Sus aux rames!
Par Marie Wright, jeudi 8 septembre 2005 à 16:09 :: Mourial :: #117 :: rss
Hier, quelqu'un a décidé, à l'heure de pointe, de devenir un problème technique dans le métro de Montréal. À moins qu'un autre quelqu'un ait oublié une boîte de beignes fourrés aux fruis des champs dans le dessein évident de faire faire kaboum à quelque chose.
Quoi qu'il en soit, y avait du monde en chien à la station Rosemont. Du monde impatient, inquiet, morose, impassible, en beau maudit... Du monde qui glandait là depuis au moins une demi-heure, si ce n'est plus. Les ondes cellulaires de tous les parents en retard à la garderie, de tous les soupers retardés, faisaient friser mes cheveux.
Nous sommes allés attendre un autobus spécial sur St-Denis, avec une bonne cinquantaine de personnes. Soudain, un employé de la STM est venu gueuler que le service était rétabli. Alors des gens en robes, en tailleur, en habit, en talons hauts, en crisse, en salopette, en propre, en guenille, des gens en n'importe quoi se sont garrochés comme des déments vers la station. Ils ont traversé St-Denis, sautant d'un bond par-dessus le parapet comme si on avait annoncé que le dernier arrivé puerait jusqu'à la fin de ses jours.
Et moi qui croyais que les montréalais vivaient placidement ces petites tragédies pas si râres que ça en se disant philosophiquement que ça fait partie de la game. J'avais oublié, bien sûr, que le monde ne peut jamais se catégoriser, que «les montréalais» ça n'existe même pas (tout comme Montréal d'ailleurs) et qu'il y aura toujours du monde pour courir après les métros comme un chien après sa queue.
N'empêche, c'était impressionnant tout ce chaos. On ne peut pas s'empêcher de réfléchir à la manière dont les choses peuvent chier dans une si grosse ville où l'électricité, le système de transport, les égoûts et tchétéra jouent un rôle extrêmement important à chaque minute afin que tout ne parte pas en couilles, comme le disent si poétiquement les Français.

Commentaires
1. Le mercredi 14 septembre 2005 à 10:43, par iwl
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.