Fièvre

C’est un palais oriental que j’habiterais aujourd’hui, celui que Flaubert a imaginé pour Amilcar peut-être, mais sans les guerriers qui le remplissent. Ce serait un capiteux soir d’été, et même de cette tiédeur chargée du parfum des fleurs qui soupirent enfin d’aise après avoir combattu le soleil tout le jour durant, je ne pourrais me satisfaire, et j’irais me chauffer dans l’un de ces bains que j’ai vus, dans un sous-sol de l’Alhambra, où l’on se tient debout et qui vous enveloppe jusqu’au cou. Au sortir de là, j’irais boire un thé à la menthe brûlant parmi des coussins et des étoffes épaisses. Alors, enfin rassasiée de chaleur et comme pour en perpétuer le souvenir jusqu’à ce que le sommeil m’ait emportée, je me ferais enduire d’huile camphrée.

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