Labo

(des idées comme ça)

David Fennario, candidat de Québec Solidaire dans Verdun

David Fennario est plus connu comme dramaturge que comme politicien. Sa pièce Balconville est présentée comme un classique de la scène québécoise, on dit même que c’est un des plus grands succès de l’histoire de la scène montréalaise. La pièce connut effectivement un grand succès critique et d’audience lors de sa création en 1979, puis en 1992 au Centaur Theatre, à deux pas des anciens bureaux où je travaillais jadis dans le Vieux-Montréal. Indice probant de la perméabilité des deux solitudes ou de mon inculture, je n’avais jamais entendu parler de Fennario l’auteur avant de m’intéresser à Fennario le candidat.

Aux élections de 2003, David Fennario s’est courageusement présenté dans Westmount-Saint-Louis sous la bannière de l’UFP. Il a été évidemment battu à plate couture par Jacques Chagnon et, en dépit du fait qu’il est anglophone et qu’il bénéficiait de l’appui de la CSN, il n’a obtenu que 3,1 % des votes, un peu moins que le candidat adéquiste (ça, il faudra qu'on m'explique).

M. Fennario ne s’attend certainement pas à vaincre non plus dans Verdun, mais à la différence de beaucoup de politiciens, il n’a pas besoin d’être élu pour agir. Originaire de Verdun (où il réside aujourd’hui), il a grandi dans Pointe-St-Chrales et s’est toujours impliqué dans le milieu communautaire. Sa cause actuelle est la lutte contre la gentrification des quartiers du sud-est de Montréal. C’est d’ailleurs le propos de sa dernière pièce, Condoville, qui n’a pas, comme on pourrait le croire, été écrite spécialement pour cette campagne électorale, bien qu’il en ait donné une lecture publique récemment. Créée en 2005 (toujours au Centaur Theatre), la suite de Balconville a été aussi acclamée par la critique.

Québec Solidaire Verdun a son propre site où l’on trouve des informations pratiques concernant la cellule locale du parti, et surtout un « Bulletin de liaison » (en format PDF). Malheureusement, on y pratique l’imbuvable féminisation par la majuscule (comme dans « Avis aux intéresséEs »).

Cette approche locale de la politique m’est très sympathique. Québec Solidaire est un parti de gauche, mais il s’agit d’une gauche basée sur une démocratie participative, et non sur un état centralisateur et contrôlant. C’est une des façons les plus honnêtes de faire de la politique, mais c’est notamment pour cette raison que Québec Solidaire ne fera élire aucun candidat. Au Québec, pour qu’un politicien soit porté au pouvoir, il ne lui suffit pas d’être honnête ou de défendre le meilleur programme qui soit, il doit être aimé du peuple. Et pour être aimé du peuple, il faut passer à la télévision.

Bienvenue à Salonville.

Ce billet no 465 a été écrit par Le Laborantin
le mercredi 21 mars 2007 et publié dans la section « L'armoire du fond » (rss)

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

N'oubliez pas que les commentaires anonymes risquent d'être détruits sans autre forme de procès. Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte, les adresses internet seront converties automatiquement.

interface DotclearUn autre projet Takefu - propulsé par DotClear - Plagiaires s'abstenir!