Les Amarécains, eux-autres ils l'ont l'affaire.
Dixit Michael R. Bloomberg, maire de New York :
Later this month, thousands of our fellow Americans will be coming to New York City to exercise their lawful right to protest during the Convention. [...] That’s why we’re launching this new visitor program and inviting visitors from across the country to enjoy savings in all five boroughs. We want the many thousands of protestors to feel welcome and take advantage of all New York City has to offer.
Voilà l'histoire : si vous pensiez débarquer dans la Grosse Pomme le 30 août prochain pour exprimer votre ras-le-bol pendant la Convention républicaine, n'oubliez pas de passer par le Centre d'information touristique de la métropole. L'on vous y remettra un petit macaron vous identifiant comme « Peaceful Political Activist » en plus d'une carte vous permettant d'obtenir des rabais dans des restaurants, des hôtels, des musées ainsi que dans une flopée d'autres commerces et attractions touristiques.
Le maire Bloomberg, que l'on a récemment entendu déclarer que la liberté d'expression était un privilège, semble croire que les manifestants anti-Bush, emballés par la perspective du magasinage hors-taxe, vont laisser tomber leurs pancartes pour aller s'attendrir sur de vrais éléphants au Zoo du Bronx ou écouter un émule bedonnant de Sinatra chanter That's amore dans un Manoir du Spaghetti local. Il semble en outre convaincu qu'en plus de repartir apaisés par tant de délices, les trublions repentis vont, revenus chez eux, vanter les charmes de New York à leurs parents et amis.
Bien sûr, le système ne sera probablement pas à l'épreuve des resquilleurs. « Unfortunately, we can't stop an anarchist from getting a button », a admis Bloomberg au cours de la conférence de presse organisée pour le lancement du programme. À son avis, il est néanmoins peu probable que lesdits anarchistes soient intéressés par la chose. Ouf!
Oui, les autorités new-yorkaises aiment les manifestants, c'est sûr. C'est d'ailleurs certainement parce qu'elles les aiment et veulent les protéger qu'elles vont les tenir à bonne distance du Madison Square Garden, leur interdire l'accès à Central Park, détourner les trajets habituels de transport en commun, etc. Parions que les forces de l'ordre auront été briefées en conséquence : « Qui aime bien, châtie bien ».
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