Labo

(des idées comme ça)

J’ai relu l’Avalée des avalées, histoire de vérifier si l’œuvre était aussi antisémite qu’on le disait.

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Le Laborantin, jeudi 30 juin 2005

Visitez la section : Des lettres (mais pas de chiffres) ; aucun commentaire

Hier midi je suis allé vendre des disques compacts. L’acheteur me propose un montant. J’accepte. Les a-t-il tous pris? Non. Il me tend un petit sac contenant trois des rossignols dont je tentais de me débarrasser. Enfer! Tout est à recommencer. Je quitte la boutique en maugréant. Je regagne le métro. Je glisse le paquet à mes pieds en prenant garde à ne pas être vu et je l’abandonne lâchement en quittant la voiture. Personne ne me court après.

J’y pense, il y un paquet de cochonneries qui dorment dans la cave…

Le Laborantin, jeudi 30 juin 2005

Visitez la section : Des problèmes de grands ; aucun commentaire

Il était une fois une princesse un peu sotte mais d’une beauté indicible qu’un ogre avait enlevée et emprisonnée au sommet d’une haute et triste tour gardée par trois centaures inversés. Tous les soirs, pour tuer le temps et oublier sa condition de captive, la princesse dénouait son chignon et peignait patiemment la chevelure qu’elle avait fort longue.

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Le Laborantin, mercredi 29 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 2 commentaires

Mon pays c’est là où vivent les gens que j’aime. Je suis écartelé entre deux villes; Montréal et Québec sont des poteaux de corde à linge, la vingt et la quarante sont les deux câbles sur lesquels vont et viennent certains de mes proches, parfois le sac au dos, parfois conduisant un gros camion de déménagement.

Pour saluer l’arrivée de Marie et Nicolas, le Moteur de Recherche de Cartes dont je Tairai le Nom a fait l’acquisition de nouvelles photographies par satellite dont la résolution est quatre fois supérieure à celle des précédents clichés. Certains quartiers disparaissent sous les nuages, mais c’est très joli comme ça.

Voilà, vous êtes ici.

Le Laborantin, mardi 28 juin 2005

Visitez la section : Babylone ; un commentaire

Je ne devais pas 3000 ducats à Shylock, mais mardi je suis tout de même allé donner une livre de ma chair.

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Le Laborantin, jeudi 23 juin 2005

Visitez la section : Au quinzième ; un commentaire

J’ai jadis avoué en ces lieux que je ramassais les élastiques laissés sur les trottoirs par les facteurs et autres négligents distributeurs de paperasses. Je le faisais de bonne foi, parce que j’avais lu que ces bandes caoutchouteuses menaçaient les populations d’esturgeons noirs vivant en aval. Mais on m’avait trompé : les élastiques de Verdun, comme ceux de Maisonneuve ou du Plateau Mont-Royal ne menacent nullement la faune du Saint-Laurent. Combien de fois me suis-je penché pour rien, risquant le tour de rein ou le ridicule?

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Le Laborantin, jeudi 23 juin 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; aucun commentaire

S’il ne faut pas juger un livre par sa couverture, comme l’affirment les anglos, je soutiens qu'il ne faut pas non plus juger un étudiant par sa copie. Des propos tout inoffensifs récemment tenus par Ginette (non fictif), correctrice de l’Épreuve uniforme de français (communément appelée l’EUF), ont réveillé en moi la vieille guerrière, toujours prête à dégainer son stylo rouge pour se porter à la défense du cancre ! Loin de moi l’idée de m’inscrire en faux contre les plaintes des correcteurs qui ont bien raison de déplorer la mauvaise qualité des copies qu’ils lisent. J’en ai simplement contre les conclusions hâtives auxquelles leurs critiques donnent parfois lieu. C’est plus fort que moi, dès qu’on cause correction de l’EUF, je tiens à prendre la défense des étudiants, probablement parce que je travaille avec les plus faibles d’entre eux dans un collège qui se classe parmi les pires des pires à l'examen ministériel.

