En petits morceaux

Révisionnisme

Jeudi 27 avril 2006 à 15:00 | Joies de la démocratie | Permalien

Les Anglais, la Conquête, les Longs Couteaux... allez, c'est du passé, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, on s'embrasse et on oublie tout.

On connaît une certaine gouverneure générale qui doit être contente.

(Évidemment, le ministre Fournier nie tout. Il n'a rien vu, rien entendu, il n'était pas là et ne sait même pas de quel document on parle — et puis si ça continue il s'en va te me les foutre dehors, ces damnés journalistes.)

CommentairesCommentaires

S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...

Anne-Marie, le Jeudi 27 avril 2006 à 12:30 [permalien] :

Ne sont-ce pas ces mêmes libéraux qui faisaient récemment une crise parce qu'on recommandait aux professeurs de parler de la souveraineté à l'école? Propagande, qu'ils disaient. J'étais bien d'accord, remarquez, cette recommandation allait trop loin... Mais ici, s'il ne s'agit pas de manipulation d'information et d'opinion éhontée, je me demande bien ce que c'est.

Mo, le Jeudi 27 avril 2006 à 12:39 [permalien] :

Hugo, tu m'attrapes à la sortie de mon cours, où mes étudiants analysent la représentation de la société totalitaire de Fahrenheit 451. Je trouve le choc avec la réalité très brutal !

Dès que j'entends le mot "socio-constructiviste", j'ai le poil des jambes qui frisent dru.

Voyez, encore une fois, comment nos amis du Ministère nous forgent une belle réforme visant à faire penser les individus, mais à les faire penser sans qu'ils sachent, ce qui me fait toujours rire (jaune, bien sûr).

Ce passage m'a particulièrement fait sursauter:
"Ainsi, même si des études ont démontré depuis un certain nombre d'années, note M. Cardin, que «les jeunes ne savent plus qui est Montcalm ou Frontenac», le nouveau programme n'a pas pour but de corriger cet état de choses. «Ce n'est pas un retour aux dates, aux personnages»; il s'agit de se servir de l'analyse de questions historiques «pour dégager une compréhension de certains concepts et pour construire des compétences intellectuelles liées à la citoyenneté, qui favorisent un exercice plus fécond de la citoyenneté»."

N'importe quoi. Comment peut-on être un meilleur citoyen si on ne connaît pas les conflits qui ont toujours divisés francophones et anglophones ? Ah oui ! c'est vrai, on sera un bon citoyen qui ne saura pas remettre en question les relations entre anglophones et francophones, parce qu'on n'aura pas les données pour les comprendre, alors, on ne se révoltera pas, on va rentrer chez soi et s'imaginer qu'on sait penser, parce qu'on nous l'a supposément appris à l'école.

Et puis, les Anglais, ce sont nos amis ! Pourquoi les critiquer ? On va leur faire de la pei-peine !

«Il s'agit de sortir du cadre habituel d'une histoire structurée autour des conflits entre les francophones et les anglophones pour faire une histoire plus rassembleuse»,

Tout ça, c'est du passé ! Des conflits, dans notre histoire ? Où ça ?

Quelques extraits de Fahrenheit 451, maintenant, pour être vraiment un peu plus découragés...

<<Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur la question ; proposez-lui-en-un seul. Mieux encore, ne lui proposez aucun.>>
<< [N'engagez pas les gens] sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie.>>

<< Les Noirs n'aiment pas Little Black Sambo. Brûlons-le. La Case de l'Oncle Tom met les Blancs mal à l'aise. Brûlons-le. Quelqu'un a écrit un livre sur le tabac et le cancer du poumon ? Brûlons le livre.>>

Et vive l'histoire rassembleuse !

Bon, c'est pas comme si je n'avais pas un blogue, moi...

Mo, le Jeudi 27 avril 2006 à 14:09 [permalien] :

Arg... les fautes !

Bernard, le Jeudi 27 avril 2006 à 15:38 [permalien] :

Quel poil des jambes ?

Bernard, le Jeudi 27 avril 2006 à 15:54 [permalien] :

Merde de bulle papale! Quelle prise de tête que cette réforme. Moi qui croyais que l'histoire, toute histoire, s'axait d'abord et avant tout sur une série de conflits, un échange sanglant de positions entre puissants pour la domination d'un territoire, d'une ressource ou d'un marché. L'histoire canadienne n'est pas autre chose que cela : qui exploite le peuple, qui en profite et qui l'écrase quand il se révolte. «L'élève qui interroge les réalités sociales dans une perspective historique établit les fondements de son interprétation et se dote des assises historiques nécessaires à l'exercice de sa citoyenneté.» En éliminant toute référence à l'aliénation et aux mouvements d'émancipation, pense-t-on vraiment faire de meilleurs citoyens qui apprennent à éviter des conflits qu'ils savent inévitables, ou des décérébrés attachés à la préservation d'un ordre établi qui leur apparait d'autant plus naturel qu'on a oublié de leur apprendre qu'il existait autre chose.

Mo, le Jeudi 27 avril 2006 à 15:56 [permalien] :

Il s'agit de pilosité métaphorique.

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