Labo

(des idées comme ça)

D

Assez, c’est assez. Je ne détruirai pas le Labo, mais dorénavant, je ne l’alimenterai plus. Ce blogue d’archives se desséchera lentement, abandonné aux visiteurs de passage affirmant que « jamais on ne corrompt le peuple mais souvent on le trompe », recherchant des « gens célèbre au nom de roxanne » ou « la meilleure blague au monde », se demandant « quelle est la capitale de la Belgique », « pourquoi beaucoup de gens aiment-ils lire des autobiographie », « pourquoi on prend des vacances » et surtout « pourquoi le bouleau jaune ».

Si vous y tenez vraiment, accompagnez-moi maintenant à la Fabrique.

Le Laborantin, dimanche 20 mai 2007

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On se lasse de la destruction pure, disais-je. Permettez-moi de changer d’avis. Ou plutôt, d’apporter une nuance : on se lasse de la destruction continue des mêmes choses. Variez le site ou l’objet de la destruction, et vous pourrez poursuivre longtemps votre œuvre de mort, poussé par le sentiment créatif de l’exploration, de la découverte (sentiment cher payé, j’en conviens, car la connaissance passe par la destruction de la chose). Mieux, alternez épisodes de chaos et d’ordre, détruisez un mur de la salle de bain, repeignez la cuisine, arrachez une souche et nouez des tuteurs pour vos framboisiers. Vous aurez alors un tant soit peu l’impression de faire votre part dans notre lutte collective contre le second principe de la thermodynamique, principe que Woody Allen résume ainsi (dans Husbands and wives je crois) : « tôt ou tard, tout finit par se transformer en merde ».

Détruisez un blogue et créez-en un nouveau.

Le Laborantin, lundi 14 mai 2007

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Le plâtre sur lattes est resté très populaire en Amérique du Nord jusqu’aux années 1950. Puis, à la faveur du développement des banlieues, un matériau produit industriellement a pris sa place : le Gyprock™ que les Français nomment plaque de plâtre (plasterboard), Placoplâtre™ou placo, mais que, selon l’OLF, nous devrions plutôt appeler cloison sèche (drywall). Le plâtre a une histoire intéressante et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’une plaie moderne ayant délogé des matériaux plus nobles.

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Le Laborantin, dimanche 13 mai 2007

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J’ai dû ouvrir une des lampes-tétons de notre vaste hall d’entrée afin de changer une ampoule et d’éclairer le théâtre d’une destruction connexe.

Pris dans une toile étiolée, l’exosquelette complet d’un scutigère, chose étonnante car de ces centipèdes on ne surprend jamais qu’un mouvement furtif, ou, si on parvient à les écraser, guère plus qu’une trace tant cette bête tout en pattes et en antennes se compose de peu de matière pleine.

Au fond de la lampe, une minuscule araignée, architecte présumée de la toile susmentionée, tout aussi morte que sa victime, mais entière, comme une petite bille de plastique noir, momifiée, morte de faim sans doute, ou alors d’indigestion après son ultime festin.

J’ai vissé une nouvelle ampoule et refermé cette chambre nuptiale funéraire.

Le Laborantin, samedi 12 mai 2007

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Après la sauvage destruction d’un mur, je ramassais les monceaux de débris à l’aide d’un porte poussière dont je déversais ensuite le contenu dans une chaudière de plastique (pour les curieux, il s'agit d'un contenant de seize litres d'huile de canola de marque Golden — sans cholesterol). À chacune de ces petites pelletées, un nuage de plâtre s’élevait jusqu’à une hauteur d’au moins cinquante centimètres.

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Le Laborantin, vendredi 11 mai 2007

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Ce n’est pas moi qui vais reconstruire notre salle d’eau. Je n’ai malheureusement pas les compétences nécessaires au ramenchage de tuyaux, au racointage de plaques de diverses épaisseurs, à l’isolation d’un mur ou au raboutage de fils électriques. Mais je tenais à tout défaire moi-même, non pour m’adonner au plaisir de la destruction (car de cela, je l’ai dit, on se lasse), mais afin de connaître ma maison, de savoir ce qui se cache dans l’équivalent de son inconscient.

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Le Laborantin, jeudi 10 mai 2007

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Par lâcheté, par économie ou parce qu’on croit que la théorie de l’oignon s’applique autant aux murs qu’aux vêtements, il est d’usage courant, lorsqu’on rénove un appartement, de poser les nouvelles surfaces par-dessus les anciennes. Ce qui peut, par exemple, donner la séquence suivante : pièce sur pièce, papier noir, poteau mural, latte, plâtre 1917, peinture, plâtre 1944 badigeonné (avec effet texture), peinture, placoplâtre, peinture, placage, tuile.

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Le Laborantin, mercredi 9 mai 2007

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En soulevant murs et planchers d’une maison quasi centenaire, il arrive qu’on trouve divers objets celés là par quelque travailleur facétieux ou par l’apprenti un peu lâche qui ne trouvait pas la poubelle.

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Le Laborantin, mardi 8 mai 2007

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Hier, premiers coups de barre à clous et de marteaux. Arrachage des tuiles couvrant le plancher et les murs, parfois simplement en poussant le pied-de-biche, de vastes plaques de tuiles levant d'un seul coup, parfois une tuile à la fois, au marteau et au burin, comme un sculpteur, sans savoir pourquoi les unes sont plus résistantes que les autres. Imaginez le plaisir à détruire d'un coup de pied, d'un coup de main, avec ou sans outils, des meubles que vous habitez depuis deux ans et que vous haissez depuis presque aussi longtemps.

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Le Laborantin, lundi 7 mai 2007

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J’espère ne révéler aucun secret en écrivant ici que mon ami Benjamin aime bien se réfugier dans le bois. Bien que je ne m’y adonne pour ainsi dire que très rarement, que je sois facilement débordé par la logistique de la vie rustique et que j’aie horreur des moustiques (sans parler des araignées ou des racounes), j’éprouve dans les bois le sentiment d’être à ma juste place.

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Le Laborantin, mercredi 2 mai 2007

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