En petits morceaux

L'oursin

Vendredi 26 janvier 2007 à 21:49 | Le fichier du monde animal | Permalien

L'oursin, à n'en pas douter, est l'un des plus pitoyables produits de l'évolution animale.

Qu'il soit vert à petites pointes molles ou rouge à longs piquants rigides, il fait dur. Il rampe toute sa vie au gré du relief du bout de fond marin où le hasard l'a fait naître. Dépourvu de tout organe sensoriel, il s'alimente en suçant la surface à laquelle il est accroché à l'aide d'une bouche qui lui sert aussi de pied-ventouse, et ne dispose que d'espèces de petites épines flexibles pour se déplacer, ce qui'il fait au rythme essoufflant de quelques centimètres/heure.

Point de vue reproduction (et socialisation), il faut croire que tous les goûts sont dans la nature; outre son inélégante carapace d'échinoderme et sa fixation alimentaire (dans tous les sens du terme), on trouve un anus là où on cherche une tête.

Ceci dit, l'oursin ne possédant pas de cerveau, rien de tout cela ne l'affecte beaucoup. Il demeure très zen en toutes circonstances. C'est d'ailleurs une chance : que de traumatismes ainsi évités!

N'oublions pas, en effet, que le fond des mers est un endroit dangereux. Comment ne pas s'émouvoir devant l'oursin qui arrive sur le bord d'une falaise sous-marine au hasard de ses pérégrinations, qui s'avance millimètre par millimètre vers le précipice, parfaitement inconscient du danger, puis, se rendant compte trop tard de sa périlleuse situation, bascule lentement, irrémédiablement, et plonge dans l'abîme comme Thelma et Louise, sans même pouvoir hurler au bout de ses poumons en faisant des moulinets avec ses bras. Une fin atroce, guère préférable à la transformation en sushi dans un restaurant tokyoïte, qui guette les oursins malchanceux. Évidemment, il est aussi possible que la bestiole atterrisse sans heurt sur une petite corniche, quelques dizaines de mètres plus bas, où elle continuera à sucer nonchalamment le roc, sans s'être rendu compte de quoi que ce soit, et d'où elle replongera après avoir idiotement rebrouté vers le vide.

CommentairesCommentaires

S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...

Bernard, le Jeudi 1 février 2007 à 06:42 [permalien] :

Hugo! Je suis content de voir que tu trouves enfin le temps de vidanger ton fichier de billets à écrire. Maintenant, je ne suis pas très content de la mauvaise réputation que tu fais des oursins. Ces bestioles, pour stupides qu'elles soient, sont tout de même plus proches parentes des humains que les huitres, les maringouins et les homards. Ce sont des deuterostomes, tout comme nous : lors de l'embryogénèse, ils forment le cul avant la bouche.

Hugo, le Jeudi 1 février 2007 à 07:43 [permalien] :

Ne nous méprenons pas, j'ai beaucoup de respect pour les oursins. Ils sont un bon exemple d'adaptation réussie à un environnement hostile, et ils n'écoeurent personne (sauf en sushi). Ce sont de braves petites bêtes.

Ceci dit, si la proximité évolutive était vraiment gage d'affinité, je devrais me sentir plus proche des adéquistes que des oursins, non?

Bernard, le Jeudi 1 février 2007 à 08:11 [permalien] :

Tu n'as pas à t'inquiéter : les adéquistes forment un phylum tout à fait distinct. Les transfuges politiques posent toutefois un problème (le maire Bourque est-il, oui ou non, un vertébré?) qui se rapproche du mystère de l'eucharistie ou du code génétique de Marge Simpson (elle partage l'ADN de Homer), mais gageons que la science n'est pas à bout de ressources et qu'elle élucidera ce point dans les prochaines années.

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