Tous les jours, de 8 h 30 à 17 h, elle est assise devant un écran d'ordinateur et tape des chiffres et des lettres sur un clavier beige. Des mémos périmés sont piqués sur les cloisons en tissu vert pastel de son cubicule de 2,25 mètres².
Reçu ceci de l'un de nos adminologues ce matin :
Debugging is always harder than programming, so if you write code as cleverly as you know how, by definition you will be unable to debug it.
En tout cas, ça a bien fait rigoler mon développeur Java.
(Ouais, bon, c'est juste pour dire que les vacances sont finies.)
Choc au sein de mon équipe ce matin : j'écoute du yodel en travaillant.
Bon.
Quelqu'un connaît-il un autre truc pour survivre à la grisaille de novembre? Attention, il faut que ça soit rudement efficace, je suis un cas grave.
Comment ne pas se sentir interpellé par une discussion sur le post-it?
J'avoue, oui, j'avoue me livrer à des pratiques répréhensibles, contre nature — inavouables, pour tout dire — en matière de postitage.
13 h 30. Je repose le dernier Louis Hamelin sur la table de cafétéria, près d'un tupperware vide. J'ai terminé le recueil en même temps que mon poulet. Je me sens tout chaud, tout mou; difficile de dire si c'est attribuable à la flaque de lumière quasi printanière dans laquelle je suis assis ou aux pages que je viens de lire.
J'entame en plissant les yeux le petit pot de yogourt vanille qui clôt quotidiennement mon dîner au boulot. Par les immenses vitrines près desquelles je suis installé entre une vive clarté qui arrive droit des bancs de neige massifs qui flanquent mon édifice. Presque ébloui par ce paysage tout blanc, je remarque trois enfants en train de gravir l'himalaya le plus éloigné, de l'autre côté du stationnement des employés.
Les intersections, c'est comme ça, ça va, ça vient. Et puis la vie est cruelle envers elles. Lorsqu'elles s'en vont, on ne s'en émeut pas beaucoup. Tenez, moi, par exemple, j'ai perdu la mienne il y a trois semaines, lors d'un remaniement cubiculaire, et on ne peut pas dire que j'en aie été mortifié. C'est terrible, je sais, vous allez croire que je n'ai pas de coeur, mais qu'y puis-je.
J'ai eu ce matin de la belle visite dans mes fenêtres cubiculaires : monsieur le laveur de vitres est venu enlever à grand renfort d'eau savonneuse la déplaisante crasse qui s'interposait depuis cet hiver entre mon intersection — que dis-je? le vaste monde — et moi.
Au revoir poussière, pollen, résidus de combustion, chiures de mouches et autres particules de matière organique et inorganique! Bonjour clarté nouvelle et précision cristalline du panorama fidéen!
Lors de mon arrivée au bureau, ce matin, mon collègue G***, programmeur de son état, est venu me voir dans mon cubicule, avec la circonspection suspecte de quelqu'un qui a un service à demander.
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