Labo

(des idées comme ça)

Dire qu’à la prochaine session, j’échappe au sempiternel questionnement de mes rentrées en classe : c’est quel Molière qu’on va leur laisser massacrer, cette fois ?

Le cœur bien au chaud depuis que je me sais officiellement de retour au petit collège tout rose, je suis déjà plongée dans mes livres en vue de préparer la rentrée de janvier. J’achève la magnifique biographie qu’Olivier Todd a écrite sur Brel, Jacques Brel, une vie, une oeuvre des plus exhaustive qui se laisse dévorer comme un roman. Sitôt englouti le dernier chapitre -le dessert, qui m'attend sur la table basse du salon-, je me promets de belles retrouvailles avec Prévert, que, pour des raisons qui paraîtraient trop pragmatiques et ennuyeuses à mon lecteur, je n'ai jamais mis au programme d'un de mes cours.

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La Laborantine, mardi 29 novembre 2005

Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; 19 commentaires

La boucane sortant en toute saison et à toute heure des égouts de New York en a inquiété plus d’un. S’agit-il d’air vicié en provenance des tunnels du métro ? D’une pourriture morale affectant du sous-sol de la cité la plus puissante de l’univers ? De l’exhalaison de la métropole intraterrestre forée sous sa jumelle de surface ? De la rencontre entre les canalisations d’eau glaciale et les forges de Vulcain ? Point du tout, il s’agit tout bonnement d’anciennes canalisations de vapeur qui fuient dans les égouts (buvez ici à la source de la connaissance).

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Le Laborantin, mardi 29 novembre 2005

Visitez la section : Babylone ; aucun commentaire

Monsieur X désirait étoffer son curriculum vitae, il crut donc de bon ton de préciser qu’il travaillait selon les règles du manager minute. Si j’avais su ce qui m’attendait au terme de mes recherches, je me serais contenté de laisser son texte comme ça, sans y toucher. Il est des choses qu’on préférerait ignorer.

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Le Laborantin, mardi 29 novembre 2005

Visitez la section : Au quinzième ; un commentaire

Je me souviens de ces forêts d’antennes que l’on apercevait jadis sur les toitures. Bien avant que le précieux câble ne s’insinue dans la plupart des chaumières de notre bonne vieille province de Québec (et incidemment dans l’âme de chaque Canadien-françoys, nous pourrissant de québécoreries, mais cela est une autre histoire), bien avant que la mode des soucoupes de plastoque ne se répande comme une traînée dans la poudre (c’est une image), chaque bungalow, chaque maison en rangée, chaque bloc appartement arborait sur sa toiture, attachée à la cheminée ou montée sur un mat, au moins une (et sinon trois, quatre, « sky is the limit » comme disait Coquerelle) de ces grilles de ferraille qui s’immisçaient dans la trame des ondes comme un pied dans la porte et nous permettaient d’écouter par les longues soirées d’hiver la Soirée du hockey sans trop de parasites ou, par les soirs d’orage, d’être angoissés à l’idée que la foudre ne s’abatte sur cette tentante protubérance conductrice.

Le Laborantin, mardi 29 novembre 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; 3 commentaires

Le collègue Benoit me signale un article sur le blogue des Amoureux du français. On y dit, en gros, que si vous voulez faire passer votre message, il est mieux de faire des phrases courtes, car le lecteur moyen a une capacité d’absorption de l’information limitée. J’ajouterais, à l’intention de ceux qui ont une capacité d’organisation de l’information limitée (ce qui est le cas de la plupart des auteurs que je révise), qu’il est mieux de s’en tenir au strict minimum et qu’on se trompe rarement en s’en tenant à ce bon vieux classique : sujet-verbe-complément.

C’est le « steak-blé d’Inde-patate » de la langue, mais certains, à l’instar de Thérèse, n’en sont même pas capables.

Le Laborantin, mardi 29 novembre 2005

Visitez la section : Le mot juste ; un commentaire

Je me souviens de notre grande maison au Lac-des-Aigles. Dans ce qui n’était d’abord qu’une cave humide, mon père nous avait aménagé des chambres à moi et à ma sœur (et sans doute d’autres pièces, mais de ça je n’ai aucun souvenir). Je me souviens du bétonnage du sol, des squelettes de murs en 2x3 dans lesquels le Nomme avait passé le filage, je me souviens de ces rondelles électriques grosses comme des trente sous arrachées à grand coup de tournevis aux boites électriques. Je me souviens surtout des araignées à grandes pattes, ces horribles faucheux, que je découvrais au réveil stationnées par paire sur les murs vert pâle de ma chambre. Terrorisé à l’idée qu’elles n’envahissent ma bouche pendant mon sommeil, je m’ensevelissais sous les couvertures, même au plus fort de la canicule estivale. Aujourd’hui encore, je ne me suis pas tout à fait débarrassé de cette peur, et j’ai besoin de sentir le poids réconfortant des couvertures pour me laisser aller en paix au sommeil.

