Labo

(des idées comme ça)

L’humanité est condamnée à disparaître. Que son activité effrénée précipite sa chute ou qu’un élan de vertu planétaire la retarde, cela ne change rien à la fatalité qui veut que, tôt ou tard, nous nous éteignions, comme des millions d’espèces avant nous. Rien de personnel là-dedans, c’est purement mathématique. Certes, nos facultés d’adaptation et notre cervelle disproportionnée font de nous des durs à cuire et il faudra une bonne secousse pour nous balayer complètement de la surface de la planète ; mais inévitablement, nous frapperons un jour un os que nous ne pourrons pas avaler.

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Le Laborantin, dimanche 11 février 2007

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L’Observatoire de Paris est décidemment bien achalandé. En plus du Bureau international de l’heure, on y trouve aussi le Service international de la rotation terrestre et systèmes de référence (on utilise l’acronyme anglais, IERS). Ce sont les gens de l’IERS qui mesurent la vitesse de rotation terrestre et envoient des courriels à nos amis du Bureau de l’heure pour les avertir d’ajouter une seconde par-ci, par-là, comme par exemple lors du dernier tsumani en Asie du Sud-Est ou, il y a une quarantaine d’années (et gageons qu’à l’époque ils ont plutôt envoyé une note de service), après la complétion des travaux de l’usine marémotrice de la Rance, en Bretagne.

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Le Laborantin, vendredi 3 novembre 2006

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Le Laboranteau fait des tours avec des blocs. Passée une certaine hauteur, elles s’écroulent ce qui, compte tenu de l’état de ses connaissances en physique intuitive et en génie civil ludique, est tout à fait normal. Avec les années, il réinventera l’étai, l’arc-boutant et autres techniques visant à solidifier les structures verticales. Mais viendra un moment où la technique nécessaire lui demandera plus d’efforts qu’elle ne lui procurera de plaisir. Après avoir joué un moment à bâtir la tour la plus haute possible, il abandonnera les ruines d’un énième projet et ira jouer dehors.

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Le Laborantin, mercredi 31 mai 2006

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Je dois m’y faire : « Che nous », c’est Montréal. C’est che nous même si je n’ai pas laissé une partie de ma jeunesse et de mon foie dans ses bars, même si je n’y ai pas fait les 400 coups en bicyclette, même si ça pue, même si je n’ai pas l’accent, même si l’on souffre ici d’un cruel manque de grands-parents pour garder le Laboranteau le mercredi soir quand on aurait envie de se faire une soirée pop-corn-navet-sur-grand-écran. Un mot tout de même sur Québec, cet autre che nous, dans le cadre de cette série sur les manifestations architecturales de l'orgueil humain.

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Le Laborantin, mercredi 24 mai 2006

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Lecteur montréalais, rassure-toi, le bâti ni le sous-sol de la ville aux mille clochers ne se comparent en ceux de TaiPei : aucun édifice du centre-ville ne menace la stabilité géologique de la région (pour faire une expression à la mode, on pourrait dire que la « sécurité géologique » des rond-de-cuir est assurée)

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Le Laborantin, mercredi 24 mai 2006

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Dans le cadre d’une série sur les plus haute structures humaines, il est impossible de passer sous silence l’ascenseur de l’espace. Avec ses 144 000 kilomètres, l’ascenseur ne tolère aucune rivale au titre de structure la plus élevée…

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Le Laborantin, mercredi 17 mai 2006

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Je me souviens avoir perdu plusieurs heures de ma vie dans d’interminables parties de SimCity. La plupart du temps, Bernard City ne dépassait guère l’envergure de Victoriaville, avant de péricliter en un Val-Jalbert même pas digne d’une partie de SimTourisme. Quand je parvenais à bien doser les ressources naturelles, les infrastructures, les facteurs socio-économiques, etc., ma cité envahissait tout l’écran et, passé un certain niveau de postérité, on m’offrait la possibilité de construire des arcologies. Les premières n’étaient jamais que d’immenses cages à poule géantes, noires, sales et polluantes, mais de nouveaux modèles s’ajoutaient bientôt, élégants et écologiques. Mon grand plaisir consistait, quand j’avais réussi à construire quelques-uns de ces magnifiques champignons de verre et de métal, à raser les quartiers résidentiels et commerciaux environnants et à créer de gigantesques parcs autour de ces cités intégrées. C’était beau… La criminalité montait en flèche et la populace menaçait de me destituer, mais c’était beau.

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Le Laborantin, mardi 16 mai 2006

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Vous croyez, depuis un voyage pédagogique à Toronto organisé en 1989 par votre professeur d’anglais, que la plus haute structure du monde est la tour du CN avec ses 553 mètres. Erreur ! Sans compter le Burj Dubaï qui devrait, lorsqu’il sera complété, s’élever à plus de 700 mètres, trois autres structures dépassent l’emblème de la Ville-Reine : une antenne de télévision au Dakota (629 mètres), mais surtout – et ça va peut-être vous étonner – deux plateformes de forage : la plateforme Petronius (610 mètres) et la plateforme à lignes tendues Mars (990 mètres); lorsqu’elle sera complétée, la plateforme à lignes tendues Magnolia dépassera tout le monde d’une bonne tête avec ses 1430 mètres.

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Le Laborantin, jeudi 11 mai 2006

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Le Taipeh 101 est aujourd’hui considéré comme le plus haut gratte-ciel du monde, mais il perdra son titre en 2008 lorsque sera complétée l’imposante tour de Burj Dubaï, Babel moderne de plus de 200 étages érigée grâce à l’argent du pétrole.

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Le Laborantin, lundi 8 mai 2006

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À Taipei, les Taipiens ont érigé le Taipei 101, dont les 101 étages habitables s’élèvent bien au-dessus de tous les autres édifices de la ville. L’île de Taiwan est située dans une zone du monde particulièrement sensible aux secousses sismiques, aussi, on a voulu créer une impression de solidité en donnant à l’édifice une forme évoquant le bambou.

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Le Laborantin, lundi 8 mai 2006

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