Je suis en train d'expliquer à Nadine le fonctionnement du lecteur DVD, au cas où elle voudrait regarder un film. Je réalise soudain ce que je suis en train de faire, je me rappelle avoir déjà vu mes parents faire la même chose. Ciel, maintenant c'est moi qui ai besoin d'une gardienne.
Dans l'auto, sur Henri-Bourassa, près de l'autoroute de la Capitale. L'horloge du tableau de bord indique 20 h 45. Ma tendre moitié et moi sommes silencieux. Puis, n'y tenant plus, nous nous exclamons d'une même voix : « Mon dieu, c'est vraiment trop bizarre! ». Pendant qu'Ophélie dort sagement dans notre chambre, nous roulons en direction du cinéma, pour la première fois depuis cinq mois.
Aux trois quarts du film, je me rends compte que je viens de passer plus d'une heure la main crispée sur le cellulaire et que celui-ci n'a toujours pas vibré. Soit que la choune dort bel et bien sagement dans notre chambre, soit que Nadine se débrouille. Incrédule, j'ouvre la main et la retire lentement de l'appareil. J'inspire, expire, me cale dans le fauteuil et relaxe.
(Bon, c'est pas vraiment un choc, il fallait juste que ça fitte.)
Children of Men, à ma grande surprise, c'est vraiment très, très, très bon. Je viens de lire que le film a trois nominations aux Oscars, dont « meilleur scénario adapté » et « meilleure direction photo ». Y'a de quoi.
Ceci dit, nous avons quand même trouvé un peu ironique de laisser notre bébé à la maison pour une première fois, pour aller voir un film entièrement centré sur le fait d'avoir un bébé.
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