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La Laborantine, mercredi 22 juin 2005

Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; 2 commentaires

Sans que l’on sache trop comment, le collègue Benoît et moi en sommes arrivés ce matin à causer ordures et sacs de plastique troués. Une description circonstanciée de son jus de poubelle m’a presque fait recracher mon café. L’eussiez-vous cru? cette horreur a un nom. Le lixiviat (ou percolat) est défini comme un « liquide résiduel qui provient de la percolation de l'eau à travers les déchets. »

Bon appétit.

Le Laborantin, mardi 21 juin 2005

Visitez la section : Au quinzième ; 9 commentaires

Diane, responsable du centre de documentation, a lu (et aimé) Nikolski et l’a refilé à André qui l’a lu à son tour et aimé au point de lire les remerciements à la fin, « chose qu’il ne fait jamais », jure-t-il. André y a vu certain nom qui l’a intrigué et a demandé à Isabelle s’il était possible qu’il y en ait un autre porteur ailleurs. Dubitative, celle-ci a consulté Mélanie qui, avant de se prononcer, a demandé son opinion à Sonia. Bien décidé à en avoir le cœur net, André s’appuie à la cloison de mon bureau et me demande « ce que je fais là ». Pendant que j’explique, les autres rappliquent, tout émoustillées de côtoyer quelqu’un qui connait quelqu’un de connu.

C’est pour ça que la téléréalité est si populaire : en transformant le premier venu en idole, on augmente les chances de monsieur et madame Tout-le-monde de fréquenter les antichambres de la gloire.

Le Laborantin, mardi 21 juin 2005

Visitez la section : Au quinzième ; 2 commentaires

Au début des années 1970, on s’est enfin rendu compte qu’il était malsain de rejeter ses ordures dans les cours d’eau : les enfants qui barbotaient là-dedans revenaient couverts de pustules et les poissons avaient une sérieuse tendance à nager sur le dos. Qui plus est, cela nuisait à l’industrie touristique car les voyageurs délicats fuyaient le Vieux-Port et sa pénétrante odeur de toilette chimique. La CUM a donc décidé de recueillir toutes les eaux usées de l’ile et de les acheminer vers son usine de traitement de Pointe-aux-Trembles grâce à des canalisations géantes : les intercepteurs.

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Le Laborantin, lundi 20 juin 2005

Visitez la section : Babylone ; 5 commentaires

À l’instar de la Librairie Gallimard, qui propose chaque mois des charades littéraires ardues mais fort amusantes, je vous offre ici la mienne…

J’ai possédé mon premier dans le passé;

Mon deuxième m’emmène ailleurs;

Richelieu et Saint-Pierre ne sont pas étrangers à l'importance de mon troisième;

Mon tout est né trop tard mais pas pour un petit pain !

Attention ! vous devez donner une réponse pour chaque étape de la charade (premier, deuxième, troisième et tout).

Notez bien que seuls les Takéfacteurs peuvent remporter Marvin. En revanche, n’importe qui peut être déclaré gagnant du présent concours (en quel cas je refais illico presto une petite charade pour remettre Marvin en jeu)…

Bonne chance !

La Laborantine, vendredi 17 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 13 commentaires

Le C.A. de Takefu tardant à prendre les décisions qui concernent l'attribution de Marvin, demain, à 9 h 00, le destin de notre ami robot sera scellé. C'est un rendez-vous !

La Laborantine, jeudi 16 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 4 commentaires

À Elsie Lefebvre qui laissait entendre que Michou, bénévole à la Croix-Rouge, était intervenue pour casser le monopole de Centraide, Jean Charest, choqué et congestionné, a répondu qu’elle était une « hostie de chienne », ce qui n’est ni poli, ni original, ni digne d’un premier ministre. Eu égard à la violence de sa réaction, et en usant de quelques dollars de psychologie à quinze cennes, on a envie de te demander, mon cher John James, si c’est la vérité qui te choque à ce point.

