(des idées comme ça)
On dira tout le mal qu’on voudra de Claude Lelouch, que ses films sont brouillons, qu’il est d’une naïveté désolante, qu’il se répète, qu’il engage toujours les mêmes acteurs (et parfois des quasi-amateurs), n’empêche que je lui dois des beaux souvenirs et deux, non trois, euh… quatre découvertes musicales.
Le Laborantin, vendredi 27 avril 2007
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On aime ou on n’aime pas la musique des années 1980. J’aime, ce qui ne m’empêche pas de reconnaître qu’elle est parfois, souvent, toujours insupportable. C’est qu’il y a dans mon appréciation un fort côté affectif : la musique des années 1980, c’est des madeleines pour les oreilles. Elle me renvoie surtout à ce que j’ai été, à ce que j’aurais pu être, à ce que j’ai aimé et à ce qui m’a fait peur.
Le Laborantin, mardi 17 avril 2007
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La chanson La Mer de Charles Trenet nous semble aujourd’hui bien inoffensive. Elle a pourtant été écrite quelques mois à peine après la fin de la guerre. Il fallait avoir un certain culot pour chanter devant des français rationnés, endeuillés ou soupçonnés d’avoir collaboré (parfois les trois à la fois), des paroles aussi banales :
« La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d'argent, la mer, des reflets changeants sous la pluie »
Le Laborantin, jeudi 5 avril 2007
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Je craindrais de passer pour une sale copieuse si, dans son infinie prodigalité, BenjamAnt n’avait exhorté ses lecteurs de passer le mot, de telle sorte que le Québec entier puisse redécouvrir, par le truchement d’une chaîne que VOUS NE DEVEZ BRISER SOUS AUCUNE CONSIDÉRATION, une pièce maîtresse de son patrimoine musical.
N'est-ce pas joli ?
Ventre-saint-gris ! Que m'arrive-t-il ? Je sens des lulus me pousser sur la tête... et une envie pressante de me glisser dans les entrailles de la ville m’oblige à vous quitter ! Que le diable m'emporte !
Vous saurez peut-être me retrouver quelque part sur la ligne verte, en train d’improviser une chorégraphie avec des moustachus en col roulé...
La Laborantine, mercredi 29 novembre 2006
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Quand M*** nous a téléphoné de l’hôpital pour nous annoncer que fifille était bel et bien en route -et n’avait pas rebroussé chemin-, je n’avais personne à qui annoncer la nouvelle, sauf au Laborantillon, qui, du (pas très) haut de ses deux mois, s’est montré plutôt indifférent à mon élan d’enthousiasme. J’étais pour ainsi dire seule avec une grande joie qui m’étouffait et qui ne demandait qu'à exulter. Il m’est venu une étrange idée : écouter les Cowboys fringants.
La Laborantine, mercredi 1 novembre 2006
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Voilà, La forêt des mal-aimés est sorti. Pas de grand frisson à la toute première écoute. Au fond, un nouvel album, c’est comme un objet immense et informe qu’on ne sait pas très bien par où saisir.
Le Laborantin, mardi 21 mars 2006
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Repensez à un de ces albums des années 1960 ou 1970 que vous écoutez sur votre lecteur de disques portatifs ou, mieux, sur votre iPod. Vous l’avez découvert à l’adolescence, peut-être même plus tôt parce que votre grand frère l’avait déniché dans un coin de la discothèque familiale. Cet album, vous n’avez jamais vraiment pu le juger, car bien avant que vous posiez l’oreille dessus, c’était déjà un classique, le symbole d’une époque, un incontournable ayant profondément marqué la musique contemporaine.
Le Laborantin, lundi 20 mars 2006
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Je demande votre indulgence, chers lecteurs. Pardonnez mon absence du Labo, elle n’est pas volontaire. J’affronte ces jours-ci une nouvelle vague de nausées, plus puissante que la dernière, et les anti-émétiques ne me procurent qu’un secours bien limité durant cette grossesse houleuse. Résultat, je passe une partie de mes journées au lit avec l'envie de gerber et le coffret Gainsbourg qu’on m’a offert à mon anniversaire.
La Laborantine, mercredi 11 janvier 2006
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Je ne veux plus entendre PKP ou l’un des sbires à sa solde se vanter que Quebecor (sans accent aigu) est le seul rempart protégeant la culture québécoise contre l’impérialisme américain. Quebecor est un empire comme les autres, certes plus petit que ses rivaux américains, mais qui se bat d’abord et avant tout pour protéger ses intérêts avec des tactiques guère plus avouables (concentration horizontale et verticale, rachat de la concurrence, etc.).
