Démolition du Labo – La vie d’un cheval en 1917
Le plâtre sur lattes est resté très populaire en Amérique du Nord jusqu’aux années 1950. Puis, à la faveur du développement des banlieues, un matériau produit industriellement a pris sa place : le Gyprock™ que les Français nomment plaque de plâtre (plasterboard), Placoplâtre™ou placo, mais que, selon l’OLF, nous devrions plutôt appeler cloison sèche (drywall). Le plâtre a une histoire intéressante et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’une plaie moderne ayant délogé des matériaux plus nobles.
Dans la Confédération du Plateau, l’immense majorité des maisons et appartements développés avant-guerre (Rosemont, Villeray, Mercier, Pointe-St-Charles, Verdun, etc.) a été pourvue de cloisons intérieures en plâtres sur lattes. Cela donne quoi ? À vue de pif cent mille unités de logements, quatre cent mille pièces, un million de cloisons, six millions de mètres carrés de surface, soixante mille mètres cubes de plâtre composé principalement de gypse pulvérisé et de crin de cheval afin d’augmenter la solidité les cloisons.
Impossible d’estimer le nombre de chevaux nécessaires pour répondre aux besoins de la construction. L’industrie faisait sans doute appel aux cultivateurs de toute la province. Je me plais toutefois à imaginer qu’on entretenait, à distance raisonnable de la ville, un haras de bêtes sélectionnées spécialement pour la longueur et la force de leur crin, de chevaux bichonnés, traités aux petits oignons, dont le menu était composé d’aliments favorisant la kératinisation, de palefrois brossés, champouinés, épucés, d’équidés respectés, aimés, adorés, quasi divinisés.
Puis une fois l’an on rasait ces canassons.
Ce billet no 498
a été écrit par Le Laborantin
le
dimanche 13 mai 2007 et publié dans la section « L'armoire du fond »
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