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  <title>EL SUR</title>
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  <modified>2006-05-15T14:48:07-04:00</modified>
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  <title>C'est ça qui est ça</title>
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  <issued>2006-05-15T14:48:07-04:00</issued>
  <modified>2006-05-15T14:48:07-04:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Je suis de retour à Québec.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Je suis de retour à Québec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ouais, ouais, ouais...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà. Je termine ici ma participation à Takefu. J'aurai pu rien à écrire. Si j'ai quelque chose à dire, je l'dirai à la bière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Neuf mois à Buenos Aires. Ça a été une expérience passionante. Difficile (moi, m'adapter, ça me coûte), mais vraiment passionante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà, je tient à remercier tous les amis et toutes les amies de Takefu qui m'ont hébergé, qui m'ont lu et qui m'ont commenté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aussi, merci à tous ceux et toutes celles qui - sans me connaître - ont lu mes complaintes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Merci à Catherine de m'avoir amené avec elle jusque-là. De m'avoir ouvert les yeux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, merci à ceux et à celles qui ont été jusqu'à me dire que c'était intéressant...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vous embrasse bien fort&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Une demie heure garantie ou argent remis</title>
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  <issued>2006-05-03T17:28:07-04:00</issued>
  <modified>2006-05-03T17:28:07-04:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Je ne sais pas si la source est sûre, mais je suis sûr de ce que Cuka m’a dit. Ils sont 98 000 à Buenos Aires. 98 000 a faire le courrier à bicyclette ou en moto. Cuka, lui il chauffe un bécik. 8 a 10 heures chaque jour pour gagner son petit bonheur.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Je ne sais pas si la source est sûre, mais je suis sûr de ce que Cuka m&amp;#8217;a dit. Ils sont 98 000 à Buenos Aires. 98 000 a faire le courrier à bicyclette ou en moto. Cuka, lui il chauffe un bécik. 8 a 10 heures chaque jour pour gagner son petit bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je l&amp;#8217;ai connu il y a déjà longtemps. Au mois d&amp;#8217;octobre dernier, le bruit de leurs klaxons m&amp;#8217;empêchaient d&amp;#8217;écouter la tévé (le &lt;a href=&quot;http://www.lasnoticiasmexico.com/images/fidel_castro_y_maradona.jpg&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;show&lt;/a&gt; de Maradona, imaginez-vous donc). Je suis sorti pour voir. Ils bloquaient les rues autour du poste de police en solidarité avec deux camarades qui avaient été arrêtés durant une manif. Une manif exigeant la reconnaissance de leur syndicat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;#8217;ai jasé à un gars qui avait l&amp;#8217;air en charge pi qui avait pas trop l&amp;#8217;air méchant. C&amp;#8217;était Cuka (Enrique pour être précis). À l&amp;#8217;époque, mon espagnol ne me permettait pas encore de bien comprendre, mais on s&amp;#8217;est entendu. Comme les ouvriers de Prévert dans je me souviens plus quel poème méchant sur le Pape. Sauf que je suis pas ouvrier&amp;#8230; mais quand même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cuka aurait pu devenir un ami, mais après ses journées et ses semaines a pédaler comme un dingue, il ne rêvait que d&amp;#8217;une chose. Se coller sur sa blonde et écouter un bon film. En bouffant une pizza. Commandée. Passque qu&amp;#8217;après une journée de travail, la petite popotte, ça leur tente pas toujours. Et les sorties culturelles non plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On s&amp;#8217;est quand même rencontré une couple de fois. Et j&amp;#8217;ai réussi à l&amp;#8217;attraper pour une entrevue officielle (machine à enregistrer, questions et réponses).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous avez la chance de visiter le centre de Buenos Aires, vous verrez sûrement des cyclistes ou des motards, sac en bandoulière, cellulaire à l&amp;#8217;affût, qui foncent sur les jaunes foncé et les trottoirs bondés. C&amp;#8217;est la gang à Cuka.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Informations complémentaires&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Depuis, le syndicat a été reconnu. Le S.I.Me.Ca. rassemble à peu près 500 travailleurs de la livraison. Courrier, pizza, épicerie. (Sindicato Independiente de Mensajeros y Cadetes, inscripcion gremial numero 835/05)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Selon Cuka, des 98 000 messagers, 90 % travaillent au noir.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Travailler au noir, c&amp;#8217;est le lôt d&amp;#8217;à peu près 50 % des travailleurs/euses en Argentine.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ça veut dire la même chose qu&amp;#8217;ailleurs&amp;nbsp;: pas de vacances, pas d&amp;#8217;assurances, pas de sécurité.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Circuler a Buenos Aires est en soit un danger. Toujours selon ma «&amp;nbsp;source&amp;nbsp;», il s&amp;#8217;agit du métier qui compte le plus grand nombre de morts au travail.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;À part l&amp;#8217;exploitation capitaliste, leur pire ennemi ce sont les chauffeurs d&amp;#8217;autobus.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le 20 décembre est reconnu comme le jour du messager. En Argentine, chaque métier a son jour. Comme les saints.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;C&amp;#8217;est le 20 décembre passque lors des révoltes du 20 et 21 décembre 2001, un messager à moto est mort. Les messagers distribuaient des foulards aux manifestants qui affrontaient la police et les gaz. Ils transportaient aussi les blesséEs jusqu&amp;#8217;aux ambulances qui n&amp;#8217;entraient pas dans les zones insurgées.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</content>
