(des idées comme ça)
Je me suis dit comme ça : avant de démolir un album qui n’a rien fait d’autre que de m’emmerder, je vais aller voir ce qu’on en dit sur le ouèbe, quel vitriol les critiques ont déversé sur ses planches, qui à dénoncé un tel gaspillage de papier. Mais non, personne, tout le monde s’emballe au contraire : « ça faisait si longtemps, ça valait la peine d’attendre, c’est un des plus grands moments de la série, c’est si bon de revoir tous ces vieux personnages, il est donc bon, il est donc beau, il est donc profond. »
Le Laborantin, mercredi 30 mars 2005
Visitez la section : Le neuvième ; 2 commentaires
Par miracle, j’ai ouvert l’enveloppe de mon relevé de compte bancaire. J’écris « par miracle », parce que ce n’est pas dans mes habitudes. Je n’aime pas savoir comment j’ai gaspillé mon argent. Ce qui importe, il me semble, c’est le solde. J’ai quand même voulu savoir si l’Employeur m’avait rémunérée : Il est tellement dans les patates, l’Employeur, quand vient le temps de cracher le cash que s’Il n’avait pas été créé par Paul Gérin-Lajoie, ce serait à se demander s’Il ne vient pas de l’Ile-du-Prince-Édouard. Il faut dire que c’est surtout depuis que j’ai eu l’audace de prendre un congé de maternité qu’Il fait dans le parmentier. Car on dirait qu’Il n’a jamais vu ça, un congé de maternité. On dirait même que ça le trouble jusque sur mes relevés de paie, qui me parviennent tout embrouillés d’erreurs et de corrections d’erreurs. Un jour, à cause des bourdes de l’Employeur, j’ai pleuré, au téléphone, auprès d’une fonctionnaire du chômage. On se dit qu’ils font dans le pathos, ces gens-là, qu’ils passent leurs journées à se faire mouiller les oreilles par des sans-le-sou en mal de prestation, eh bien, sachez qu’elle a fini par me prendre en pitié en même temps qu’elle Le prenait grippe, Lui et Ses bordereaux tordus. Elle en a même conclu qu’il serait plus simple pour elle de traiter directement avec Lui…
La Laborantine, mardi 29 mars 2005
Visitez la section : Vices et vertus ; un commentaire
Je grattais vigoureusement ce qui me semblait être la colle ayant retenu au mur la tapisserie de l’entrée, puis des couches de papier inférieurs quand je m’aperçus que le mur s’érodait bizarrement, mettant à nu des empreintes ancestrales : de la peinture à l’eau, diverses couches de plâtre, des opérations mathématiques tracées à la mine… Interdite, je m’arrêtai pour interroger mon rongeur intérieur, celui qui, arborant fièrement casquette et salopette, bricole avec un enthousiasme affirmé.
La Laborantine, mercredi 23 mars 2005
Visitez la section : Babylone ; 7 commentaires
À publier de temps en temps un petit billet, tout en constatant la léthargie dans laquelle semblent plongés mes collègues, particulièrement le Laborantin, qu'on connaît si prolixe et qui se trouve actuellement muselé par l'accumulation d'heures supplémentaires, je me sens comme un étudiant en administration pendant une grève universitaire.
La Laborantine, jeudi 17 mars 2005
Visitez la section : Qui et quoi ; 3 commentaires
M’a-t-on infligé un mauvais sort ? Je crains de ne jamais remporter la victoire contre les photocopieurs de ce monde… Pourquoi moi ? Me fait-on payer mon impatience par un atroce manège ? Subirai-je toute ma vie les pannes d’encre, les engorgements de papier, l’engloutissement, la pulvérisation ou la noircissure de mes originaux, l’ambition démesurée des huit et demi par onze promus par je ne sais quelle machination en format onze par dix-sept, l’entêtement des rectos réclamant un verso, l’insolence des brisures dans la vitre qui, sur la blancheur éclatante du papier, impriment de minuscules mais ô combien désagréables éclats de jais ? À la seule perspective de confronter les machines maudites, j’angoisse, je pompe, j’enrage ! Et c'est sans parler des préjugés : xérophobie, sur une demande d’arrêt de travail, ne fera jamais très sérieux...
