En petits morceaux

Indigne dong

Jeudi 16 juin 2005 à 13:40 | Joies de la démocratie | Permalien

J'ose espérer que Jean Charest aie droit, au moins en privé, à quelques bons coups de genou dans les parties de la part de la vingtaine de femmes qui siègent du même côté que lui à l'Assemblée nationale, et qu'il respecte sûrement beaucoup beaucoup beaucoup n'est-ce pas.

J'espère aussi qu'Elsie Lefebvre, en dépit de la noblesse de sa réaction officielle, aura le bon sens d'aller clouer un rat mort sur la porte du bureau du premier ministre pendant que le gardien de sécurité regardera ailleurs en sifflotant.

CommentairesCommentaires

S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...

Anne-Marie, le Jeudi 16 juin 2005 à 16:48 [permalien] :

Je le souhaite aussi. Seulement, il ne revient pas aux seules femmes de protester lorsqu'une des leurs se fait qualifier ainsi. Les hommes doivent se sentir concernés aussi. C'est l'affaire de tous.

La réaction de Mario Dumont me semble d'ailleurs pour le moins surprenante :
radio-canada.ca/nouvelles...

Bernard, le Jeudi 16 juin 2005 à 16:55 [permalien] :

Comme tous les politiques de droite, Super-Mario joue à fond la carte de la famille. S'il s'avérait que Michou avait effectivement conspiré, j'espère qu'elle n'aurait pas droit à l'impunité sous prétexte qu'elle fait partie de la famille.

Anne-Marie, le Jeudi 16 juin 2005 à 17:01 [permalien] :

Contrairement à toi, Hugo, je n'irais pas jusqu'à prendre pour acquis que notre ami Charest a fait preuve ici de sexisme. Le terme "chienne", au Québec, a le sens très répandu de "pas gentille" ou "chiante", et a son équivalent masculin. Charest aurait très bien pu, de la même manière, traiter un député de "chien".

Je me demande ce qu'en penseraient les Chiennes de garde...
www.chiennesdegarde.org/

Bernard, le Jeudi 16 juin 2005 à 20:07 [permalien] :

Imaginons que c'est un homme qui pose à John James des questions sur l'implication de Michou dans cette histoire. Admettons que sa colère est la même, qu'il se fâche, garroche son micro et, hors-onde, lui lance une insulte bien senti. Qu'aurait-il employé? Chien? J'en doute. Je vois plus quelque chose dans le coin de rat ou vautour. Chienne a un côté dégradant que je ne trouve pas dans ses équivalents masculins. Sexisme? Je pense que oui (mais ce n'est qu'une impression).

Anne-Marie, le Jeudi 16 juin 2005 à 21:50 [permalien] :

C'est fort possible, Bernard, en effet (d'où mon premier commentaire). C'est seulement que je n'en suis pas tout à fait certaine et que je lui donne généreusement le bénéfice du doute (non pas qu'il le mérite, loin de là, et non pas que cela rende l'emploi de "chienne" moins insultant, et non pas que j'aie la moindre sympathie pour lui, mais enfin... j'opte pour la prudence).

Il est d'ailleurs intéressant de savoir que les Chiennes de garde (voir le lien ci-haut) ont choisi ce nom justement parce qu'elles protestent contre le fait que le mot "chienne" soit péjoratif, alors que le chien, pour sa part, évoque le fidèle, dévoué et souvent courageux meilleur ami de l'homme. Pourquoi une chienne n'évoquerait-elle pas cela, étant dotée des mêmes qualités? Pourquoi le féminin serait-il péjoratif et insultant? Ces femmes, qui s'attachent à dénoncer l'utilisation sexiste de certains mots, se décrivent donc comme des chiennes, et se disent fières d'en être.

Hugo, le Jeudi 16 juin 2005 à 23:10 [permalien] :

Le terme employé par le premier ministre n'est pas tant sexiste, à mon sens, que fortement misogyne.

Bernard, je suis tout à fait d'accord avec toi pour dire que "chien" n'aurait pas été employé à l'adresse d'un homme en pareille situation. L'insulte aurait été forte, certes, mais elle n'a plus guère cours de nos jours.