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  <title>Mission accomplie</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/04/02/26-mission-accomplie" />
  <issued>2006-04-02T08:23:51-04:00</issued>
  <modified>2006-04-02T08:23:51-04:00</modified>
  <id>http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/04/02/26-mission-accomplie</id>
  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Enfin ! j’ai rencontré un vrai argentin.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Enfin&amp;nbsp;! j&amp;#8217;ai rencontré un vrai argentin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est péroniste, il parle &lt;em&gt;lunfardo&lt;/em&gt; et il aime le tango de toute son âme. En plus, pour ajouter à l&amp;#8217;authenticité, il a un surnom&amp;nbsp;: &lt;em&gt;el Gordo&lt;/em&gt;, le Gros (comme &lt;a href=&quot;http://www.troilo.com.ar/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Anibal Troilo&lt;/a&gt; qu&amp;#8217;on appelle aussi &lt;em&gt;Pichuco&lt;/em&gt;). Un vrai.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C&amp;#8217;est le chum de &lt;a href=&quot;http://www.airesdelsurtango.com.ar&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ma prof de tango&lt;/a&gt;. Sans ça, et sans une bonne humeur contagieuse qui le rend particulièrement sympathique, je ne l&amp;#8217;aurais jamais connu. Je dis ça parce qu&amp;#8217;il faut admettre qu&amp;#8217;il y a une structure sociale dans les rencontres d&amp;#8217;un voyage. Ceux qui sont «&amp;nbsp;disponibles&amp;nbsp;» pour rencontrer des étrangers de ma sorte, ce sont surtout des personnes appartenant aux «&amp;nbsp;classes les plus aisées&amp;nbsp;» (dit comme ça, c&amp;#8217;est plein de délicatesse. Ou non ?!).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et, si je comprends bien, les péronistes ne sont que rarement membres des «&amp;nbsp;classes les plus aisées&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Qu&amp;#8217;est-ce qu&amp;#8217;être péroniste&amp;nbsp;? (que je lui ai demandé).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Être péroniste&amp;#8230; j&amp;#8217;ai pas d&amp;#8217;espèce de&amp;#8230; eeeh&amp;#8230; Être péroniste c&amp;#8217;est comme porter un nom de famille. C&amp;#8217;t&amp;#8217;a dire qu&amp;#8217;à moi quand j&amp;#8217;étais bébé, au lieu de me donner une suce, on m&amp;#8217;a donné un &lt;a href=&quot;http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/01/31/21-le-chainon-manquant&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;bombo&lt;/a&gt; (!!!). Qui est une invention péroniste. Dans toutes les marches péronistes, il y a des bombos&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Être péroniste. C&amp;#8217;est comme si, quand t&amp;#8217;es né dans une famille de travailleurs, toi aussi tu vas être travailleur et pour finir&amp;#8230; avec la cause des travailleurs. Ici, sans trop faire de détours, les meilleures années qu&amp;#8217;ont passé les travailleurs, c&amp;#8217;est à l&amp;#8217;époque où Perón était au pouvoir&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je suis fils de travailleurs et petit-fils de travailleurs de l&amp;#8217;électricité. (&amp;#8230;) Chez nous, non seulement mon père et mon grand-père étaient électricien et faisaient parti du même syndicat, mais aussi mes oncles et mes cousins. Toute la famille&amp;nbsp;! Pendant les BBQ, on parlait de fils électriques, de câbles et de politique. Une famille d&amp;#8217;électricien&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je suis péroniste de conviction. Parce que j&amp;#8217;ai beaucoup lu&amp;#8230; Je ne me suis pas laissé remplir la tête par mon père ou par mon grand-père. C&amp;#8217;est bien que j&amp;#8217;aie grandi dans le péronisme, mais pas suffisant. Mais quand même, moi, qui que ce soit qui soit chef du parti Justicialiste (le parti péroniste), je vais suivre. Sauf peut-être Menem&amp;#8230;&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Carlos Saul Menem&amp;nbsp;: politicien péroniste qui s&amp;#8217;est fait élire à partir d&amp;#8217;un programme social-démocrate et qui a appliqué les mesures néo-libérales les plus radicales (1989-1999). Aujourd&amp;#8217;hui il est reconnu comme le sale qui a vendu le pays pour des pinottes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;En 1989, j&amp;#8217;ai pas voté pour Menem, parce que j&amp;#8217;avais pas l&amp;#8217;âge. Mais j&amp;#8217;ai fait la campagne électorale. Je militais dans le Parti Justicialiste dans Avellaneda. Les festivals, les soupes populaires&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Pour Menem !!? (que je demande un peu surpris. J&amp;#8217;avais pas tout à fait bien assimilé encore que Menem est péroniste, lui aussi).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Pour Menem&amp;nbsp;! Ben oui, pour le Parti Justicialiste. Ce que je sentais vraiment. J&amp;#8217;appartiens au Parti&amp;#8230; Je sens que je suis&amp;#8230; du Parti Justicialiste. À ce moment là, ça faisait pas de différence que ce soit Menem, que ce soit Kirshner, ou n&amp;#8217;importe qui. Je suis péroniste. Ma famille est péroniste&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Mais Menem vous a trahi (que j&amp;#8217;affirme plus que je ne demande. Je sais quand même deux ou trois choses sur l&amp;#8217;Argentine).