La Laborantine, mercredi 16 mars 2005
Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; 2 commentaires
De prime abord, on pourrait penser que c’est surtout la musique de Philippe Katerine qui est accrocheuse. D’aucuns diront même qu’il doit surtout sa notoriété aux musiciens qui l’accompagnent. Il faut dire que les rythmes et les sonorités d’enfer des Recyclers donnent aux chansons de Katerine un petit côté funky qui rappelle les meilleures années de Fred Chichin. Mais cela ne rend pas justice à ce nabot dont la personnalité déjantée suffirait seule à attirer l’attention des médias et du public, comme un trou noir aspire un système solaire
Le Laborantin, vendredi 11 mars 2005
Visitez la section : Paroles et musiques ; un commentaire
La bilingue, francophile mais américaine Chantal est venue me trouver ce matin pour me demander ce que signifiait une expression qu’elle devait traduire en anglais et qu’elle ne connaissait pas : « prendre la poudre d’escampette ». Je lui explique et elle s’en retourne, satisfaite. Mais moi, je me questionne.
Le Laborantin, jeudi 10 mars 2005
Visitez la section : Le mot juste ; un commentaire
Alors que pour les besoins de mon cours, je relisais Tartuffe, la plus achevée des pièces de Molière, son chef-d’œuvre que, personnellement, je tiens pour la fine fleur de l’humour intelligent, j’eus une pensée (involontaire et rapidement chassée) pour George W. Bush :
La Laborantine, jeudi 10 mars 2005
Visitez la section : Des lettres (mais pas de chiffres) ; 2 commentaires
« Alors, avez-vous commencé à rêver ? ». Par cette question que nous avait adressée en riant une collègue d’expérience lors d’un souper de Noël déplacé en janvier et qui par conséquent nous réunissait une semaine avant le début de la session, j'avais découvert que, comme moi, les professeurs les plus chevronnés étaient victimes, les nuits précédant la rentrée, de cauchemars professionnels. Par la même occasion, je découvris surtout, stupéfaite, que ces mauvaises dispositions oniriques ne me passeraient probablement qu'avec la retraite.
La Laborantine, lundi 7 mars 2005
Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; 2 commentaires
Je me souviens du Sommet des Amériques et d’une curieuse rencontre. Ça avait bardé fort tout l’avant-midi autour de la porte Saint-Jean. Aussi, sur l’heure du dîner, après avoir engouffré en vitesse mon sandwich, j’étais allé faire un tour dehors histoire de voir où en étaient les combats.
Le Laborantin, lundi 7 mars 2005
Visitez la section : Terres natales ; aucun commentaire
Je me souviens de la glace noire qui tapissait les routes dans le parc du Bic. Je m’étais arrêté à Rimouski après avoir survécu à la pire tempête de ma vie. Parti de Gaspé en début d’après-midi, cela avait dû me prendre six ou sept heures pour faire un trajet qui n’en demandait normalement que quatre. Rassuré, regaillardi, je m’étais lancé innocemment sur la route, croyant que plus rien ne pouvait m’arriver.
Le Laborantin, samedi 5 mars 2005
Visitez la section : Terres natales ; aucun commentaire
Achevée en 1889, la Gare Windsor était considérée comme « un des joyaux du système de chemin de fer qui mène des Maritimes aux Grands Lacs* », qui mène en fait jusqu’en Colombie-Britannique, puisqu’il s’agit d’un des jalons de ce fameux Grand Tronc qui sillonne le pays d’un océan à l’autre.
Le Laborantin, vendredi 4 mars 2005
Visitez la section : Babylone ; aucun commentaire
Je n'ai peut-être pas été très cohérent hier en publiant d'une part un billet en défaveur d’une institution (l'Académie Française) et, d’autre part, un billet en faveur de l’intelligence menacée (que pourrait représenter l’Académie). Ce billet sera probablement le plus politique que j’écrirai jamais, et certains d’entre vous me jugeront sans doute naïfs ou complètement largués. Tant pis, il s’agit de ma façon de voir les choses, et c’est important.