Anne-Marie, comme tu le sais, j'approuve la démarche des Chiennes de garde, qui tirent leur nom de la traduction littérale et ironique de "watchdog". Je crois par contre que dans un contexte comme celui-ci, "chienne" -- a fortiori "hostie de chienne" -- va demeurer une insulte très grossière (à cause de la connotation sexuelle) exprimant au-delà de toute réhabilitation un mépris terrible. Comme "chien", d'ailleurs.

Parlant de mépris, difficile désormais d'éprouver autre chose pour notre chef d'État, je trouve.

Anne-Marie, le Jeudi 16 juin 2005 à 23:27 [permalien] :

C'est vrai. "Chien! " tout court ne se lance plus au visage de quiconque de nos jours. On dira : "il est chien", comme on dira "elle est chienne", et c'est à cette expression que je pensais plus haut. Mais ce n'est pas dans ce sens que le mot a ici été employé. Si "Chienne!" tout court est si dégradant, c'est sans doute parce qu'il s'agit d'une insulte sexiste, en effet.

Anne-Marie, le Jeudi 16 juin 2005 à 23:30 [permalien] :

Quoi qu'il en soit, je suis d'accord pour le mépris qu'inspire dorénavant cet homme.

Mo, le Vendredi 17 juin 2005 à 09:28 [permalien] :

Pour un homme, on ajoute le terme "sale"... Quelle conversation édifiante en passant !!!

Mo, le Vendredi 17 juin 2005 à 10:22 [permalien] :

Euh... je ne vous jugeais pas, c'est juste que je suis un peu pognée !

Marie, le Vendredi 17 juin 2005 à 15:30 [permalien] :

Le fait que Charest ait lancé une insulte sexiste ou non est un détail. Le fait le plus important est bien plutôt qu'il ait perdu le contrôle au point d'insulter quelqu'un pendant une séance de l'Assemblée, femme ou non, péquiste ou non.Il ne doit certainement pas être doux dans l'intimité, voire même sexiste, ça, je ne sais pas. Mais un politicien doit, généralement, agir de façon politicaly correcte. Il me semble que la chienne de Charest est bien pire que les zoizeaux de l'autre.

Notre premier ministre a réagi comme un gamin qui tire la langue à un autre gamin dans la cour d'école. Il vient de se tirer dans le pied, point à la ligne.

Anne-Marie, le Vendredi 17 juin 2005 à 15:54 [permalien] :

Que cette conversation soit édifiante ou non, ou qu'elle s'attache ou non à un détail, cela dépend du point de vue. Pour ma part, je trouve la question du sens et du choix des mots toujours intéressante et pertinente. D'accord avec toi, Marie, pour le savoir-vivre nécessaire aux politiciens, mais il me semble y avoir d'autres raisons tout aussi graves sinon plus de s'indigner de ce qu'a dit l'ami Charest. Le choix des mots n'est jamais innocent.

FR, le Dimanche 19 juin 2005 à 02:29 [permalien] :


Une citation de Chateaubriand s'impose ici : "Il faut dépenser le mépris avec une grande économie, à cause du grand nombre de nécessiteux".

Charles-Étienne, le Dimanche 19 juin 2005 à 13:00 [permalien] :

Tu cherches à prendre la défense de Jean Charest, FR? Pourquoi il faudrait économiser le mépris? Charest mérite d'être méprisé pour ce qu'il a fait et ce qu'il a dit, je trouve.

FR, le Dimanche 19 juin 2005 à 13:28 [permalien] :

Je ne le défends pas; je le trouve effectivement mauvais. C'est seulement l'ampleur du "Charest bashing" qui m'étonne un peu.

Charles-Étienne, le Dimanche 19 juin 2005 à 14:53 [permalien] :

Oui, mais c'est normal et parfois nécessaire de se fâcher. Il y a des choses qu'un premier ministre ne peut pas se permettre. C'est normal, pour des citoyens, de ne pas le tolérer.

Wild Oscar, le Dimanche 19 juin 2005 à 19:03 [permalien] :

J'ai hâte que Boisclair devienne premier ministre. Non seulement, suite à son séjour de 3 semaines à Harvard, il est un grand de ce monde mais il est ouvert et tolérant. Harry Truman disait : "If you can't stand the heat don't stay in the kitchen". Avec Boisclair qui est un habitué des saunas, nous n'avons rien à craindre : voilà un homme qui supporte la chaleur.