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Menem nous a tous trahi. Menem, on le compare au jazz&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Au quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Au jazz. Les Noirs l&amp;#8217;ont inventé et ce sont les blancs qui en profitent. On dit les Noirs pour parler des masses, du peuple&amp;#8230; des&amp;#8230; des travailleurs. Du monde ordinaire («&amp;nbsp;Los negros, las cabezitas negras&amp;nbsp;»). Menem, je le savais. Je le disais aux camarades du Parti&amp;nbsp;: Menem couche avec la droite. Les mêmes qui nous ont bombardés en 1955. Ils me disaient qu&amp;#8217;il était gauchiste («&amp;nbsp;zurdo&amp;nbsp;»). Socialiste. Rouge. Communiste. Tous mes votes ont été contre Menem. J&amp;#8217;ai été jusqu&amp;#8217;à voter pour De La Rúa, un Radical&amp;nbsp;! Mais je votais pour le moins pire&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;J&amp;#8217;aurais pu raconter l&amp;#8217;histoire de l&amp;#8217;Argentine en la mettant en parallèle avec celle du Gros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Il est rentré à l&amp;#8217;école à 5 ans avec la Dictature (1976) et il en est sorti à 12 ans avec la démocratie (1983) («&amp;nbsp;J&amp;#8217;ai grandi en écoutant des marches militaires&amp;nbsp;! Je voulais être militaire&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»). Il a commencé à travailler dans la même entreprise que son père et à militer dans le même syndicat que son père à 18 ans (1989, époque où la structure industrielle traditionnelle n&amp;#8217;était pas encore démantelée). Avec les réformes néo-libérales et l&amp;#8217;argent facile du début du Ménemisme (années 1990), il a laissé la job syndiquée pour travailler pour une entreprise terciarisée («&amp;nbsp;la patria contratista&amp;nbsp;»). Il est parti sur le party, comme une bonne partie des argentins. Mais pas pour très longtemps, puisque la prospérité n&amp;#8217;était qu&amp;#8217;illusoire (2001).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Aujourd&amp;#8217;hui, bon, avec ma tête sur les épaules, je voudrais que les gens connaissent quelque chose qui m&amp;#8217;a sauvé la vie&amp;nbsp;: le tango. Le tango m&amp;#8217;a sauvé la vie, il m&amp;#8217;a fait découvrir des choses que j&amp;#8217;avais perdu. Eeeh, l&amp;#8217;échange avec les autres, la connaissance de l&amp;#8217;autre de très prêt. Le retour à mes racines. (&amp;#8230;) Le syndicalisme, le péronisme, le tango, ça marche toute ensemble&amp;nbsp;!&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Toutes ces années durant lesquelles je me suis senti mal. Aujourd&amp;#8217;hui, je me sens bien. Au moins je&amp;#8230; Avec quoi&amp;nbsp;? Avec le fait que ma famille m&amp;#8217;appuie. Bon, après avoir passé plusieurs années dans la drogue, aujourd&amp;#8217;hui ils me voient bien. Bon, ce que je veux faire c&amp;#8217;est, par exemple, j&amp;#8217;organise une milonga dans San Telmo, mais aussi dans mon quartier à Avellaneda, les vendredis. J&amp;#8217;enseigne le tango aux jeunes. Je charge rien. Je charge pas. Je veux qu&amp;#8217;ils se mettent à danser. Qu&amp;#8217;ils connaissent ce que j&amp;#8217;ai connu et qui m&amp;#8217;a fait sentir si bien. Que les flos sachent que la vie ça tourne pas autour d&amp;#8217;un ballon de soccer. Même si je suis fan («&amp;nbsp;hincha&amp;nbsp;») de Independientes et de Dock Sur&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Où est-ce que tu habites exactement&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Avellaneda. C&amp;#8217;est une ville au sud. Si tu traverses le pont de la Boca, tu arrives à l&amp;#8217;Île Maciel. L&amp;#8217;Île Maciel&amp;#8230; bastion culturel. Plusieurs tangueros sont sortis de là&amp;#8230; et le péronisme aussi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un vrai j&amp;#8217;vous dit. Maintenant, je peux rentrer à la maison.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Un détail</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/03/23/25-un-detail" />
  <issued>2006-03-23T12:15:02-05:00</issued>
  <modified>2006-03-23T12:15:02-05:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Je m'étendrai pas sur le sujet, mais j'ai comme besoin de partager une affaire.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Je m'étendrai pas sur le sujet, mais j'ai comme besoin de partager une affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant hier soir, 9h45, j'ai été acheter des tomates pour le souper. À l'épicerie, le gars qui me les a vendues, il avait pas plus que 10 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est juste ça.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Bou !!</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/03/22/24-bou" />
  <issued>2006-03-22T07:00:47-05:00</issued>
  <modified>2006-03-22T07:00:47-05:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>On a beaucoup reproché au « communisme » d’être un régime de terreur et de n’exister que par la volonté de quelques tyrans idéalistes et complètement déconnectés de la réalité. La réalité étant que l’humain, naturellement, est capitaliste. La réalité et la normalité étant le capitalisme. Parce que celui-ci s’installe et s’étend naturellement. Apportant paix et prospérité aux peuples qui savent le l’accepter sagement.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;On a beaucoup reproché au «&amp;nbsp;communisme&amp;nbsp;» d&amp;#8217;être un régime de terreur et de n&amp;#8217;exister que par la volonté de quelques tyrans idéalistes et complètement déconnectés de la réalité. La réalité étant que l&amp;#8217;humain, naturellement, est capitaliste. La réalité et la normalité étant le capitalisme. Parce que celui-ci s&amp;#8217;installe et s&amp;#8217;étend naturellement. Apportant paix et prospérité aux peuples qui savent le l&amp;#8217;accepter sagement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis «&amp;nbsp;la chute du mur de Berlin&amp;nbsp;» &amp;#8211; on nous inculque que le communisme, c&amp;#8217;était un rêve fou et impossible qui menait tout droit au totalitarisme. Alors que le capitalisme, qui n&amp;#8217;est pas parfait (mais le moins pire) est un fait de la nature. Et, me direz-vous, pourquoi lutter contre sa nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y aura 30 ans ce vendredi, l&amp;#8217;Argentine recevait son coup de pied dans le cul. Son coup d&amp;#8217;État militaire. Et ce n&amp;#8217;était pas pour imposer un régime communiste. Ce n&amp;#8217;était pas le Che qui ressuscitait pour étendre la révolution cubaine dans son pays natal. Non.