</p>

<p> Qu’est-ce que ce sera quand elle sera malade pour vrai? Je pr&eacute;f&egrave;re ne pas y penser.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/06/71-nouveau-venu">
  <title>Nouveau venu</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/11/06/71-nouveau-venu</link>
  <dc:date>2006-11-06T10:15:19+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Maternité</dc:subject>
  <description>Au moment où j’écris ces lignes, ma petite sœur vit son premier accouchement, que je lui souhaite sans complications. Je suis donc sur le point de devenir la tante d’un petit garçon! J’attends avec une impatience dévorante que le téléphone sonne.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Au moment o&ugrave; j’&eacute;cris ces lignes, ma petite sœur vit son premier accouchement, que je lui souhaite sans complications. Je suis donc sur le point de devenir la tante d’un petit gar&ccedil;on! J’attends avec une impatience d&eacute;vorante que le t&eacute;l&eacute;phone sonne.</p> <p>Je me sens &agrave; la fois heureuse, compatissante et &eacute;mue. Heureuse de la venue de cet enfant que j’ai h&acirc;te de conna&icirc;tre et qui enchantera la vie de ses parents. &Eacute;mue de savoir ma petite sœur dans les douleurs, occup&eacute;e &agrave; traverser cette &eacute;preuve merveilleuse qu’est la mise au monde d’un b&eacute;b&eacute;. Compatissante, car je sais combien elle doit souffrir. Apr&egrave;s tout, il y a neuf semaines jour pour jour, c’&eacute;tait moi qui accouchais. Il para&icirc;t qu’on oublie, &agrave; la longue, combien cela fait mal. Je n’ai pas encore oubli&eacute;.</p>

<p>Ce matin, premi&egrave;re neige digne de ce nom sur Qu&eacute;bec. Ma petite fille contemple tout ce blanc sans la moindre surprise. L’&eacute;tonnement sera pour l’an prochain. Elle pr&eacute;f&egrave;re s’int&eacute;resser &agrave; sa maman et &agrave; ses jouets. Je la regarde sourire et sourire encore. Elle agite ses petits bras et ses petites jambes, gazouille avec entrain. Ses yeux brillent alors qu’elle plonge son regard dans le mien. Elle est joyeuse, bien &eacute;veill&eacute;e, tout excit&eacute;e par la marionnette en peluche offerte par ses grands-parents pour ses deux mois. Elle change tellement vite! Bient&ocirc;t, ma sœur pourra aussi vivre ce bonheur de voir grandir et progresser son petit. Et ma fille aura un cousin.</p>

<p>Bienvenue, Olivier!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/05/04/67-joie">
  <title>Joie</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/05/04/67-joie</link>
  <dc:date>2006-05-04T07:32:56+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Maternité</dc:subject>
  <description>Jamais nous n’aurions cru que ce serait si difficile. Nous y avons réfléchi des semaines, puis des mois, sans succès.

Pour une fille, nous avons trouvé tout de suite,...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Jamais nous n’aurions cru que ce serait si difficile. Nous y avons r&eacute;fl&eacute;chi des semaines, puis des mois, sans succ&egrave;s.</p>

<p>Pour une fille, nous avons trouv&eacute; tout de suite, remarquez. Il y a tant de jolis pr&eacute;noms! Mais pour un gar&ccedil;on, ce fut autre chose. Nous en avons discut&eacute; longuement, couch&eacute; sans conviction quelques id&eacute;es sur papier, consult&eacute; famille et amis, et courageusement pass&eacute; en revue le vieux <em>Livre des pr&eacute;noms</em> de ma m&egrave;re, l’interminable liste informatis&eacute;e des pr&eacute;noms donn&eacute;s l’an dernier en France et au Qu&eacute;bec, la Bible, Shakespeare, les &eacute;crits antiques, m&eacute;di&eacute;vaux et classiques de notre biblioth&egrave;que… Rien &agrave; faire. L'inspiration pour un garçon nous a, malgr&eacute; tous ces efforts, cruellement fait d&eacute;faut.</p>

<p>Heureusement, il n'y a plus &agrave; en débattre.</p>

<p>&Agrave; notre grande joie, nous avons appris cette semaine que nous attendons une fille!!!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/03/21/66-zenaide">
  <title>Zénaïde</title>
  <link>http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/03/21/66-zenaide</link>
  <dc:date>2006-03-21T12:59:50+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Anne-Marie</dc:creator>
  <dc:subject>Racines</dc:subject>
  <description>Au cours de ces dernières semaines où l’énergie m’a tant fait défaut, j’ai souvent eu une pensée pour ces femmes d’autrefois qui enchaînaient grossesse après grossesse. Après quelques années d’épreuve continue, elles recevaient bien sûr l’aide de leurs filles aînées (si elles avaient eu la chance d’avoir d'abord des filles) pour entretenir la maison et s’occuper des plus jeunes pendant leurs grossesses, mais reconnaissons-le, leur vie de mère au foyer relevait quotidiennement de l’exploit. </description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Au cours de ces derni&egrave;res semaines o&ugrave; <a href="http://www.takefu.org/anne-marie/index.php/2006/02/25/64-la-maladie-du-sommeil">l’&eacute;nergie m’a tant fait d&eacute;faut</a>, j’ai souvent eu une pens&eacute;e pour ces femmes d’autrefois qui encha&icirc;naient grossesse apr&egrave;s grossesse. Apr&egrave;s quelques ann&eacute;es d’&eacute;preuve continue, elles recevaient bien s&ucirc;r l’aide de leurs filles a&icirc;n&eacute;es (si elles avaient eu la chance d’avoir d'abord des filles) pour entretenir la maison et s’occuper des plus jeunes pendant leurs grossesses, mais reconnaissons-le, leur vie de m&egrave;re au foyer relevait quotidiennement de l’exploit. </p> <p>J’ai eu la chance, pour ma part, de b&eacute;n&eacute;ficier de l’aide et du soutien de mon mari (repas, m&eacute;nage, g&acirc;teries, etc.) pendant ces semaines o&ugrave; de tout petits efforts suffisaient &agrave; m’&eacute;puiser et o&ugrave; j’ai pass&eacute; tant d’heures &agrave; dormir. Les femmes d’autrefois ne devaient pas &ecirc;tre nombreuses &agrave; pouvoir en dire autant. Elles ne devaient pas m&ecirc;me pouvoir se permettre le luxe des siestes, malgr&eacute; leur &eacute;puisement. D’ailleurs, j’ai aussi eu une pens&eacute;e compatissante pour toutes ces femmes d’aujourd’hui qui vivent leur grossesse en solo ou avec un conjoint peu attentif.</p>

