On ne peut évidemment pas demander à l'Académie française, conservatrice par nature, d'être à l'avant-garde de la pratique du français. Cependant, je comprends de moins en moins comment on peut persister à considérer « absurde » la féminisation de certains mots, notamment ceux désignant des occupations professionnelles. La France accuse peut-être un certain retard en ce qui a trait à l'accession des femmes à des postes que l'on dit non traditionnels — d'où un décalage dans l'usage — mais il y a tout de même, me semble-t-il, une importante dose de mauvaise foi machiste dans le blocage de la vénérable Académie.
Quoi qu'il en soit, je serais étonné que son secrétaire honoraire, Maurice Druon (que je me retiens, heureusement, de qualifier de vieux croûton pathétique), se fasse beaucoup plus d'amis qu'il n'en a déjà au Québec (et sans doute dans le reste de la Francophonie extra-métropolitaine) avec des déclarations comme celle qu'il vient de faire sur les ondes de RFI. En effet, selon lui, outre que les Québécois s'expriment dans un « parler pittoresque », l'OLF serait victime de l'influence des « ligues féminines des États-Unis » (!) dans son effort de féminisation « à tout va ». En tout cas, ils nous assure que « ce n'est pas au Québec qu'il ira prendre des leçons de langue française ». Oooh, nous sommes tellement déçus.
Pour tout dire, j'espère presque voir Maurice Druon débarquer sur le blogue de ma blonde. Pensée sclérosée pour pensée sclérosée, ça nous changerait de l'autre Maurice, et ça ne manquerait pas d'être amusant.
S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...
Bernard, le Lundi 16 janvier 2006 à 12:54 [permalien] :
Le collègue Benoit et moi avons discuté ce matin des affirmations du vieux pet. Refusant de lui répondre avec ses propres armes (c'est-à-dire dans un français classique et poli), je me suis tourné vers le quai de Conti (la Mecque des réactionnaires de la langue), j'ai brandi mon doigt bien haut et j'ai dit à voix haute, convaincu que la beauté et la profondeur du message allait permettre à ce dernier d'atteindre son interlocuteur, en dépit des lois trop contraignante de la physique académique : « assis-toé là-dessus pis tourne ».
Bernard, le Lundi 16 janvier 2006 à 13:09 [permalien] :
Tu sais, je m'apprêtais à faire un billet là-dessus. C'est un peu comme si tu m'avais pris un territoire et que je contrattaquais avec un commentaire dans le coin gauche.
Hugo, le Lundi 16 janvier 2006 à 13:36 [permalien] :
Aha!
Bernard, le Mardi 17 janvier 2006 à 05:45 [permalien] :
Cette déclaration devrait rendre Druon encore plus sympathique : " Je préfère que l'aide de l'État aille à ceux qui travaillent plutôt qu'aux parasites qui ne travaillent pas »
Hugo, le Mardi 17 janvier 2006 à 08:44 [permalien] :
Hum. Il doit bien s'entendre avec Le Pen...
Marie, le Mercredi 18 janvier 2006 à 09:14 [permalien] :
Ce matin paraissait dans le Devoir un article sur Ségolène Royal, présidente du Poitou et appréhendée comme peut-être future candidate à la présidence. Ces messieurs français qui en général, sont tout à fait contre, vous pensez bien, l'attaquent d'ailleurs avec des remarques de vieux pet assez méchantes du genre « L'Élysée n'est pas un concours de beauté. Être président de la République, est un vrai job. » « Elle transformerait l'Élysée en grande garderie» et autres conneries du genre.
Tout cela montre bien 1- que les français sont d'indécrottables machos et que 2- ils sont vraiment, mais alors là vraiment rétrogrades.
Hugo, le Mercredi 18 janvier 2006 à 12:57 [permalien] :
Ouin, j'étais vraiment sur le cul en lisant cet article ce midi. Le pire, c'est que ces charmantes remarques ont été faites par les collègues de madame Royal au Parti Socialiste -- un parti de gauche, paraît-il. Avec des amis comme ça...
Ceci dit, Marie, tu as omis la plus jolie remarque : "Qui va garder les enfants?", gracieuseté de Laurent Fabius.
Hugo, le Vendredi 20 janvier 2006 à 09:51 [permalien] :
Post-scriptum : j'espère que Maurice Druon aura eu vent de la lettre de Marie-Éva de Villers (l'auteure du Multi) publiée dans le Devoir aujourd'hui, et qu'il en aura avalé son dentier.
Hugo, le Vendredi 20 janvier 2006 à 13:14 [permalien] :
Même Direction informatique s'en mêle, c'est ben pour dire.
(Si vous ne connaissez pas DI, c'est pas grave, vous ne manquez rien.)
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