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#8217;était pour discipliner un peuple qui commençait à être un peu trop exigent au niveau de la démocratie et du partage de la richesse. C&amp;#8217;était pour mettre fin définitivement à des politiques de régulations de l&amp;#8217;économie qui empêchaient une bonne et naturelle accumulation du profit. Et, accessoirement, c&amp;#8217;était pour jouer au méchant, pour laisser aller ses petits fantasmes en torturant et en violant. C&amp;#8217;était, soyons clair, pour imposer le capitalisme le plus sauvage, mais aussi pour s&amp;#8217;assurer que tout ceux qui refusent de dire qu&amp;#8217;un autre monde serait impossible disparaissent. Crèvent. Souffrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie est revenue en 1983. Dans le processus, 30 000 personnes sont disparues. Et ne réapparaîtront pas. Mais, bon, quand même, il faut admettre que la dictature, désormais, c&amp;#8217;est du passé. Maintenant, la démocratie s&amp;#8217;étend sur la planète, apportant paix et prospérité aux peuples qui savent l&amp;#8217;accueillir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais &amp;#8211; et là je parle pour moi &amp;#8211; je n&amp;#8217;ai vraiment pas l&amp;#8217;impression que c&amp;#8217;est du passé. Moi, je la sens encore dans mes tripes, la dictature. Des cauchemars de persécution, d&amp;#8217;arrestations arbitraires, de tortures me hantent depuis longtemps. Non, je ne suis pas né à Buenos Aires ou à Santiago, mais à Sainte-Foy, Québec. Mais quand même. Je sais que le pouvoir n&amp;#8217;aime pas qu&amp;#8217;on le fasse trop chier. Et même si notre dictature à nous n&amp;#8217;aura duré que quelques nuits (octobre 1970), elle a quand même démontré que nous ne sommes pas immunisés. Les arrestations arbitraires et systématiques d&amp;#8217;avril 2001 à Québec restent aussi un exemple troublant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme un juif qui n&amp;#8217;a jamais connu l&amp;#8217;Europe ou la Seconde Guerre mondiale, mais qui sait qu&amp;#8217;en tant que juif, il ne sera jamais tout à fait en sécurité, je me sens menacé. En tant que militantEs, nous sommes les juifs des puissants. Et il suffirait qu&amp;#8217;on exagère un peu trop à leurs yeux pour qu&amp;#8217;ils repartent la machine à faire peur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;#8217;exagère&amp;nbsp;? Sûrement. Mais l&amp;#8217;armée argentine n&amp;#8217;a pas été démantelée après la dictature. Les principaux responsables dorment encore tranquillement. Alors que les 30 000 disparus n&amp;#8217;ont pas réapparus. Alors que le néo-libéralisme domine plus que jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la comparaison avec les juifs&amp;nbsp;? Que dites-vous des paroles du chef de la police de la province de Buenos Aires en 1977 ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Nous, on ne tue pas des personnes, on tue des subversifs&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, au même  moment, celles du gouverneur de la même province&amp;#8230;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Premièrement, on va tuer tous les subversifs, ensuite on va tuer leurs collaborateurs, après (&amp;#8230;) leurs sympathisants, puis (&amp;#8230;) tous ceux qui restent indifférent et, finalement, on va tuer les timides&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi, je vais aller &lt;a href=&quot;http://www.30anios.org.ar/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;marcher contre la dictature&lt;/a&gt;, mais comme à chaque manif &amp;#8211; paranoïa ou non, délire de persécution ou non &amp;#8211; je vais me dire que je paierai peut-être le geste de quelques décharges électriques dans les couilles. À un moment donné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#8217;objectif du terrorisme n&amp;#8217;est pas de faire réfléchir. C&amp;#8217;est de faire peur. Point.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Canillitas</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/02/26/23-canillitas" />
  <issued>2006-02-26T11:41:54-05:00</issued>
  <modified>2006-02-26T11:41:54-05:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Les trottoirs de Buenos Aires sont parsemés de petits kiosques de journaux qui s’ouvrent et se ferment comme des fleurs de métal vert. Il sont parfois tout petit, comme celui où travaille Sylvia, contenant à peine deux personnes.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Les trottoirs de Buenos Aires sont parsemés de petits kiosques de journaux qui s&amp;#8217;ouvrent et se ferment comme des fleurs de métal vert. Il sont parfois tout petit, comme celui où travaille Sylvia, contenant à peine deux personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sylvia, c&amp;#8217;est la dernière personne que j&amp;#8217;ai rencontrée avec mon amie l&amp;#8217;enregistreuse (la petite machine magique (piles non-incluses) qui me guide vers les vies cachées du monde qui m&amp;#8217;entoure). C&amp;#8217;est elle qui me vend le journal au coin de la rue.  Elle m&amp;#8217;a parlé de sa vie et surtout de son parcours professionnel. C&amp;#8217;est que j&amp;#8217;étais très curieux de connaître son métier&amp;nbsp;: &lt;em&gt;canillita&lt;/em&gt;, vendeuse de journaux et de revues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne savais pas trop comment vous rendre notre conversation. J&amp;#8217;ai donc opté pour une structure qui fait honneur à mon esprit carré&amp;nbsp;: une histoire de l&amp;#8217;Argentine en trois étapes. J&amp;#8217;ai aussi cédé à ma paresse&amp;nbsp;: vous trouverez uniquement la transcription de l&amp;#8217;enregistrement (vaguement traduite et vaguement réorganisée). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, j&amp;#8217;espère que vous trouverez ça intéressant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Perón (1946-1955)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;On nous appelle les &lt;em&gt;canillitas&lt;/em&gt; (p&amp;#8217;tits tuyaux). C&amp;#8217;est à cause d&amp;#8217;un vieux poème (1902) de Florencio Sánchez qui parlait d&amp;#8217;un p&amp;#8217;tit gars qui vendait les journaux comme ça, pi qui avait les jambes toutes maigres (comme des tuyaux&amp;#8230;). Depuis ce temps là, nous est resté le surnom de &lt;em&gt;canillitas&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;C&amp;#8217;est un système très particulier. Ce n&amp;#8217;est pas un commerce. C&amp;#8217;est un service public. Ça a commencé avec la loi de l&amp;#8217;époque de Perón. 