Bernard, le Lundi 20 juin 2005 à 08:47 [permalien] :

Oscar Sauvage, que faut-il comprendre de votre commentaire? Que les débats sont houleux et qu'il est normal que l'on s'empoigne à l'Assemblée nationale comme dans une vulgaire aréna de la LNH? Le parlement est une institution sensée représenter la nation, un lieu où collectivement nous débattons de nos valeurs, construisons la société. Il ne me semble pas souhaitable que l'on s'y insulte, comme il ne me semble pas souhaitable que l'on traite de moumoune ceux qui ne tolèrent pas les insultes en se réfugiant derrière un pseusonyme et des citations.

Anne-Marie, le Lundi 20 juin 2005 à 16:21 [permalien] :

Je crois que Oscar Sauvage déplore simplement le peu de sand-froid de notre premier ministre. J'ai raison?

Bernard, le Lundi 20 juin 2005 à 16:39 [permalien] :

Si cela est, je retire mes perfides insinuations sur les pseudonymes et les citations.

Mo, le Mardi 21 juin 2005 à 18:57 [permalien] :

Il me semble plutôt qu'Oscar Wilde tient des propos ironiques et homophobes qui n'ont rien à voir avec Charest.

Mo, le Mardi 21 juin 2005 à 19:00 [permalien] :

À FR : ce n'est pas parce que Châteaubriand l'a dit que c'est vrai.

Bernard, le Mardi 21 juin 2005 à 19:07 [permalien] :

... mais si cela n'est pas, je les maintiens. Et comme disait ma grand-mère : «si tu supportes pas la tapisserie orange et brune, reste pas dans l'salon».

Mo, le Mardi 21 juin 2005 à 19:09 [permalien] :

FR pour François-René, je présume ?

Anne-Marie, le Mardi 21 juin 2005 à 21:11 [permalien] :

De toute façon, si je peux me permettre, Chateaubriand (sans accent) a été mal cité. La citation exacte est la suivante : "En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux." De plus, si ma mémoire est bonne, cette citation se trouve dans un passage se voulant essentiellement ironique et méprisant. Loin de constituer un appel à la tolérance, il vise surtout à mettre en relief que nombreuses sont les raisons de ressentir du mépris, que nombreux sont les êtres méprisables. Chateaubriand n'était pas tendre, en politique.

Hugo, le Mardi 21 juin 2005 à 21:28 [permalien] :

À propos du soi-disant « Charest bashing »... Je trouve assez étonnant qu'on puisse qualifier de « bashing » ce qui n'est, à mon sens, que légitime indignation devant un acte misogyne, et refus de se complaire dans le je-m'en-foutisme qui prévaut souvent au sein de la population québécoise. Est-ce de l'abus que de dénoncer ce que l'on juge inacceptable? Si oui, adieu démocratie. Et pour reprendre l'argument de la famille, si cher à la droite : si c'était votre soeur qui avait été traitée de chienne par Charest, trouveriez-vous encore que ce serait du « Charest bashing »?

Je trouve de toute façon assez hypocrite de la part de Charest d'avoir joué la vierge offensée. Son épouse menant une vie publique, il me semble normal que des questions la concernant puissent être posées à l'Assemblée nationale. Il est déplorable qu'au bout du compte, Jean Charest n'ait jamais répondu à la question d'Elsie Lefebvre. Y a-t-il eu oui ou non favoritisme dans l'octroi de privilèges à la Croix-Rouge? La question est pourtant plutôt inoffensive, et au bout du compte personne n'en aurait fait un plat...

Enfin, à propos d'André Boisclair et de ce qu'il fait ou ne fait pas dans ses temps libres, j'apprécierais, chers commentateurs, qu'on se relise et qu'on se pose de sérieuses questions avant de graver ses préjugés dans le granit de ce blogue. (Oui, « Wild Oscar », c'est à toi que je m'adresse.)

, le Mercredi 22 juin 2005 à 09:34 [permalien] :

Quand on écrit « sand-froid », on pourrait peut-être se permettre d'être tolérant envers les fautes d'inattention d'autrui.

Anne-Marie, le Mercredi 22 juin 2005 à 21:55 [permalien] :

Oups!

Anne-Marie, le Mercredi 22 juin 2005 à 22:09 [permalien] :

Il ne s'agissait pas d'intolérance, toutefois, mais d'une simple remarque que je croyais susceptible d'intéresser plusieurs personnes. À peu près tout le monde fait cette erreur.

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