Quelle est, d'après vous, l'activité requérant le plus de minutie, de dextérité et de patience? La broderie? La dentelle? L'horlogerie? L'assemblage d'un modèle réduit ou d'une bouteille impossible? La soudure sur circuit imprimé? La calligraphie sur grain de riz?
En ce qui me concerne, c'est faire la vaisselle le soir alors que la Chouette vient de s'endormir.
Je ne sais pas si les oreilles de l'intéressée sont spécialement sensibles à la gamme 2-8 KHz, ou si le rez-de-chaussée de notre bungalow est particulièrement propice à la transmission des bruits d'ustensiles, mais au moindre entrechoquement, au moindre râclement du fond de l'évier, le dodo de mademoiselle — et par conséquent le quiet déroulement de la soirée de papa et maman — prend le bord.
Comme j'ai la mauvaise habitude de ne pas faire la vaisselle tous les soirs (et de m'exprimer par euphémisme), il finit en général par s'accumuler une bonne quantité de couverts sur le comptoir, près de l'évier (parfois même loin de l'évier, selon le nombre de soirs effectivement sautés — attention les enfants, incurie et entropie forment un cocktail dangereux). Lorsque je décide qu'assez, c'est assez, je dois m'armer d'une bonne dose de courage, de patience et de vin rouge pour régler la question.
Les embûches sont diverses, les chausse-trappes nombreuses, et le fait que la moitié de la corvée consiste à remplir le lave-vaisselle n'y change pas grand chose. Bon, les verres et les assiettes, ça peut toujours aller, c'est relativement macro; en prenant certaines précautions, il y a moyen de les manipuler discrètement, quoiqu'il faille se méfier de la tendance des verres à vin à tintinnabuler sous-marinement (j'entretiens une relation amour-haine avec le cristal de Bohême). Par contre, les casseroles, marmites et autres plaques à pizza, même si elles tombent aussi dans la catégorie macro, sont plus sournoises. Un bref excès de confiance, et DONG!, on heurte le saint-cicroche de robinet de l'évier, avec les conséquences que l'on sait.
Et puis les ustensiles en inox, oubliez ça. Reprendre une fourchette parmi un enchevêtrement de couteaux et de cuillères sans un bruit est un défi plus subtil que le Mikado, et la déposer silencieusement dans le panier à ustensiles du lave-vaisselle rendrait fou un moine bouddhiste (d'où le vin rouge, malgré le paradoxe apparent).
En vérité je vous le dis, je suis heureux d'être un jeune papa doté d'une bonne motricité fine.
La question de la semaine (ou du trimestre, parti comme c'est là) : par curiosité, à quelles acrobaties vous livrez-vous après le coucher de votre descendance?
S'il vous plaît, dessinez-moi un mouton...
Mo, le Vendredi 18 mai 2007 à 16:37 [permalien] :
Hugo, relis ta question.
Par ailleurs, notre progéniture est assez insensible au bruit lorsqu'elle dort. En fait, c'est surtout l'absence de bruit qui pose problème, chez nous.
Fred, le Vendredi 18 mai 2007 à 17:22 [permalien] :
Nous c'est la maison qui craque d'un peu partout. Idéalement lorsque je grimpe à l'étage des dormeurs, j'occupe le côté droit de l'escalier (le moins bruyant statistiquement) je m'appuie sur la rampe et un peu plus haut sur le plancher de l'étage pour minimiser le poids. À l'étage j'ai trouvé le tour de marcher seulement sur les solives du plancher. Le problème c'est que les dites solives sont à 1m les unes des autres...
Nic, le Lundi 21 mai 2007 à 20:19 [permalien] :
Même remarque que Fred (hé, salut Fred!) : je connais par coeur toutes les planches de la salle de séjour.
Hugo, le Mardi 22 mai 2007 à 10:48 [permalien] :
J'en suis aussi arrivé à connaître toutes les sources de bruit du rez-de-chaussée : plancher, portes des chambres et de l'armoire à balai, portes d'armoires (du moins celle du bar), fond du bain (en acrylique), fauteuils du bureau, attaches de velcro de mes sandales et de mon porte-documents, etc. Ophélie est très sensible à tout ce qui ne ressemble pas aux voix de ses parents. Mo, j'espère que tu sais que tu connais ta chance.
Ceci dit, il y a aussi des choses que l'on ne contrôle pas : les fils du voisin d'à côté qui jouent au basketball dans la rue jusqu'à 22 h, les Harley Davidson du même voisin, la Pontiac Grand Am de celui d'en face en diagonale (qui ne démarre jamais sans faire crisser ses pneus, sous peine de perdre sa virilité).
Fred : je t'imagine mal monter cet escalier avec deux verres pleins dans les mains. (Même en plein jour, en fait.)
Mo : tu as l'esprit mal tourné.
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