1945-46. Avant, na&amp;nbsp;! les journaux étaient vendus par des personnes qui devaient aller jusqu&amp;#8217;à l&amp;#8217;imprimerie. Ils les achetaient et ils sortaient pour les vendre. Comme ça, ils gagnaient quelques pièces de monnaie. C&amp;#8217;étaient des enfants, ou des femmes seules qui travaillaient avec leurs enfants dans la rue. Ou des hommes, mais très vieux&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Plus tard, la loi que Perón a mis en vigueur, vraiment, a permis de protéger ce monde-là. C&amp;#8217;est comme ça que des droits ont été gagnés. Et au lieu déjà d&amp;#8217;aller acheter les journaux comme ils le faisaient avant, un système très particulier de distribution s&amp;#8217;est organisé. Ce système est toujours en vigueur aujourd&amp;#8217;hui: les éditeurs livrent directement les journaux aux vendeurs, ils acceptent de racheter les surplus de la veille et la stabilité de l&amp;#8217;arrêt est assurée. Bon, les petits postes de journaux s&amp;#8217;appellent arrêts. Toujours le même lieu&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;On pouvait pas acheter un arrêt. On pouvait en recevoir ou en hériter les droits&amp;#8230; après, comme tout s&amp;#8217;est commercialisé, on a commencé à les vendre à des particuliers. Il y a eu une époque dorée des poste des journaux. Ils valaient une fortune&amp;nbsp;! Plus qu&amp;#8217;un appartement de deux ou trois pièces. En plus, ça vendait beaucoup. C&amp;#8217;est un pays où on a toujours beaucoup lu. Et si maintenant on lit moins c&amp;#8217;est parce qu&amp;#8217;on a pas l&amp;#8217;argent pour acheter le journal. Mais on continue à lire beaucoup. Je crois que c&amp;#8217;est plus que dans d&amp;#8217;autres pays&amp;nbsp;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menem (1989-1999)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je travaillais pour l&amp;#8217;entreprise argentine de chemins de fer qui, encore à cette époque (1985), était une grande entreprise. Étatique. Mais encore grande. Pas aussi grande qu&amp;#8217;elle l&amp;#8217;avait déjà été, mais&amp;#8230; C'est ça. Menem était pas encore arrivé au pouvoir et la destruction&amp;#8230; la vente de garage qu&amp;#8217;il allait faire avec toutes les entreprises d&amp;#8217;État n'était pas encore faite. C&amp;#8217;est pas que ça fonctionnait 10 sur 10, mais maintenant, les entreprises privées, on les subventionne&amp;nbsp;! En tout cas&amp;nbsp;! Les affaires du &lt;em&gt;menemato&lt;/em&gt; que&amp;#8230;&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il y a des villes de l&amp;#8217;intérieur qui ont disparu ou qui sont en train de disparaître parce que le train n&amp;#8217;y passe plus&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;En 1991, quand a commencé la rationalisation (&lt;em&gt;el desarme&lt;/em&gt;) des entreprises, ils ont mis en place un plan de retrait volontaire. Je suis parti avec ce plan et j&amp;#8217;ai acheté un poste de journaux. Mon frère qui, lui aussi, avait quitté son emploi avec un plan similaire de la Banco Provincia - une très grande banque qui, elle aussi, était en rationalisation (achicando la plantilla)... Bon, il avait acheté un poste de journaux et un jour, en allant le visiter, il m&amp;#8217;a convaincu que c&amp;#8217;était une bonne idée. À cette époque, dans les années 1990, c&amp;#8217;était encore très rentable&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kirshner (2003- )&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;La crise (2002) a été dure. Ça a été très dur. Ceux qui avaient toujours été de la classe moyenne ont dû se battre fortement pour ne pas tomber. Plus d&amp;#8217;un a fait faillite ou est resté sans travail. Plusieurs personnes ont sauté d&amp;#8217;une classe à l&amp;#8217;autre, plus basse, comme ça, d&amp;#8217;un jour à l&amp;#8217;autre&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je travaille jusqu&amp;#8217;à 18 heures par jour&amp;#8230; C&amp;#8217;est pas l&amp;#8217;idéal. Mais c&amp;#8217;est ça qu&amp;#8217;il faut faire c&amp;#8217;est temps-ci pour arriver. Je suis divorcée et j&amp;#8217;ai deux filles. Il faut que je soutienne tout ça. Mais ce travail me plaît. Il y a un va et viens avec les gens qui est très intéressant. Très enrichissant. À moi, ça me plaît. Pour vrai, ça me plaît. Le plus difficile, ce sont les horaires. Je me lève à 4 heures 30 pour être ici à 5 heures...&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il y a une discussion à savoir qu&amp;#8217;elle est la division entre classe moyenne et classe inférieure et&amp;#8230; ce qu&amp;#8217;on veut croire (rires (jaune)) nous autres de la classe moyenne &amp;#8211; ou comme on dit, quoi que ça sonne mal &amp;#8211; classe moyenne appauvrie&amp;#8230; Ce qui nous différencie de la classe plus basse, disons, c&amp;#8217;est le capital culturel. J'ai pas fini mes études universitaires, mais si j'avais voulu, j'aurais pu. Dans ma famille, il y a ma soeur qui est professionnelle, j'ai un frère qui - qui a le poste de journaux - qui a commencé une carrière et qui l'a pas terminée... J'espère que mes filles vont aller à l'université et compléter leurs études&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Pi y'a toutes sortes de choses qui ne passent pas par l'université: le théâtre, le cinéma, la musique, les voyages. Bon, toutes sortes de choses qui te restent même si t'es rendu pauvre&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Jeu-questionnaire</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/02/18/22-test" />
  <issued>2006-02-18T12:05:40-05:00</issued>
  <modified>2006-02-18T12:05:40-05:00</modified>
  <id>http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/02/18/22-test</id>
  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Il y a des choses à côté desquelles on ne peut pas passer en Argentine. Des choses si importantes qu’on en vient à avoir de la difficulté à croire que quelqu’un à quelque part ne les connaît pas.


