Mardi dernier, le 16 novembre, mon beau-père, André Busque, s'est éteint doucement, entouré de sa famille, après avoir longuement combattu un cancer du cerveau.
Je ne connaissais André que depuis quatre ans, mais ces quatre années auront suffi à m’y attacher profondément, à me le rendre très cher.
C’était un grand amoureux, un père immensément fier de ses cinq filles. Il accordait plus de valeur à son couple et à sa famille qu’à toute autre chose, et ne désirait que le bonheur de chacun. C’était aussi une personne très sensible, un émotif qui savait voir le fond de votre cœur d’un seul regard et démêler sans effort les fils d’une peine ou d’une inquiétude.
Peu de chose, semble-t-il, le rendaient aussi heureux que voir la grande famille réunie pour un souper autour de l’immense table qu’il avait choisie spécialement à cet effet. Les discussions à bâton rompu, les éclats de rire, les chansons des deux petites sur les genoux des « grands frères »... Il regardait tout cela, souvent silencieusement, avec un bonheur évident.
André était par ailleurs doté d’une intelligence hors du commun qui s’appuyait sur une érudition impressionnante doublée d’une curiosité sans limite. Grand voyageur, amateur de bons vins, il pouvait converser aussi facilement de philosophie que de bande dessinée. Sachant reconnaître la valeur d’un bon argument, il respectait et appréciait les points de vue qui différaient du sien. La conversation avec ce fin rhéteur était pour moi un plaisir de chaque instant.
Fin 2003, après le choc initial du diagnostic et le traumatisme d’une délicate et dangereuse chirurgie au cerveau, André s’est redressé et a reporté son regard devant lui. Tout en sachant que ses chances étaient presque nulles, il s’est dit prêt à relever le défi que la vie lui lançait. « You never quit! », nous répétait-il à l’instar du cycliste Lance Armstrong dont il venait de lire l’autobiographie. Il ne s’est avoué vaincu qu’il y a quelques jours, après avoir vécu de minces espoirs, mais surtout de beaucoup d’amour – amour qu’il aura amplement retourné.
Adieu, cher beau-papa. Tu demeureras pour moi un exemple, une source d’inspiration, une référence. Je ne t’oublierai jamais.
S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...
Raymond Landry, le Jeudi 9 juin 2005 à 21:33 [permalien] :
Monsieur Tremblay, je viens de lire votre témoignage sur André Busque. Et je dois avouer que le texte m'a grandement touché. J'ai connu André du temps oû il était à Sherbrooke. C'était un homme hors du commun, à mon avis. Depuis 87-88, j'ai perdu contact avec lui, au moment , je crois , où il est déménagé à Montréal.
Retraité de l'enseignement depuis bientôt 6 ans, j'ai entrepris,à la demande de mes enfants,de rédiger mon histoire de vie. Il y a quelques jours j'ai commis un texte qui fait référence à André et à l'amitié que je lui portais ... Quelqu'un à qui j'ai lu ce texte m'a suggéré de le partager à ses enfants. Je ne parviens pas à les rejoindre, hélas. Et puis, le hasard (le hasard existe-il vraiment???) m'a permis de vous rejoindre en tapant André Busque sur Google.
Je vous saurais gré de donner suite à ma requête.
Bien à vous.
Raymond Landry (North Hatley)
Une collaboratrice, le Jeudi 15 septembre 2005 à 13:00 [permalien] :
Bonjour Hugo,
Je suis tombée par hasard sur votre site et j'ai pu lire votre texte sur André Busque. J'ai une petite histoire à vous raconter à son sujet. J'ai collaboré avec lui sur un projet dans une entreprise pharmaceutique. Lors d'une réunion, une collègue avouait ne pas vouloir plus d'un enfant pour ne pas avoir à diviser son amour. J'ai vu André s'animer, parler de son amour pour ses enfants, son épouse et sa famille. Il a rassuré cette personne en lui disant qu'elle ne diviserait pas son amour, mais qu'elle le multiplierait. J'ai été très touchée par sa remarque. La nouvelle de son décès m'a estomaquée (je ne savais pas qu'il était malade). J'ai annoncé son décès à plusieurs collègues et les réactions était unanimes: beaucoup de bons souvenirs, de peine et de recueillement.
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