Labo

(des idées comme ça)

Nous semblons cultiver avec fierté le trèfle, le foin et la mauvaise herbe ; les araignées filent des toiles grandioses dans nos platebandes et dans les fleurs séchées des jardinières ; nous n’avons toujours pas acheté de rallonge électrique pour donner souffle à la pompe de notre étang artificiel, lequel a la délicatesse de dissimuler son eau stagnante sous une nappe de minuscules plantes aquatiques ; notre cabanon menace de rendre l’âme d’ici un an ou deux ; le métal rougit de partout, sur la boîte aux lettres, sur les clôtures avant et arrière et sur les portières de ma petite Hyunday bosselée ; les jours d’orage, la piscine du Laboranteau, à demi dégonflée, se remplit d'une eau sale (et sûrement acide), qui me sert ensuite à abreuver les plants de tomates assoiffés ; cependant, partout les voisins nettoient, arrosent, tondent, astiquent, clouent et sarclent.

Parmi les propriétaires des quatre maisons en rangée dont la nôtre fait partie, nous sommes les seuls à ne pas posséder d'ensemble de patio. Étrangement, nous sommes aussi les seuls à fréquenter notre cour et à y manger. Et j’ai l’impression désagréable que tout cela n’est pas le fruit du hasard, que nous échappons au grand ordre de la propriété, qu'une équation mystérieuse ne nous a pas encore été révélée.

Si je ne détestais pas tant les mathématiques, je tenterais bien quelques calculs dans le catalogue Canadian Tire...

La Laborantine, vendredi 29 juillet 2005

Visitez la section : Des problèmes de grands ; 3 commentaires

Le moteur de recherche d’images dont je tairai le nom a enfin ajouté des images-satellite du monde entier. La résolution de ces photographies varie selon les pays pour des motifs économiques, politiques, tactiques ou religieux que je vous laisse deviner. Par exemple, l’Afrique entière est floue tandis que les photos de nombreuses régions irakiennes présentent une netteté hallucinante.

Une image pour la Laborantine. Pour les autres : essayez de deviner où cette construction est située sans trop étendre la région.

Le Laborantin, mercredi 27 juillet 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 7 commentaires

Enfonçons une porte ouverte : les fourmis sont stupides. C’est normal, elles appartiennent à un ordre animal inférieur et leur petite taille ne leur permet pas de bénéficier d’un cerveau puissant. Pourtant, collectivement, elles accomplissent de grandes choses : nids élaborées, stratifications sociales complexes, élevages d’autres espèces (pucerons), organisation de réseaux de distribution alimentaire, etc.

(Lire la suite)

Le Laborantin, jeudi 21 juillet 2005

Visitez la section : Des problèmes de grands ; un commentaire

Parmi la foire aux malheurs de notre vie de nouveaux propriétaires, on trouve notamment une invasion de fourmis. Le précédent propriétaire nous avait pourtant assuré « qu’il en avait eu, une fois, mais que c’était terminé et qu’elles n’étaient jamais revenues ». Demi-vérité, demi-mensonge… À quelque chose malheur est bon : j’observe avec l’intérêt d’un historien les migrations des diverses populations qui infestent notre foyer.

(Lire la suite)

