En petits morceaux

j’tapLDkej’pE

Lundi 13 décembre 2004 à 22:05 | Les temps modernes | Permalien

Je suis un vieux schnock.

Je le confesse : comme une bonne part de la population des pays postindustriels, je possède un téléphone cellulaire. Si si. En fait, après avoir longtemps résisté à ce petit envahisseur sournois, ma tendre moitié et moi avons finalement cédé l’année dernière (pour notre défense, je dois préciser que nous n’avons donné notre numéro à personne et que nous ne recevons par conséquent jamais d’appel).

Alors que ce retard nous plaçait déjà au nombre des quelques originaux refusant de reconnaître l’arrivée du XXIe siècle, nous avons décidé de persister dans l’excentricité en ne cédant pas aux superfragilistiques forfaits du type « payez 35 $ par mois pendant 3 ans et obtenez gratuitement un téléphone en plastique ». Nous possédons notre appareil et nous l’alimentons à la carte, au très grand dam des fournisseurs de solutions intégrées de communications sans fil, qui ne peuvent ainsi nous compter dans leur giron. Pis encore, nous ne souscrivons à aucun service de SMS ou d’accès Internet par cellulaire. Juste de bêtes minutes vocales, rien d’autre. Même pas de sonnerie téléchargée ou de petit jeu vidéo cucul. Parlez-moi de deux péquenauds!

Tout ça pour dire qu’un article paru aujourd’hui dans le New York Times m’a bien fait rire, quoique je ne sois pas certain que l’ironie que j’y ai trouvée soit entièrement voulue.

Saviez-vous que les transporteurs cellulaires voix et données (les compagnies de téléphone, genre) sont un tantinet dans la choucroute? Figurez-vous qu'ils s'attendaient à ce que la croissance du marché du téléphone-Web-SMS-caméra-digitale soit telle que les bénéfices engrangés puissent compenser les sacrifices consentis du côté des services voix – car évidemment, les minutes gratuites, ça ne rapporte pas grand chose. Or, malheureusement pour les pauvres actionnaires de Verizon, Cingular et compagnie, la patente stagne désespérément dans les pourcentages insignifiants, sans espoir de voir les usagers cracher plus de dollars à court terme.

En conclusion, selon le NYT, il semblerait – ô aberration consumériste! – que le bon peuple américain s’entête à n’utiliser le téléphone cellulaire que pour effectuer des appels téléphoniques.

Moi qui me croyais original.

Précision intéressante : le SMS et le furetage Web par cellulaire sont beaucoup plus populaires au Japon et en Europe qu’aux États-Unis. Pourquoi? Tout simplement parce que la majorité des commuters américains se déplacent en auto et ont apparemment besoin de leurs deux mains pour la conduite d'icelle, ce qui les empêche de manipuler de manière appropriée les pitons de leur cellulaire; les Nippons et les Européens, eux, grands utilisateurs du transport en commun, disposent de tout le temps et de toutes les mains dont ils ont besoin pour échanger des niaiseries en texto.

Au fond, je dois être trop vieux.

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