Le Laborantin, jeudi 24 novembre 2005

Visitez la section : Terres natales ; 12 commentaires

Pourquoi un blogue ? Interrogation moult fois entendue et dont hier encore nous discutions, quatre takéfacteurs d’entre nous, entre une gorgée de bière et une bouchée de fajitas.

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La Laborantine, jeudi 24 novembre 2005

Visitez la section : Qui et quoi ; 3 commentaires

Une fois le soleil couché et l’heure de pointe passée, les garçons vachers de Babylone enfourchent leurs métalliques montures et s’élancent à des vitesses folles sur les routes de la région. Rouler à 160 km/h n’est pas immoral tant qu’on ne se fait pas prendre, et ce n’est pas non plus dangereux tant qu’on sait conduire. Il va sans dire que cette connaissance n’a rien à voir avec l’expérience ou la sagesse, mais est plutôt liée au fait d’avoir moins de 23 ans et d’arborer une casquette (à Québec, il faut ajouter l’autocollant Liberté-Radio X).

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Le Laborantin, jeudi 24 novembre 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; aucun commentaire

Petit matin pas chaud au parc Richard (aucun lien de parenté), aux abords du fleuve, devant l’Île-des-Sœurs dont j’admire pour la première fois de la saison les rives enneigées. Le Laboranteau a l’air du bonhomme Michelin, avec sa salopette qui fait chuite-chuite, sa doudoune rouge et son bonnet à oreilles en polar. Il lui reste encore tout l’hiver pour apprendre à manœuvrer au travers des multiples épaisseurs de textile la semelle épaisse de ses bottes lunaires ornées sur le bout d'une bande réfléchissante, qui semble avoir été apposée là pour lui indiquer le chemin de ses pieds. En attendant, il peine à se redresser, quand, après avoir glissé sur une plaque de givre ou trébuché contre un monticule de sable gelé, il se retrouve étendu sur le dos, les yeux fixés sur la voûte céleste, ne sachant trop s’il doit trouver du courage ou de l’aide. Sa stratégie la plus efficace consiste à lancer mon nom dans l’air, sans direction précise, comme une fusée de secours en mer, un de ces « maman ? » où retentit un microscopique accès d’angoisse auquel je ne peux refuser rien.

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La Laborantine, mercredi 23 novembre 2005

Visitez la section : Laborenfants ; aucun commentaire

Je me souviens qu’étant petit, mes parents chantaient parfois le soir une berceuse de Passe-Partout : « La nuit court après le jour, le jour court après la nuit ». Ça vous rappelle quelque chose ? Je revois les stores fermés et la pénombre dans ma chambre, j’éprouve sous ma paume la texture et la chaleur de mon couvre-lit et, pour peu que je ferme les yeux, je sens presque le réconfort que j’éprouvais à l’écoute de cette chanson toute simple. Aujourd’hui, quand il m’arrive de coucher le laboranteau, je ne manque pas de lui chanter les bribes qui me restent de cette berceuse. Cela me donne l’impression de pouvoir rendre enfin ce qui m’a été donné jadis. Ainsi, à chaque fois, je m’imagine à la place du laboranteau, pelotonné dans son petit lit entre ses peluches et ses couvertures, dans un monde où les parents sont là pour nous dire que tout va bien.

Le Laborantin, mercredi 23 novembre 2005

Visitez la section : Terres natales ; 3 commentaires

J'ai appris, au détour d'un paragraphe, que le Laboranteau était une conséquence et non un hasard de la vie :

« Pour faire des bambins, il faut être amoureux et, bien sûr, avoir des rapports sexuels avec l'être aimé, donc l'un ne fonctionne pas sans l'autre ».

La Laborantine, mardi 15 novembre 2005

Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; un commentaire

Petite trouvaille du jour, en conclusion d'une analyse littéraire maintenant recouverte de rouge :

« En vain, c'est tout ce que j'ai dit là qui fait de Clitandre un honnête homme ».

À bien y penser, je n'aurais pas dû retrancher de points pour l'emploi de ce marqueur de relation inusité, certes, mais ô combien adéquat !

La Laborantine, mardi 15 novembre 2005

Visitez la section : Dans l'ombre du rétroprojecteur ; aucun commentaire

(Rappelons qu'en plus du tout, les quatre propositions de la charade doivent être identifiées correctement. Bonne chance !)

(Et oui, tout le monde peut participer -même Mélanie !)

On enduit mon premier pour l’allonger.

Mon deuxième est un coup d’épée dans l’eau.

Mon troisième peut être objet.

Mon quatrième est un illustre flâneur.

Mon tout s’est représenté dans son plus simple appareil errant en Afrique subsaharienne.

La Laborantine, lundi 14 novembre 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; 23 commentaires

Je ne veux plus entendre PKP ou l’un des sbires à sa solde se vanter que Quebecor (sans accent aigu) est le seul rempart protégeant la culture québécoise contre l’impérialisme américain. Quebecor est un empire comme les autres, certes plus petit que ses rivaux américains, mais qui se bat d’abord et avant tout pour protéger ses intérêts avec des tactiques guère plus avouables (concentration horizontale et verticale, rachat de la concurrence, etc.).

