(des idées comme ça)
Le collègue Benjamin ayant refusé de fonder un Fight Club, nous nous sommes rabattus sur le sujet des pauvres prénoms en « A », systématiquement massacrés par nos compatriotes, moi le premier. Sa blonde lusitanienne souffre du phénomène, mais également de son contraire : soucieux de bien prononcer, son beau-père en fait trop et l’appelle Sandra comme on dirait « sens les draps ». Je lui demande s’il sait d’où vient ce prénom. S’agit-il d’un diminutif de Cassandra ? Une brève recherche nous apprend qu’il dérive plutôt d’Alexandra et que le nom de la vierge devineresse est fréquemment utilisé comme nom d’artiste par plusieurs Sandra anglo-saxonnes. Une chose entraînant l’autre, j’en viens à raconter l’histoire de Sandro, l’associé de mon coiffeur à l’époque où nous étions domiciliés dans l’Esse. Lors de ma dernière visite en ce temple du poil et de la mise en pli, je constatai que son nom avait été rageusement biffé sur les cartes et les affiches promotionnelles de la boutique. Le patron m’apprit que, fuyant son village d’adoption, ce jeune salaud était retourné chez lui, au Lac-saint-Jean, emportant au passage une partie du matériel du salon. Sandro n’était que son nom d’artiste capillaire. Il s’appelait en réalité Jean-Nicolas Tremblay.
Le Laborantin, jeudi 29 septembre 2005
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Comme certains de mes collègues cyberdiaristes, j’ai considérablement ralenti ma production de billets. C’est que, comme certains le savent, j’ai été très occupé. Mais depuis une semaine que les choses se sont tassées, rien pas de billet. Pas un mot sur notre passage à Nouillorque, pas de critique de la Neuvaine ni des albums de J-P Nataf ou de Mathieu Boogaerts, pas de billet sur les mèches que j’ai achetées pour ma perceuse, rien sur nos nouvelles trappes à fourmi, pas d’éditorial sur cet imbécile de Pierre Bourque qui risque de se faire élire juste en promettant de réparer quelques nid-de-poules ou sur les paranoïaques de Pères pour la justice. Rien, trois fois rien. Les idées ne me viennent plus comme ça.
Je croyais pourtant que c’était comme le bicycle, que ça ne s’oubliait pas.
Le Laborantin, jeudi 29 septembre 2005
Visitez la section : Qui et quoi ; 8 commentaires
Nos plus fidèles lecteurs se rappelleront peut-être un certain billet composé l’hiver dernier à propos d’une garderie de Ville-Émard que le Laboranteau et moi avions visitée et dont la jeune clientèle nous avait paru bien en peine. Or, voilà que ce matin, au terrain de jeux, j’ai été confrontée à l’aile verdunoise de cet établissement que jadis, dans un vif élan de réprobation, j’avais surnommé l’orphelinat roumain –à tort, car je me suis rendu compte que les éducatrices parlent russe.
La Laborantine, vendredi 23 septembre 2005
Visitez la section : Laborenfants ; un commentaire
On voudrait nous faire croire que la gastro-entérite est causée par des bactéries, des parasites ou des rotavirus, mais je n’en crois pas un mot. J’ai une théorie personnelle sur la question. Ceux qui me connaissent depuis un certain temps y verront peut-être la resucée d’un vieux concept, mais il me semble plutôt que je m’approche de jour en jour de la vérité.
Le Laborantin, mardi 20 septembre 2005
Visitez la section : L'armoire du fond ; 4 commentaires
C’est avec Renée-Claude Brazeau que je baptiserai cette nouvelle catégorie, dont l’insigne fonction est de nous éviter ulcères, cancer et maladies de peau, en dénonçant l'insignifiance de notre actuel paysage culturel et politique.
Car, chers lecteurs, il faut que je crache un peu de ce vénim qui menace de m'empoisonner : je ne peux plus voir la publicité de La Fosse aux lionnes sans être prise de spasmes. Je crains d'ailleurs de désarticuler pour de bon notre archaïque fauteuil de velours beige. Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre les cochonnes décérébrées ! Mais quand une femme se mord la lèvre (deux fois plutôt qu’une) en se trémoussant pour annoncer une émission sur l’actualité –à la télé d’État, n’est-ce pas-, je me sens profondément dépassée par l’absurdité de la situation. Un peu comme si Céline Galipeau laissait dépasser son string pour lire les nouvelles.
En attendant l'inévitable, Messieurs, sortez vos mouchoirs : on discutera aujourd’hui de l’ouragan Katrina.
La Laborantine, mardi 13 septembre 2005
Visitez la section : Vices et vertus ; 6 commentaires
Ce matin, c’est dans mon lit que je navigue sur Internet. La prise téléphonique du bas est en panne, le Laboranteau l’ayant achevée d’un bon coup sec sur les fils qui y étaient branchés pour s’attirer l’attention des adultes. D’ici à ce que le Laborantin trouve le loisir d’aller magasiner les prises dans l’envoûtante odeur de caoutchouc du plus proche Pneu Canadien, nous nous rabattrons donc sur la seule autre connexion avec le monde de la maison, celle à côté du lit, celle qui, dans les films, trahit nuitamment les maris infidèles, mais qui chez nous se révèle d’une inutilité des plus rassurante.
La Laborantine, lundi 12 septembre 2005
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Le passage au musée constituait l’une des étapes obligées de notre séjour à New York. J’adore les musées. En fait, j’adore les musées d’art et d’histoire avec un minimum d’envergure, car il faut avouer que leurs homologues locaux et plus modestes -économusée du bois de chauffage, musée d’art contemporain de La Tuque, musée de la turlutute des travailleurs maritimes- n’exercent qu’un très faible attrait sur moi. Or, depuis l’arrivée en ce bas monde de notre adorable Laboranteau, notre seule visite au musée s’était soldée par un échec mémorable. Ainsi, de l’exposition Égypte éternelle tenue l’hiver dernier au MBAM, j’ai surtout retenu ma difficulté à diriger une poussette dans une foule compacte ; je conserve aussi un vibrant souvenir de mon inaptitude à m’informer sur les grandes dynasties égyptiennes avec un petit explorateur en crise dans les bras. Quant au contenu de l'exposition, un grand flou : des scupltures, des tombeaux, des bijoux... À la suite de cette visite manquée, le Laborantin et moi avons convenu de ne plus retourner au musée avec notre progéniture tant qu’elle ne serait pas assez vieille pour apprécier ce qu’elle voyait.
La Laborantine, mercredi 7 septembre 2005
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Dans les toilettes, au quinzième étage de la tour où je travaille, on fait parfois de curieuses rencontres.
Le Laborantin, mardi 6 septembre 2005
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Une belle eau claire filtre des murs et s’étale en lacs peu profonds (les anglais disent shallow, c'est pratique d'avoir un mot juste pour ça) dans le sous-sol. C'est la faute de notre drain arrière. Non pas qu'il soit bouché, en fait, il brille plutôt par son absence. C'est ce que j'ai appris là dernière fois que j'ai appelé le 911 pour signaler une fuite de gaz.
Le Laborantin, jeudi 1 septembre 2005
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