Je vous propose un test qui vous permettra de savoir si vous avez les connaissances de base pour prétendre connaître quelque chose de l’Argentine.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Il y a des choses à côté desquelles on ne peut pas passer en Argentine. Des choses si importantes qu&amp;#8217;on en vient à avoir de la difficulté à croire que quelqu&amp;#8217;un à quelque part ne les connaît pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vous propose un test qui vous permettra de savoir si vous avez les connaissances de base pour prétendre connaître quelque chose de l&amp;#8217;Argentine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est Diego Armando Maradona ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
a) Un politologue marxiste&lt;br /&gt;
b) Dieu&lt;br /&gt;
c) Un compositeur célèbre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est Eva Duarte ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;a) La femme de Carlos Menem&lt;br /&gt;
b) Dieu&lt;br /&gt;
c) Une animatrice de télévision&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est Carlos Gardel ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;a) L'amant de Carlos Menem&lt;br /&gt;
b) Dieu&lt;br /&gt;
c) L&amp;#8217;entraîneur de l&amp;#8217;équipe de soccer argentine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La première personne qui m&amp;#8217;envoie trois bonnes réponses recevra, à mon retour, une &amp;#8216;tite canne de &lt;em&gt;dulce de leche&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ah&amp;nbsp;! Oui&amp;nbsp;! &lt;strong&gt;Qu&amp;#8217;est-ce que le &lt;em&gt;dulce de leche&lt;/em&gt; ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;a) Du caramel de fabrication chilienne&lt;br /&gt;
b) Du &lt;em&gt;Map-O-Spead&lt;/em&gt; de fabrication argentine&lt;br /&gt;
c) Je préfère ne pas me prononcer là-dessus étant donné que la paix entre les peuples est une valeur supérieure à la vérité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un, deux, trois, go !!!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le chaînon manquant</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/01/31/21-le-chainon-manquant" />
  <issued>2006-01-31T17:00:28-05:00</issued>
  <modified>2006-01-31T17:00:28-05:00</modified>
  <id>http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/01/31/21-le-chainon-manquant</id>
  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Moi qui était jaloux de tout ceux qui allaient passer le carnaval au Brésil… je ne savais pas encore que Buenos Aires, ses quartiers et son monde pourraient me faire autant plaisir. La magie, la poésie et la pure folie populaire ici, s’appellent murga. Loin du Bonhomme et de ses commandites transgéniques, le carnaval de Buenos Aires renaît en essayant d’oublier la dictature et la peur.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Moi qui était jaloux de tout ceux qui allaient passer le carnaval au Brésil&amp;#8230; je ne savais pas encore que Buenos Aires, ses quartiers et son monde pourraient me faire autant plaisir. La magie, la poésie et la pure folie populaire ici, s&amp;#8217;appellent murga. Loin du Bonhomme et de ses commandites transgéniques, le carnaval de Buenos Aires renaît en essayant d&amp;#8217;oublier la dictature et la peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette semaine, votre correspondant en Argentine a rencontré pour vous Daniel «&amp;nbsp;Pichi&amp;nbsp;» Roterio, directeur général du &lt;em&gt;Centro Murga Los Caprichosos de San Telmo&lt;/em&gt;. Il s&amp;#8217;agit de l&amp;#8217;un des quelques cent cinquante groupes de &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; de la ville. Un des trois du quartier San Telmo. Mes oreilles sont tombées dessus un soir de chaleur, alors que je me traînait jusqu&amp;#8217;au magasin de crème à glace. J&amp;#8217;ai entendu le tonnerre du bombo et &amp;#8211; trop excité pour passer prendre mon quart de litre &amp;#8211; je me suis précipité vers l&amp;#8217;origine du vacarme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils étaient une centaine dans le parc de l&amp;#8217;avenue San Juan. De tous les âges. Surtout des femmes et des jeunes filles. En fait, des familles au complet qui tournaient autour du c&amp;#339;ur battant des bombos et d&amp;#8217;un drôle de bonhomme à moustache à l&amp;#8217;air fâché, mais trop préoccupé pour être  vraiment méchant (c&amp;#8217;était Pichi). Je me suis assis et j&amp;#8217;ai observé. Heureux comme un pwet devant un titoizô qui chante. Enfin, je rencontrais la fameuse &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt;, ici, c&amp;#8217;est une parade. Je dis «&amp;nbsp;ici&amp;nbsp;», parce qu&amp;#8217;en Uruguay, c&amp;#8217;est &lt;a href=&quot;http://www.faltayresto.tk/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;autre chose&lt;/a&gt;, mais bon, je vais pas tout dire en un seul billet. Aujourd&amp;#8217;hui, je parle de la &lt;em&gt;murga porteña&lt;/em&gt;. Point.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une dizaine de grosses caisses (&lt;em&gt;bombos&lt;/em&gt;) sur lesquelles sont vissées des cymbales (&lt;em&gt;platillos&lt;/em&gt;), une foule de jeunesses en furie qui se défoule dans les règles de l&amp;#8217;art et beaucoup, beaucoup d&amp;#8217;organisation. Voilà, en gros, comment je pourrais décrire la &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt;. Mais il faudrait quand même rajouter l&amp;#8217;énergie incroyable qui se dégage de l&amp;#8217;ensemble, les costumes colorés qui évoquent l&amp;#8217;époque coloniale, (pour les intellos) la résistance des esclaves et&amp;#8230; le vrai monde qui se fait un vrai carnaval.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les ensembles de toute la ville se préparent toute l&amp;#8217;année durant pour les 3 fins de semaine du mois de février qui précèdent les &lt;em&gt;cuatro días locos&lt;/em&gt;, les «&amp;nbsp;4 jours de folie&amp;nbsp;» qui précèdent le mercredi des cendres. Moments où les &lt;em&gt;murgas&lt;/em&gt; de la ville défileront et se défieront afin de remporter le prix du meilleur ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais la compétition, Pichi semble la prendre à la légère. En fait, il ne m&amp;#8217;en parle même pas. Pour lui, sa murga, c&amp;#8217;est essentiellement une question de retisser une solidarité dans son quartier&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il y a deux réalités qui coexistent dans San Telmo. À côté d&amp;#8217;un secteur économique très puissant, une majorité d&amp;#8217;habitants vivent dans des conditions de vie très difficiles. Plusieurs des personnes qui viennent ici à la &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; vivent dans des hôtels (des maisons de chambres). Des familles de 5 ou 6 personnes dans une même pièce. Dans cette pièce ils mangent, dans cette pièce ils cuisinent, dans cette pièce ils dorment, dans cette pièce, les parents font l&amp;#8217;amour. Une situation sociale assez spéciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
