Comment ne pas se sentir interpellé par une discussion sur le post-it?
J'avoue, oui, j'avoue me livrer à des pratiques répréhensibles, contre nature — inavouables, pour tout dire — en matière de postitage.
Le visiteur à l'âme sensible qui surgirait dans mon cubicule sans être psychologiquement préparé à affronter ces ignominies hurlerait sans doute à la possession diabolique en apercevant d'antiques post-its punaisés — je dis bien punaisés! — aux parois moquetées de mes paravents.
Il s'étranglerait ensuite d'horreur en voyant deux autres de ces papillons racornis, délavés par six mois de poussière et d'ultraviolets, négligemment appuyés (!!!) contre le socle de l'écran de mon ordinateur, tenant debout par la seule raideur de leur cellulose momifiée par la vieille colle.
Enfin, ce serait à coup sûr la congestion, l'attaque, l'apoplexie s'il me voyait noter une liste d'épicerie sur un post-it que j'arracherais ensuite de son bloc et que je mettrais tel quel dans ma poche, la bande adhésive s'attachant instantanément à l'étoffe de mes pantalons et rendant presque impossible l'extraction ultérieure de la liste (j'ai souvent une doublure de poche sortie lorsque j'entre chez IGA).
Les genoux de mon malheureux visiteur céderaient, oui, et il se retrouverait au tapis (industriel), paralysé, le visage écarlate, une main crispée sur le coeur et l'autre tendue désespérément vers l'adresse IP du Mac, inscrite à la mine de plomb sur un carré jaune format compact apposé il y a déjà deux ans sur mon moniteur, héroïque petit post-it ayant résisté à tout, même à un déménagement de bureau en plein hiver.
Amen.
S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...
Mo, le Samedi 13 mai 2006 à 06:27 [permalien] :
Quelle apologie du petit papier jaune ! Loin de penser qu'éplingler un vieux post-it constitue une hérésie, je crois au contraire qu'il s'agit d'un geste responsable. C'est très noble, Hugo.
Il y a quelque chose là-dedans qui tient de la vieille école du travail de bureau. On imagine spontanément Mario Duquette consulter des post-it raidis par les ans et punaisés dans le désordre sur un vieux babillard au liège à moitié émietté. On nage en plein romantisme !
Par ailleurs, je ne serais pas surprise d'apprendre que les ingénieurs aient pensé à choisir la matière la plus appropriée à l'adhésion du post-it sur le pourtour des écrans d'ordinateurs.
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