v2 - calepin de Nicolas Dickner

Ailleurs si j’y suis

Chers takénautes,

Après quelque quatre-vingt semaines de bons et loyaux services, il est temps d’aller prendre l’air.

L’hebdomadaire Voir m’a en effet invité à bloguer (et un peu plus). Comme j’avais besoin de nouveauté (et que j’entrevoyais la possibilité de ne plus avoir à régir la mécanique intime d’un serveur), j’ai accepté.

Mes nouveaux hôtes ne m’ont imposé aucun programme précis. On trouvera donc là-bas ce qu’on trouvait ici, avec un accent plus prononcé sur la littérature (au sens large).

Ce déménagement n’entraîne pas la fermeture automatique et définitive de Visibilité variable. Parlons plutôt d’une simple période d’hibernation. Par ailleurs, mon site personnel restera ouvert pour les épisodes d’autopromotion éhontée.

Bref, merci d’avoir été là, et au plaisir de se voir dans mon nouvel espace.

Javellisé

Stéphane Dompierre fait le saut promo.

Luci di di di

Aujourd’hui : virée dans un cégep pour y rencontrer les étudiants du programme Arts et lettres. Assise au premier rang, une grande bizarre me demande très sérieusement pourquoi je ne fais pas traduire mes bouquins directement en chinois, pour profiter de cet énorme marché.

Soupir.

Bilan des neuf derniers jours

Trop de kilomètres. Sensations floues : beignes, sandwichs industriels, café, café, café. Des douzaines de semi-remorques parquées les unes contre les autre dans des stationnements nocturnes, comme le cimetière des éléphants sous une lune mercure. Des numéros de sorties, d’autoroutes, de combo. Le fantôme de Christian Mistral dans le Tim Hortons de Laurier Station.

Ce genre de choses.

Lundi matin

De l’autre côté de la rue, une douzaine d’individus en bleu de travail, casqués et gantés, assemblent consciencieusement les pièces d’un gros puzzle d’acier. Ça joue de la soudeuse à l’arc, du treuil, du marteau.

Michel Tremblay ne croit plus au projet souverainiste.

Dany Laferrière utilise des métaphores flibustières pour parler du droit d’auteur.

Ça travaille vraiment fort de l’autre côté de la rue. Me demande bien ce qu’ils fabriquent.

Lachine

Suis allé jusqu’à Lachine, au début de la semaine, afin de reporter une voiture que j’y avais loué. Planté dans le stationnement d’un Pétro-Canada de la 32e avenue, j’ai examiné les lieux. L’air nocturne sentait la terre humide, le champignon, les arbres. J’ai soudain eu le sentiment d’être très très loin de tout.

Lachine, bout de la carte, extrémité du monde connu.

Tout ça pour apprendre dès le lendemain, dans les pages du Devoir, que « Saul Bellow (1915-2005), Prix Nobel de littérature 1976, est né sur la 8e Avenue, à Lachine, dans une famille d'immigrants russes, avant de devenir le géant des lettres américaines que l’on connaît. »

Ne jamais sous-estimer Lachine.

d = k/L

Je viens de m’échiner pendant une semaine sur un texte de 248 mots. On ne le répétera jamais assez : le degré de difficulté est inversement proportionnel à la longueur du machin.

Opus Danieli

Dan Brown me laisse profondément indifférent, mais il faut admettre que son bouquin ne cesse d’offrir matière à discussion. Après moult mésaventures, dont un procès pour plagiat et une mise à l’index, voilà que notre conspirationniste préféré provoque l’ouverture d’un bureau de relations publiques de l’Opus Dei à Montréal.

L’organisation ne serait, paraît-il, pas spécialement contrariée par la situation :

La polémique autour de Da Vinci Code ne semble pas déplaire outre mesure à la porte-parole canadienne de l’Opus Dei, qui constate un vif intérêt pour son organisation. « Le Da Vinci Code nous amène des gens », déclare Mme Saint-Maurice. Plusieurs d'entre eux sont en effet devenus des « coopérateurs » du mouvement, soit des « sympathisants qui aiment le message » de l’Opus Dei. (Le Devoir, section abonnés)

Quelques notes éparses sur Paris et les monstres sacrés de la littérature anglo-saxonne

  1. Lors de ma dernière causerie à Eastman, les gens du coin (qui sont fins et font bien les choses) m’ont offert un carnet Moleskine. Dans le carnet, un petit papier affirme qu’il s’agit du « legendary notebook of Hemingway » (information plus ou moins fiable). On précise même que Moleskine est « depuis deux siècles le calepin légendaire des artistes intellectuels et européens ». La liste de ces artistes européens inclut Ernest Hemingway.
  2. Le gouvernement cubain a entamé la restauration du yacht à bord duquel papa Hemingway pêchait le thon et le U-Boot (Wired). Appellée à la rescousse, la Hemingway Preservation Foundation, basée à Boston, a dû se contenter de fournir son expertise : l’administration Bush leur a refusé le droit de participer au financement de l’opération.
  3. Sur le badge (!) du Salon du livre de Paris, on a inscrit mon adresse en anglais : « 1st avenue ».

Odd indeed

Antoine attire mon attention sur le concours du titre le plus bizarre de l’année (Prize for the Oddest Title of the Year). J’aime bien le titre gagnant de 1982 : Population and Other Problems.

à propos de V2

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