On essaie de montrer aux enfants qu&amp;#8217;il y a une autre réalité. Que tout ne se passe pas avec l&amp;#8217;alcool, la drogue ou la violence. Non ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
La murga est un lieu de partage et de rencontre. Le lieux même va permettre aux gens de développer leur solidarité. C&amp;#8217;est la dictature qui a brisée cette solidarité qui existait&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Non seulement la dictature a-t-elle fait disparaître quelques 30 000 militantEs, mais elle a aussi fait taire le carnaval. Si bien que celui-ci ne renaît que depuis une dizaine d&amp;#8217;années. Et c&amp;#8217;est ce qui le rend aussi fascinant. Il a l&amp;#8217;énergie des survivants. Et l&amp;#8217;espoir le ceux qui ont connu le pire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant, le carnaval de Buenos Aires s&amp;#8217;organise avec une structure démocratique participative et horizontale. Les différents groupes de &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; envoient des délégués en assemblée générale à chaque lundi soir. C&amp;#8217;est là que se dessine la forme du carnaval, que se prennent les décisions sur les parcours, les critères du jury et les relations avec la ville.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si Pichi garde un peu ses distances de cette &lt;a href=&quot;http://www.agrupacionmurgas.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;structure&lt;/a&gt; qu&amp;#8217;il juge un peu trop téteuse, il n&amp;#8217;en partage pas moins son esprit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il faut que la &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; soit un lieu participatif où tout le monde puisse venir se faire du fun et faire valoir son opinion&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;En fait, chaque &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; jouit d&amp;#8217;une autonomie importante tout en respectant certaines règles de base. Il y a, par exemple, &lt;em&gt;Los Verdes de Monserrat&lt;/em&gt; qui ont un objectif militant très clair. Qui laisse Pichi plutôt froid. Ce qui ne veut pas dire que les &lt;em&gt;Caprichosos de San Telmo&lt;/em&gt; ignorent l&amp;#8217;actualité. Encore vendredi dernier, ils participaient à une manif contre un projet d&amp;#8217;usine à papier. Mais &lt;em&gt;la&lt;/em&gt; politique, pas question.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui l&amp;#8217;intéresse, c&amp;#8217;est de reconstruire un tissus social déchiré par le néo-libéralisme et la dictature, mais surtout de revaloriser une culture populaire qu&amp;#8217;il juge menacée par la culture nord américaine.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Chaque année ils nous en imposent et ils nous en enlèvent un peu plus. À nos enfants, on leur apprends à l&amp;#8217;école qu&amp;#8217;il faut fêter l&amp;#8217;H&amp;#8230; que même le nom me sort pas tellement ça me met en criss. Comment ça se dit&amp;nbsp;? Honneyway&amp;#8230; Ho, Holleway&amp;#8230; la fête des sorcières, comment ça s&amp;#8217;appelle&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
-	Halloween.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Comment&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
-	HALLOWEEN&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Halloween. Tu vois !!? bon, ça n&amp;#8217;a rien à voir avec nous cet affaire là&amp;nbsp;! Par exemple, même le Père Noël. Quand on était p&amp;#8217;tits, c&amp;#8217;est les Rois mages qu&amp;#8217;on attendaient. Le père Noël est venu par Coca Cola&amp;#8230; Pour ça l&amp;#8217;importance de la murga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;C&amp;#8217;était pas le moment pour une autre question émotive, mais qu&amp;#8217;est-ce que vous voulez, c&amp;#8217;est là qu&amp;#8217;elle est sortie. Une amie qui m&amp;#8217;accompagnait a osé lui demander si la murga venait de Mendoza. Sacrilège&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Mendoza !? Non. La murga est porteña&amp;nbsp;! La murga est née ici à Buenos Aires&amp;nbsp;! C&amp;#8217;est clair&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
-	Vous êtes sûr, j&amp;#8217;ai entendu dire qu&amp;#8217;à Mendoza&amp;#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Non&amp;nbsp;! Mais, le carnaval, la murga, concrètement et plus précisément est né dans le quartier de San Telmo. Parce que ça vient de l&amp;#8217;époque de la colonie. Pendant la période du carnaval, les esclaves africains sortaient danser et protester contre leurs maîtres, contre l&amp;#8217;exploitation, contre l&amp;#8217;esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
En jasant avec un ami, Ariel Prat (une &lt;a href=&quot;http://www.arielprat.com.ar/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;vedette&lt;/a&gt; !), l&amp;#8217;autre jour, il me disait que nous autres (les &lt;em&gt;murgeros&lt;/em&gt;) nous sommes le chaînon manquant entre l&amp;#8217;esclave du 18e siècle et le tanguero du 20e siècle&amp;nbsp;». (El eslabon perdido entre el negro y el compadrito.)&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Rien de moins. Pichi, en prononçant cette phrase, règle un débat vieux de 50 ans sur les origines africaines du tango.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais, vous allez être d&amp;#8217;accord avec moi que rendu là, on se fiche un peu de la rigueur historique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En tout cas, si le carnaval (qui commence la semaine prochaine) est à la hauteur de cet autre ensemble de &lt;em&gt;murga&lt;/em&gt; que j&amp;#8217;ai vu samedi soir dans le quartier Mataderos, ça va chier du feu. Ils étaient cent, dont 90 danseurs de 5 à 16 ans à faire une danse hallucinante sur un rythme endiablé (trouvez moi un adjectif qui fera pas cliché !).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À faire rêver de voir un jour un carnaval aussi participatif et varié à Québec. C&amp;#8217;est qui qui embarque&amp;nbsp;? J&amp;#8217;suis sérieux.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Un tiers d’éternité</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2006/01/23/20-un-tiers-deternite" />