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Le Laborantin, jeudi 16 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 13 commentaires

Même si cela fait maintenant plus de vingt ans, je me souviens très bien du jour où l'on a retrouvé, dans l’entrée de sable de notre chalet, étendu face contre terre, le cadavre d’un homme abattu de deux coups de pistolet dans le dos. Ce corps inerte, je ne l’ai pas vu. Quand ma mère et moi sommes arrivées au Lac-Beauport, la police l’avait déjà emporté. Comme dans les films, sa silhouette avait été dessinée avec de la peinture en aérosol dans le sable. J'ai cherché à apercevoir des traces de sang, mais n’ai pu satisfaire mon voyeurisme.

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La Laborantine, jeudi 16 juin 2005

Visitez la section : Terres natales ; aucun commentaire

Le collègue Benjamin ayant besoin de je ne sais plus quelle babiole s’était mis sans trop y croire en quête d’un dollorama en plein centre-ville. Je lui ai signalé qu’il y en avait bel et bien un, celui de la sortie Stanley. Il est sorti réjoui, mais est revenu la mine basse. Il avait trouvé sa babiole, mais le monde souterrain qui s’était offert à lui l’avait complètement déprimé.

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Le Laborantin, mercredi 15 juin 2005

Visitez la section : Babylone ; aucun commentaire

Un sans-abri barbu, hirsute et repoussant s’est improvisé portier. Cela n’est pas très original, mais au moins il sourit et ne répète pas inlassablement de petites phrases culpabilisantes du type « merci quand même ». Un jour, il est apparu complètement rasé, vêtu de neuf, presque propre. Rendu hilare par cette métamorphose, il discutait joyeusement avec tous ceux qui s’arrêtaient pour lui donner quelque chose. Puis, la nature a repris ses droits. Après quelques semaines, son visage était de nouveau couvert d’une pilosité qui le transformait en un peu avenant Capitaine Caverne™.

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Le Laborantin, mercredi 15 juin 2005

Visitez la section : Babylone ; aucun commentaire

Le travailleur empruntant la sortie Stanley pour quitter ou gagner le métro n’a guère qu’une cinquantaine de mètres à franchir. Pourtant, une vingtaine de commerces se disputent ces cent mètres de murs. D’un côté, on trouve des locaux normaux; de l’autre, les commerçants ne disposent que de placards fermés par des grilles de fer dans lesquels ils entassent comptoirs, présentoirs, étalages, cafetières, réchauds, fours à micro-ondes et réfrigérateurs.

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Le Laborantin, mercredi 15 juin 2005

Visitez la section : Babylone ; 2 commentaires

Petit matin gris. Un appel dans la langue de Jonh F., bien drôle de madeleine, et les odeurs à venir s’engouffrent ici à l’improviste, corruptrices, insidieuses, psychotropes. Je me déclare pour la journée officiellement nonchalante ; j’errerai d’un parfum à l’autre, tandis que celui de la mer, humide et lénifiant, se collera à tout ce qui sentira bon : sable, bois mouillé, feu de camp, gazon coupé, nylon de la tente chauffée au soleil, Muskol, crème solaire à la rose du petit, gaz du poêle Coleman, toasts grillées au grand air, café filtre, effluves d’épinettes, fruits de mer…

Grande bouffée de vacances.

La Laborantine, mercredi 15 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 2 commentaires

Il ne faut pas confondre la justice, qui est un outil collectif servant à identifier et à sanctionner ceux qui s'écartent des coutumes réputées acceptables, la vérité, qui désigne ce qui est collectivemment reconnu comme authentique et réel, et les faits, qui échappent à tout contrôle, aucune machine n'ayant encore été inventée pour enregistrer chacun de nos faits et gestes et l'œil de Dieu (ou celui du Diable) n'étant qu'une fable racontée par les prêtres pour policer le peuple.