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Le Laborantin, lundi 14 novembre 2005

Visitez la section : Paroles et musiques ; un commentaire

Lorsque jadis j’ai fait l’apologie de 8e ciel, je pouvais encore étayer mon argumentation en vantant l’onirisme envoutant des paroles, la simplicité des mélodies ou la richesse des orchestrations. De tout ça, il ne reste rien, et Robots après tout s'avère néanmoins tout aussi rrésistible qu'insupportable.

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Le Laborantin, lundi 14 novembre 2005

Visitez la section : Paroles et musiques ; un commentaire

Nous avions annoncé, par le biais d'un commentaire sur métakefu, qu'il y aurait aujourd'hui concours pour remporter Marvin, mais notre horaire trop chargé nous oblige à remettre notre petite charade à demain, mardi, même heure (10h00), même poste (zici).

Soyez-y !

Rappelons que tout le monde est libre de participer, mais que seul un takéfacteur peut remporter Marvin. Nous tenons à notre petit robot !

La Laborantine, dimanche 13 novembre 2005

Visitez la section : L'armoire du fond ; un commentaire

M’en revenant de m’entraîner samedi matin, le mollet allègre mais fourbu, je marchais sur Wellington dans la brume fraîche, l’esprit à des lieux de tout ce qui m’entourait, fouillant dans le répertoire peu garni des pièces grivoises que je connais, en vue de mettre quelques-unes de ces coquines au programme du cours sur la poésie et la chanson que je donnerai à la session prochaine. Il y avait bien sûr L’amour est cerise de Ferrat, Les Nuits d’une demoiselle de Colette Renard, puis, Pierre Perret me venant à l’esprit, tout juste entamais-je intérieurement son célèbre et phallique refrain : « Tout tout tout / Vous saurez tout sur le... », quand j'ai été interrompue par un quinquagénaire décati, le foulard orné d’un coquelicot de feutrine, m'abordant avec son plus jaune sourire :

- Mademoiselle, la vie n’est pas si sérieuse !

- Pardon ?

- Vous êtes trop sérieuse.

- Dites plutôt que j’ai l’air bête. Et puis, comment pouvez-vous savoir si je suis sérieuse ? Vous ne me connaissez pas !

- Oui, mais j’aimerais ça vous connaître, parce que vous êtes jolie !

- C’est une mauvaise raison. Au revoir, Monsieur.

Et j’ai poursuivi mon chemin avec l’envie de châtrer de l’andropausé ô gué ! ô gué !

La Laborantine, mercredi 9 novembre 2005

Visitez la section : Paroles et musiques ; un commentaire

Au quinzième étage de la tour où je travaille, il y a consensus au sein de l’équipe à propos de la meilleure blague du monde : « C’t’une fois un gars qui rentre d’un bar pis qui sort de l’autre. » « Simplicité et efficacité » souligne le collègue Benoit. « Il n’y manque que la structure en trois parties, ajouté-je. » On imagine l’histoire: un type entre dans le bar, commande une bière, un autre entre et drague une fille tandis que le troisième ne fait qu’entrer et sortir. Le collègue Benjamin propose un mélange avec la deuxième meilleure blague du monde : « Pet pis Répète entrent dans un bar. Pet sort de l’autre, qui qui reste ? »

Le Laborantin, mardi 8 novembre 2005

Visitez la section : Au quinzième ; 2 commentaires

Assurément, il y a quelque chose qui cloche à Québec.

Après la mascarade de la liberté pour sauver Jeff Filion, voilà que Madame Boucher (Mairesse de son prénom) est invitée à trôner à l’Hôtel de ville de Québec. Cette femme est pourtant folle à lier. Il suffit de la regarder cinq minutes ou de l’écouter 35 secondes pour s’en convaincre.

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Le Laborantin, lundi 7 novembre 2005

Visitez la section : Vices et vertus ; 6 commentaires

Rapide visite la semaine dernière au salon funéraire afin de témoigner un peu de sympathie à une amie qui en a bien besoin, son père ayant rendu l’âme il y a peu après une longue agonie. Or, notre visite terminée et empruntant un ascenseur que je n’avais pas remarqué à l’arrivée, nous avons débouché droit sur un columbarium que je pris d’abord pour une boutique mortuaire avec ses petites vitrines, ses urnes de tous formats -bien qu’on en distinguât de la même série-, ses portraits d’inconnus, enfin avec son éclairage étudié et sa dorure pompeuse dont la fonction ne pouvait être que d’insuffler un peu de solennité à l’endroit. Une boîte de kleenex déposée sur une table basse me détrompa assez rapidement, et j'entrevis alors qu’il s’agissait bel et bien d’un lieu de recueillement.

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La Laborantine, mardi 1 novembre 2005

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