  <issued>2006-01-23T11:33:57-05:00</issued>
  <modified>2006-01-23T11:33:57-05:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Aujourd’hui, je vous parle du gars qui tient la papeterie au coin, en bas de chez nous. Si on peut considérer que cent ans c’est une éternité, on peu dire que Pepucho a de la patience.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Aujourd&amp;#8217;hui, je vous parle du gars qui tient la papeterie au coin, en bas de chez nous. Si on peut considérer que cent ans c&amp;#8217;est une éternité, on peu dire que Pepucho a de la patience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après avoir jasé avec lui une couple de fois, je me suis un peu pris au sérieux et j&amp;#8217;ai décidé de lui faire une entrevue. La grosse affaire. Avec mon enregistreuse pi des grandes questions à cent piastres. Voici ce que ça donne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juan-Carlos Martinez Martinez Castellanos &amp;#8211; Pepucho pour sa clientèle &amp;#8211; est né le 30 août 1942, dans le c&amp;#339;ur nerveux de Buenos Aires. Il est le deuxième fils d'immigrants espagnols venus jusqu'ici pour trouver quelque chose qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a pas fini par me révéler. Mais à voir son air résigné, derrière son petit comptoir bordélique, soit ils l'ont trouvé depuis longtemps, soit ils n'ont transmi à leur fils qu'une idée désespérée de l'avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais c&amp;#8217;est sûr que je me trompe là-dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ça fait 30 ans que Juan-Carlos tient ce minuscule commerce. «&amp;nbsp;Treinta años en San Telmo. La misma esquina del mismo lugar&amp;nbsp;» qu&amp;#8217;il dit, pas nécessairement fier, mais &amp;#8211; bon &amp;#8211; c&amp;#8217;est ça qui est ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le local ne fait pas plus de 2 mètres de large et une vingtaine de mètres de long. Il vend, de temps en temps, des stylos, des cahiers spirale, du papier d&amp;#8217;emballage jauni, des cartes de Noël de promotion. Il remplit aussi les cartouches d&amp;#8217;encre, peut-être le seul signe que le temps passe. Comme il l&amp;#8217;explique avec toute la grandiloquence dont il est capable&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La librería casi no cambió. Bueno, se la agregó cosas de computación, cartucho de empresora. Digamos, las cosas que se van utilizando a medio que se va avanzando la humanidad&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il passe de longues journées dans ce tunnel étroit qui ne le met même pas à l&amp;#8217;abris du bruit. Partout des cossins invendables, mais quand même à vendre. Invendables parce qu&amp;#8217;ils sont trop vieux ou carrément hors de contexte comme cette vieille montre mécanique. Les clients viennent, mais, le plus souvent pour des cigarettes (qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a pas en stock) ou pour faire des photocopies&amp;#8230; sur une machine en panne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On se demande d'ailleurs comment il peut survivre, comme des milliers de petits commerces de Buenos Aires, qui ne répondent à aucune rationalité commerciale évidente. Par exemple&amp;nbsp;? Par exemple, des magasins de tondeuses dans le centre de la ville la plus densément peuplé. À part dans les parcs (et encore &lt;a href=&quot;http://www.pilatesfranchising.com/english/school/imgs/argentina/parque_lezama1.jpg&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;!&lt;/a&gt;), du gazon, il y en a je sais même pas où&amp;nbsp;! Bon, vous direz que je ne suis pas Samuel Steinberg et que la rationalité capitaliste et moi, ça fait deux... Mais je voulais simplement dire que la densité commerciale de cette ville est imprésionnante. Et que l'achalandage n'est pas toujours très achalant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On s&amp;#8217;imagine à prime abord qu&amp;#8217;une ville comme Buenos Aires est faite de nervosité, de rapidité, d&amp;#8217;innovation constante, mais j&amp;#8217;ai compris en parlant avec Juan-Carlos et en observant les marchands de journaux ou les caissières de dépanneurs que, derrière le rideau opaque de bruits et d&amp;#8217;accidents d&amp;#8217;autobus, Buenos Aires tient sur un pilier principal&amp;nbsp;: la tolérance inouïe de ses commerçants et de leurs employé&lt;a href=&quot;http://www.takefu.org/hugo/index.php/2006/01/16/101-ces-diaboliques-ligues-feminines-americaines&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;E&lt;/a&gt;s à la lenteur.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Pause</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.takefu.org/seb/dotclear/index.php?2005/12/27/19-pause" />
  <issued>2005-12-27T16:08:42-05:00</issued>
  <modified>2005-12-27T16:08:42-05:00</modified>
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  <author><name>Sébastien Harvey</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Est-ce qu'on peut prendre des vacances quand on est en année sabbatique ?</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Est-ce qu'on peut prendre des vacances quand on est en année sabbatique&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La réponse dans deux, trois semaines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je quitte la ville et ses innombrables &lt;em&gt;mufflers&lt;/em&gt;. Destination Córdoba et Mendoza.&lt;/p&gt;</content>
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