Gardons un œil sur l’antre de la bête.

Le Laborantin, mardi 14 juin 2005

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« Une autre journée de chaleur accablante », la voix de la présentatrice météo trahit sa petite culpabilité à deux cents. On surestime manifestement son importance dans le processus environnemental. « L’alerte au smog est toujours en vigueur. On recommande aux grabataires et aux jeunes tuberculeux de s’enfermer à l’air aseptisé ». Rire stupide. Elle est nerveuse, mais retrouve son aplomb : mercredi, l’air sera plus frais. Sourire de dents blanchies. Elle est fière, cette conne. Se prend pour Dieu le Père, ou quoi ?

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La Laborantine, lundi 13 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 4 commentaires

En faisant mes petites recherches sur chacune de mes terres natales, j’ai été étonné de voir à quel point les noms que nous utilisons pour désigner les lieux sont instables. S’ils perdurent dans le temps, ils ne désignent jamais vraiment tout à fait le même territoire, parce que les lieux grandissent et se transforment, mais aussi parce que la façon que nous avons de les considérer collectivement évolue.

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Le Laborantin, jeudi 9 juin 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 3 commentaires

Je me souviens des endroits où j’ai vécu, ce que j’appelle mes terres natales. J’éprouve une joie puérile à me promener dans les photos satellites de l’Amérique du nord, faisant glisser les images du bout des doigts et parcourant d’immenses étendues, comme si j’étais quelque géant chaussé de bottes de sept lieux, comme si j’étais un cosmonaute survolant à loisir le pays qu’il n’avait jusque-là arpenté qu’au niveau du sol.

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Le Laborantin, jeudi 9 juin 2005

Visitez la section : Terres natales ; aucun commentaire

- Qu'est-ce que tu en penses ?

J’aime surveiller un examen. Les séances d’examen ont ceci de spécial qu’elles donnent droit à la nonchalance. Nul besoin de revoir mes notes avant de m’y rendre, inutile de me presser pour disposer cartable, documents à distribuer et copies à remettre sur le bureau ou pour annoncer les grandes étapes du cours au tableau : du travail, Le Robert et un café suffiront.

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La Laborantine, mardi 7 juin 2005

Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; aucun commentaire

Les mannes se faisaient attendre cette année. Mais dimanche, elles étaient légion sur les bords du fleuve, traversant en nuées la piste littorale, freinant la progression des cyclistes, s’agrippant par dizaines à nos vêtements pour se reposer de leur fornication aérienne. Je ne sais où elles s’étaient réfugiées lundi, mais hier, des milliers de ces petites imbéciles s’entêtaient à donner de la tête contre les fenêtres de la Cité du commerce électronique. Nous leur faisions de grands signes, leur désignant le fleuve loin derrière. Mannes, vous avez si peu à vivre, ce n’est pas à trente mètres d’altitude que vous trouverez l’amour.

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Le Laborantin, mercredi 1 juin 2005

Visitez la section : Au quinzième ; aucun commentaire

Une petite recherche sur le MDRDJTLN ne renvoie guère plus de 23 résultats pour les différentes variantes orthographiques du verbe déguédiner. Si cela nous permet de circonscrire le sens actuel de cette expression (se dépêcher, surtout en parlant d’un déplacement à effectuer), cela ne nous éclaire guère sur son origine.

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Le Laborantin, mercredi 1 juin 2005

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Je me souviens d’un passe-temps de mon enfance. Au camping Lejeune, ma sœur et moi collectionnions les capsules de bières que l’on ramassait un peu partout sur les chemins, dans les fossés, autour des tables de piquenique, sur la plage, partout où des adultes normalement constitué s’étaient immobilisés plus de cinq minutes.

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Le Laborantin, mercredi 1 juin 2005

Visitez la section : Terres natales ; 6 commentaires

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