Le Laborantin, jeudi 3 mars 2005
Visitez la section : Vices et vertus ; 2 commentaires
Je ne sais pas si vous vous intéressez au débat qui suit le billet de la Laborantine, Un sarrau sans décolleté, mais je vous assure que ça chauffe. On en est venu à parler de culture populaire et de tiviréalité. Moi non plus je ne les regarde pas ces émissions, elles ne m’intéressent pas du tout. Mais je ne parviens pas à ignorer le phénomène, parce qu’il me semble qu’il trahit un certain problème de société.
Le Laborantin, mercredi 2 mars 2005
Visitez la section : Vices et vertus ; 10 commentaires
Benoît m’a parlé ce matin du verbe s’avérer et des chicanes de grammairiens concernant son emploi avec vrai ou faux. Il a évoqué le point de vue de l’Académie Française© avant d’aller faire un tour sur leur site pour se documenter. Je l’ai entendu sacrer comme un charretier dans son cubicule (je sais, cubicule est un anglicisme affreux, mais je m’en fous, et foutre c’est vulgaire, mais je m’en tape). Il m’a appelé : « as-tu le temps de venir voir quelque chose ? — J’ai, j’arrive. »
Le Laborantin, mercredi 2 mars 2005
Visitez la section : Le mot juste ; aucun commentaire
Moi aussi j’ai lu Ulysse, la suite de Socrate le demi-chien. Dieu sait que je l’attendais cet album. Il faut dire que le premier tome était remarquable et que le dessin de Blain se mariait merveilleusement avec le texte de Sfar. Ce dernier remettait à Blain un découpage du texte par case, sans aucune indication graphique, ce qui a parfois obligé Blain à lire entre les lignes et à se faire coscénariste autant que dessinateur.
Le Laborantin, mercredi 2 mars 2005
Visitez la section : Le neuvième ; aucun commentaire
Condoleezza, elle trouve que les Canayens ils sont nonos. Ils abandonnent leur souveraineté, qu’elle dit, en laissant aux seuls Zamaricains la responsabilité de décider quoi faire si un missile se dirige vers le sol canayen. Mais Condoleezza, ma petite Rice en chocolat, réfléchis un moment : le jour où les méchants en seront rendus à garnotter leurs pétards intercontinentaux sur Winnipeg ou sur Jonquière, c’est peut-être parce qu’ils auront déjà terminé la job de nettoyage au sud de la frontière canayenne. Or, qui en veut au Canada actuellement, à part les Zamaricains eux-mêmes ?
Le Laborantin, mercredi 2 mars 2005
Visitez la section : Vices et vertus ; aucun commentaire
« À propos d’êtres comme elle, je me suis souvent demandé si c’est le manque d’amour qui les a rendus incapables d’aller au devant des autres, ou si c’est l’incapacité d’aller vers les autres qui a éloigné d’eux l’amour ». Gabrielle Roy
La Laborantine, mardi 1 mars 2005
Visitez la section : Qui et quoi ; 15 commentaires
J’ai scindé la section Lettres et paroles. En d’autres circonstances, je n’aurais pas signalé la chose, celle-ci étant assez évidente ou de peu d’importance (qui se préoccupe vraiment des catégories d’un cybercarnet ?). Mais cette transformation s’inscrit dans un contexte particulier qui mérite qu’on y consacre un petit laïus.
Le Laborantin, mardi 1 mars 2005
Visitez la section : Qui et quoi ; 3 commentaires
Couché sur un matelas
De mégots il écoute
Manhattan sans noir ni blanc :
« I think people should mate for life,
like pigeons or Cat »
Il dit :
« C’est beau comme un radio-roman »
En s’allumant une autre
Dernière cigarette
Le Laborantin, mardi 1 mars 2005
Visitez la section : L'armoire du fond ; aucun commentaire
Je me souviens de Christian qui écoutait, couché sur son matelas à même le sol, la piste sonore de Manhattan, sans les images. « C’est comme un radio-roman », disait-il en s’allumant une autre cigarette.
Le Laborantin, mardi 1 mars 2005
Visitez la section : Terres natales ; aucun commentaire
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