Le Laborantin, jeudi 21 juillet 2005

Visitez la section : Des problèmes de grands ; un commentaire

J’ai soif de politesse, de galanterie, d’usages, d’égards et de vouvoiement ! J’apprécie sincèrement qu’on m’ouvre la porte, qu’on interrompe un monologue pour s’informer de moi, qu’on ne me questionne pas sur mon salaire ou sur le prix de ma maison à moins que la conversation ne s’y prête, qu’on ne se resserve pas à table avant que tout le monde ait terminé sa première portion, qu’on me laisse le temps de dépasser le gros camion avant de commencer à faire pression sur mon pare-choc arrière, qu’on me fasse des compliments décents qui ne me feront pas regretter l'époque où le bas des jupes frôlait le sol, qu’on ne se mouche pas quand je parle comme s’il s’agissait d’un temps mort à combler par un dégorgement de morve, qu’on prenne le temps de répondre à mes questions quand j’ai perdu dix minutes de ma journée à écouter de la musak, qu’on n’arrive pas à l’avance au souper que j'ai organisé, car je n’aurai pas eu le temps de troquer mes lunettes pour mes lentilles cornéennes ni de récolter les petites culottes qui sèchent sur la corde-à-linge, qu’on me laisse sortir du wagon de métro plutôt que de me charger comme un taureau, qu’on ne me questionne pas sur ma vie sexuelle si j’ai moins de trois consommations dans le corps, qu’on ne me demande pas si je suis menstruée quand je maugrée (de toutes façons, c’est pendant leur spm que les femmes sont susceptibles), qu’on me vouvoie quand on m’aborde dans un commerce et qu’on ne rie pas de moi avec dédain quand je dis « vous » à un commis (- ha ! ha ! tu peux me tutoyer, chus pas vieux !, - c’est très délicat pour les gens que vous vouvoyez, devrait-on répondre).

(Lire la suite)

La Laborantine, mercredi 20 juillet 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; aucun commentaire

31 décembre 2005, il est minuit moins quelques, vous êtes en famille devant la télévision, attendant pour embrasser la belle-sœur, pincer la nièce et essuyer vos mains collantes dans le dos de l’oncle que le traditionnel décompte vous annonce que la nouvelle année est arrivée.

(Lire la suite)

Le Laborantin, mercredi 20 juillet 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 3 commentaires

C’était samedi avant-midi, jour de poisse caniculaire. D’un bon pas, je m’en allais à l’épicerie quérir quelque ingrédient nécessaire à la préparation du dîner familial, vêtue de façon légère et négligée, soit d’une camisole et d’une jupe qui, bien que courte, n’était en rien inconvenante. Sont alors apparus sur une galerie, dans la splendeur de leurs torses nus et dégoulinants, la casquette imbibée de fluides frontaux, deux jeunes ginos sérieusement cuités, bouteille de Labatt Bleue en main. Il fallait s’y attendre en de pareilles circonstances, je me suis entendu interpeller.

(Lire la suite)

La Laborantine, mardi 19 juillet 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; 4 commentaires

Difficile retour au travail ce matin. Même pas foutu d’oublier mes mots de passe – ce qui m’aurait permis de perdre au moins une heure – j’ai donc été obligé de travailler. Et pour lire quoi? Des fautes me direz-vous? Certes, mais les fautes ne me heurtent pas tant que ces erreurs qui prouvent que les gens répugnent à utiliser leur cerveau. Deux exemples.

(Lire la suite)

Le Laborantin, lundi 18 juillet 2005

Visitez la section : Au quinzième ; 4 commentaires

Un chapeau constellé d’épinglettes tente un créneau le long de Wellington. Une fois… deux fois : la manœuvre est fastidieuse. Avec son tube d’oxygène branché dans les narines, papi met du temps à se retourner derrière le volant. Sur la carrosserie de l’antique Pony beige, il a fait peindre des fers à cheval pour annoncer le débit de boisson qu’il tient avec fierté. Surtout, il se vante d’avoir tenu le coup après « 62 ans de mariage ! », là où plusieurs ont échoué.

Devant nous, mamie vient à sa rencontre, voûtée à un mètre au-dessus du trottoir, le visage peinturluré, la chevelure platine et la peau ravinée. Elle porte une corsage mauve sans bretelles sous lequel ballotte impudiquement une antique paire de seins.

Sont-ils encore amoureux ?

La Laborantine, vendredi 15 juillet 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; aucun commentaire

interface DotclearUn autre projet Takefu - propulsé par DotClear - Plagiaires s'abstenir!