Le Laborantin, lundi 14 novembre 2005
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Lorsque jadis j’ai fait l’apologie de 8e ciel, je pouvais encore étayer mon argumentation en vantant l’onirisme envoutant des paroles, la simplicité des mélodies ou la richesse des orchestrations. De tout ça, il ne reste rien, et Robots après tout s'avère néanmoins tout aussi rrésistible qu'insupportable.
Le Laborantin, lundi 14 novembre 2005
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M’en revenant de m’entraîner samedi matin, le mollet allègre mais fourbu, je marchais sur Wellington dans la brume fraîche, l’esprit à des lieux de tout ce qui m’entourait, fouillant dans le répertoire peu garni des pièces grivoises que je connais, en vue de mettre quelques-unes de ces coquines au programme du cours sur la poésie et la chanson que je donnerai à la session prochaine. Il y avait bien sûr L’amour est cerise de Ferrat, Les Nuits d’une demoiselle de Colette Renard, puis, Pierre Perret me venant à l’esprit, tout juste entamais-je intérieurement son célèbre et phallique refrain : « Tout tout tout / Vous saurez tout sur le... », quand j'ai été interrompue par un quinquagénaire décati, le foulard orné d’un coquelicot de feutrine, m'abordant avec son plus jaune sourire :
- Mademoiselle, la vie n’est pas si sérieuse !
- Pardon ?
- Vous êtes trop sérieuse.
- Dites plutôt que j’ai l’air bête. Et puis, comment pouvez-vous savoir si je suis sérieuse ? Vous ne me connaissez pas !
- Oui, mais j’aimerais ça vous connaître, parce que vous êtes jolie !
- C’est une mauvaise raison. Au revoir, Monsieur.
Et j’ai poursuivi mon chemin avec l’envie de châtrer de l’andropausé ô gué ! ô gué !
La Laborantine, mercredi 9 novembre 2005
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J’avais douze ans et le cousin Jean-Philippe treize. Après avoir dessiné quelques dizaines de gags en bande dessinée dont la naïveté et l’insipidité me couvrent aujourd’hui de honte, nous nous étions lancés dans une grande série d’aventures dont nous n’avons jamais terminé que cinq ou six des premières pages du premier album. À la recherche d’idées fortes pour cette série, je m’enfermais dans le sous-sol de notre bungalow à Lauzon-les-Bains, j’ouvrais le cahier qui me servait à consigner mes notes et je me laissais emporter par les ambiances mystérieuses de Odes d’Irène Papas et de Vangelis Papathanassiou.
Le Laborantin, mardi 5 avril 2005
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De prime abord, on pourrait penser que c’est surtout la musique de Philippe Katerine qui est accrocheuse. D’aucuns diront même qu’il doit surtout sa notoriété aux musiciens qui l’accompagnent. Il faut dire que les rythmes et les sonorités d’enfer des Recyclers donnent aux chansons de Katerine un petit côté funky qui rappelle les meilleures années de Fred Chichin. Mais cela ne rend pas justice à ce nabot dont la personnalité déjantée suffirait seule à attirer l’attention des médias et du public, comme un trou noir aspire un système solaire
Le Laborantin, vendredi 11 mars 2005
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Cet album partage avec l’intrégrale de Brel le prix du bien culturel que j’ai le plus aimé après l’avoir le plus détesté. Alors que ma haine de Brel a été plus tardive, plus courte et certainement moins bien justifiée, les sentiments négatifs que j’ai pu éprouver à l’égard de l’Apocalypse des animaux remontent à ma plus tendre enfance.
Le Laborantin, vendredi 25 février 2005
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Hier, je me suis laissé aller à dire du mal de Catherine Lambert, en lui reprochant d’avoir traduit et chanté en français « Across the universe ». Au fond, il n’y a pas de mal à traduire une chanson quand on l’on aime et qu’on veut la faire connaître et, de toutes façons, ce n'est pas elle qui a traduit les chansons. Alors j’ai retiré la référence et l’insulte qui ne cadraient pas avec le billet.
Catherine Lambert n’est pas une p***, c’est une chanteuse. Elle a travaillé notamment avec Bundock, Villeray et Dominique Lanois. Comparée à Enya, elle est connue surtout pour ses spectacles de chansons médiévales. Elle a commis, en 2003, avec la collaboration de Normand Vanasse, un album hommage aux Beatles intitulé « Des mots qui vont bien ensemble ». Sur les quatorze pièces de l’album, neuf sont des traductions en français et cinq des versions instrumentales.
Les extraits que j’ai entendus ne m’ont pas renversé, mais le projet musical est intéressant : les arrangements rock, pop ou psychédéliques cèdent ici le pas à la guitare de Vanasse, parfois flamenco, accompagnée à l’occasion d’un violoncelle. Mais ce n’est pas parce qu’on est un bon guitariste qu’on est un bon traducteur…
La suite de ce billet plus tard dans la section « Le mot juste »
Le Laborantin, vendredi 26 novembre 2004
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