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(des idées comme ça)

L'oisiveté est la mère de tous les vices

J’ai percé le code de la machine à café, dans la cuisinette au quinzième étage de la tour où je travaille. Je l’ai haqué pour ainsi dire. C’est, à n’en pas douter, le début tardif d’une longue carrière vouée au crime.

La plupart des machines électroniques modernes sont contrôlées par un ordinateur banal dont l’interface est spécialisée à l’extrême – on pourrait dire atrophiée : pas d’écran couleur 860x1024, pas de clavier à 105 touches, pas de souris, pas d’enceintes acoustiques, pas de prise pour un casque d’écoute, pas d’accès haute vitesse à l’internet, pas de câble réseau. La machine à café de la cuisinette ne dispose guère que d’un écran à cristaux liquides à affichage par pixel (32 caractères de 5x9 pixels) et un jeu de 15 boutons-poussoirs monofonctionnels, dont trois ne se sont vu attribué aucune fonction.

Dans la plupart des cas, une combinaison de touches précise charge une interface d’administration rudimentaire, laquelle permet de consulter quelques statistiques, d'ajuster le prix des articles ou de modifier les textes affichés. Ces deux dernières options sont en général (mais pas toujours) désactivées par les revendeurs lors de l’installation des machines.

J’ai percé le code de la machine à café – la belle affaire : la plupart des fonctions intéressantes sont désactivées et, de toutes façons, le café est gratuit. Je n’ai accès qu’à des informations banales : la température de l’eau (93 degrés Celsius), le nom du fabriquant (VKI Technologies), le modèle de la machine (Suprema 6.3 F) et le nombre total de services (20019, mais on ne sait pas depuis quand le compteur roule).

Cette dernière information me permet de savoir qu’il ne s’est guère servi plus d’une quinzaine de boissons chaudes dans la cuisinette aujourd’hui, confirmation éclatante de la désaffection des bureaux, les travailleurs quadricentquinquais étant demeurés en masse à la maison, pour pelleter et s’occuper de leurs enfants en congé forcé à la veille de la semaine de relâche.

Ce billet no 455 a été écrit par Le Laborantin
le vendredi 2 mars 2007 et publié dans la section « Au quinzième » (rss)

Commentaires

1. Le vendredi 2 mars 2007 à 13:22 précises, Le Laborantin a enregistré le commentaire suivant :

Les claviers 105 touches, un standard de Windows, ont la particularité de comporter deux maudites touches Windows. À propos de ces touches, Roland Trique, auteur du parfois utile Jargon Français (dictionnaire informatique en ligne : http://www.linux-france.org/prj/jargonf/C/clavier_105_touches.html), affirme :

« La seule utilité de ces touches est de réduire la taille des touches Control et Alternate, tout en provocant d'innombrables erreurs de manipulation (…). L'objectif probable de Microsoft étant, selon certains, de ralentir la frappe des programmeurs concurrents »

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