Richard Langlais, candidat péquiste dans Verdun - Post scriptum du 19 mars
Ce matin, le hobbit attendait de nouveau les voyageurs à la station Verdun. Cette fois, il ne coinçait plus les gens en bas des marches, il les attendait, stationné de l’autre côté des tourniquets, comme s’il avait voulu montrer qu’il était capable de passer la clôture, de se mettre de notre bord.
Les pommettes rouges, la moustache bien peignée, il arborait de superbes bretelles bleues et un sourire propre à faire sortir le vote par anticipation. Son authentique bonne humeur avait de quoi surprendre au milieu de tous les endormis sous-caféinés s’en allant piteusement gagner leur pitance.
Je suis passé tout droit, fixant un point d’intérêt imaginaire (comme on le fait si peu subtilement quand on croise un quêteux et qu’on ne veut ni être attendri ni se sentir coupable). Je me suis alors remémoré les transcendantes paroles échangées lors de notre première rencontre (« Tiens, vous existez vraiment ? — Euh, oui ») et je me suis dit que je ne pouvais pas laisser les choses en l’état. J’ai fait demi-tour et je lui ai souhaité de gagner ses élections. Il m’a remercié et m’a tendu la main. La main nue.
Ce billet no 462
a été écrit par Le Laborantin
le
lundi 19 mars 2007 et publié dans la section « L'armoire du fond »
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