Souvenons-nous que le mot « vote » vient du latin votum, qui signifie « voeu » et non « volonté ».
D'ici la fin de la journée, le bon peuple étazunien aura achevé de se prononcer sur son avenir politique. Le corps judiciaire prendra alors le relais et entamera le laborieux processus menant à la désignation plus ou moins arbitraire du nouveau maître du monde : procès pour irrégularités à divers points de vote, procès contre les manufacturiers de terminaux de scrutin électroniques, comptages, recomptages, re-recomptages, enquêtes sur les pratiques frauduleuses des bénévoles des deux partis, enquêtes sur les allégations d'obstruction et d'intimidation d'électeurs, et caetera. Belle période d'émotivité médiatique en perspective.
Pour vous dire à quel point le dérèglement des mécanismes électoraux américains est manifeste, j'ai vu hier sur une page du site du New York Times une bannière de pub d'ABCNews disant : « Will your vote be counted? Are you sure? ».
Ça me rappelle un édito de je ne sais plus quel quotidien, lu il y a un bout de temps, sur la nécessité d'un résultat clair aux prochaines présidentielles (c'est-à-dire celles-ci) afin d'en assurer la légitimité. On y déplorait le fait que les tergiversations de 2000 avaient miné la réputation de démocratie modèle des États-Unis, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Force est de constater que nous sommes, à ce titre, devant le worst-case scenario : peu importe qui de Bush ou de Kerry sera élu cet automne, il est à peu près certain qu'un doute encore plus important que celui d'il y a quatre ans subsistera. Étudiants en sciences politiques, préparez-vous à bûcher sur du bon matos d'ici peu.
En attendant, je propose de modifier le nom officiel de notre voisin du sud pour République démocratique des États-Unis d'Amérique. Au cas où.
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