<p>J’ai beaucoup r&eacute;fl&eacute;chi, notamment, &agrave; la vie de mon arri&egrave;re-grand-m&egrave;re paternelle, Z&eacute;na&iuml;de, que je n’ai jamais connue, mais dont j'ai su l’histoire par le livre <a href="http://pages.infinit.net/carmenr/">Sur la trace des Busque</a>.</p>

<p>La tr&egrave;s belle Z&eacute;na&iuml;de s'est mari&eacute;e &agrave; l’&acirc;ge de 17&nbsp;ans, en 1903. &Agrave; peine un an plus tard, elle donnait naissance &agrave; sa premi&egrave;re fille. Ensuite, sans presque jamais se reposer, Z&eacute;na&iuml;de a mis au monde 15&nbsp;autres enfants, dont deux sont d&eacute;c&eacute;d&eacute;s pr&eacute;matur&eacute;ment. Au moment de la naissance du petit dernier, Z&eacute;na&iuml;de &eacute;tait &acirc;g&eacute;e de 41&nbsp;ans. Les photographies de cette &eacute;poque, qui contrastent cruellement avec celle du mariage, montrent une femme pr&eacute;matur&eacute;ment vieillie, au corps ravag&eacute;, au visage crevass&eacute;.</p>

<p>En dehors de ses multiples grossesses, de l’&eacute;ducation et du soin de tous ses enfants dans une minuscule maison sans &eacute;lectricit&eacute;, Z&eacute;na&iuml;de s’occupait des animaux de la ferme, du jardin, de la vaisselle, de la cuisine, du bois et des autres t&acirc;ches domestiques. Elle supervisait elle-m&ecirc;me la boucherie, faisait des conserves, cueillait et entreposait fruits et l&eacute;gumes pour l’hiver. Seuls le sucre et la farine &eacute;taient achet&eacute;s ailleurs. Toute la nourriture servant &agrave; nourrir trois fois par jour les seize membres de la famille venait de la petite ferme familiale et &eacute;tait appr&ecirc;t&eacute;e par mon arri&egrave;re-grand-m&egrave;re.</p>

<p>Z&eacute;na&iuml;de a donc pass&eacute; la majeure partie de sa vie &agrave; cuisiner et &agrave; entretenir la ferme et la maison. Elle a aussi pris soin de confectionner les v&ecirc;tements, les chaussures, les couvertures et les draps pour toute la maisonn&eacute;e. Elle savait travailler le cuir, tisser, coudre, filer la laine, tricoter, broder. Elle a m&ecirc;me trouv&eacute; le temps de confectionner un beau trousseau pour chacune de ses filles. Elle fabriquait tout elle-m&ecirc;me, y compris le savon, et n'achetait rien.</p>

<p>Comment a-t-elle trouv&eacute; le temps et la force de tout faire, &agrave; plus forte raison enceinte? C’est l&agrave; une r&eacute;alit&eacute; qui me d&eacute;passe. Et le plaisir, le loisir, dans tout cela? Il y a fort &agrave; parier qu’il y en avait peu. Z&eacute;na&iuml;de, qui &eacute;tait instruite pour l’&eacute;poque, en a sans doute souffert.</p>

<p>Z&eacute;na&iuml;de est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e &agrave; l’&acirc;ge de 63 ans, probablement des suites d’un cancer. En 46 ans de mariage, elle a pass&eacute; seize ans enceinte.</p>

<p>J’aurais aim&eacute; la conna&icirc;tre, t&acirc;cher de comprendre &agrave; son contact ce qui pouvait rendre une telle femme heureuse. L’&eacute;tait-elle seulement? </p>

<p>En comparaison avec la sienne, ma vie est on ne peut plus oisive et confortable. Je m’occupe essentiellement &agrave; des activit&eacute;s intellectuelles, je n’ai &agrave; entretenir qu’un petit appartement et je ne suis pas seule pour le faire. Malgr&eacute; tout, sans ajouter la moindre t&acirc;che &agrave; mon quotidien, le d&eacute;but de ma grossesse a suffi &agrave; m’essouffler…</p>

<p>Je serais tout &agrave; fait incapable de relever les d&eacute;fis que Z&eacute;na&iuml;de devait affronter, jour apr&egrave;s jour. Quelle vie difficile a d&ucirc; &ecirc;tre la sienne! Et comme elle &eacute;tait polyvalente et accomplie! Lorsque je pense &agrave; elle, je ressens de la compassion, bien entendu, mais surtout, surtout une immense admiration.</p>]]></content:encoded>
</item>

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