Billets de août 2008

Dis-moi, Diego, ce que l’infante a fait de ses blanches mains (et, si possible, ce qu’en a pensé Petrowski).

Jeudi 7 août 2008

Un des problèmes que je rencontre, ces temps-ci, et qui m’empêche d’écrire, c’est cette impression de ne plus avoir d’opinions arrêtées sur des sujets le moindrement complexes. Chacun exigerait, me semble-t-il, des années d’étude et de méditation. Fait sidérant : la vitesse avec laquelle tout un chacun, et surtout les « les journaleux idiots » -nos pseudophilosophes d’aujourd’hui- se forment une opinion. Je serais admirative si je n’avais pas la nausée.

J’entretiens bien quelques idées sur la vérité, ou plutôt des valeurs, mais sur quoi reposent-elles ? Ma conception du bien et du mal est tout ce qu’il y a de plus classique et j’y tiens, par une espèce de morale naturelle (Jean-Jacques, sors de ce corps). Dois-je éprouver cette base ? If it ain’t broke, don’t fix it, disent les paresseux.

Pourquoi ai-je cherché si longtemps à convaincre les autres ? Pourquoi supporter que mes idées aillent se heurter à celles des autres et reviennent, penaudes, plus seules que jamais, et peut-être entachées par la hargne ou le sarcasme ? Et à quoi bon les énoncer avec des gens qui sont d’emblée en accord avec moi ?

Manque d’indignation, cynisme, lâcheté ? En apparence, je suppose. Je dirais plutôt que devant un fait à analyser, je recule sans cesse, comme devant un tableau que je voudrais tout embrasser du regard, puis, c’est toute la série que je veux voir, puis sa place dans le musée et dans le pays et dans l’histoire de l’Occident… et… et… et… Chaque événement me paraît à la fois aussi naturel, crucial et fascinant qu’une main d’enfant sur un tableau de Vélasquez. Et aussi peu prévisible.